Frédérique MARTIN

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Archives du carnet pour juin 2009

Loubens-Lauragais

Vendredi 26 juin 2009 | 3 commentaires

4ème FESTIVAL DE MUSIQUE DE CHAMBRE
 DE LOUBENS-LAURAGAIS du 3 au 5 Juillet 2009

Loubens lauragais

Loubens lauragais

Pour la quatrième année consécutive, le village de Loubens Lauragais organise un évènement unique en son genre dans la Haute-Garonne, son Festival de musique de chambre, du 3 au 5 juillet 2009.

Cette quatrième édition ne déroge pas à la règle en mettant une nouvelle fois à l’honneur des artistes de renommée internationale : le Quatuor Khorev (Russie), Jean-Philippe Marteau (France), Vahan Mardirossian (France) et Alexander Markov (Etats-Unis). Une programmation exceptionnelle qui ne manquera pas de séduire les amateurs du genre. Le dossier complet avec biographie des artistes est à consulter ICI.

A l’origine de cette création  hors pair, Yann Debiak, régisseur général de l’Orchestre National des Pays de la Loire. On ne peut être en meilleure compagnie.

C’est également par son cadre que le festival attire et enchante. Les concerts se déroulent dans une superbe salle ancienne rénovée au coeur de ce village pittoresque, perché à la limite du Tarn, à seulement 30 kms de Toulouse. Au coeur même des lieux, on en profitera pour visiter le somptueux château classé aux Bâtiments de France, juste à côté de l’église et ses vitraux, la vierge noire, le moulin ou encore l’étonnante venelle de la halle.

N’ayons pas peur de le dire, c’est un privilège d’habiter Loubens Lauragais, de marcher sous ses allées de platanes, de longer le parc du château, d’arpenter ses ruelles pour finir par s’asseoir à la terrasse de son auberge où l’on salue fraternellement passants, voisins et amis. Qui sont souvent les mêmes.

Information et réservations sur le site de Loubens Lauragais ou au 06 79 11 47 06
Tarif : 15 euros par concert – PASS : 35 euros pour l’ensemble du festival
Restauration : Auberge de Loubens – 05 61 83 74 35

PROGRAMME

3 Juillet 2009, 21 h00 – Salle des fêtes
La Guitare dans tous ses états
Quatuor Khorev (Guitare)
Vivaldi, Albinoni, Schubert, Ginastera

4 Juillet 2009, 21h00 - Salle des fêtes
« Le violon : du Baroque au Heavy Rock »
Alexander Markov (Violon)
Marcello, Tartini, Bach, Sarasate, Gluck, Paganini, Markov

5 Juillet 2009, 17h00 - Salle des fêtes
« Le Chant du vent d’Autan »
Jean-Philippe Marteau (Hautbois et Cor Anglais)
Vahan Mardirossian (Piano)
Schumann, Poulenc, Yvon, Max-Dubois

Accès à Loubens Lauragais

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Chère Hélène

Vendredi 19 juin 2009 | 9 commentaires

Ce matin, nous nous sommes tous levés en croyant que c’était un jour ordinaire. Et vous aussi, vous avez ouvert votre maison, caressé le chien, parlé à vos oiseaux. Mais vous n’avez pas mis la soupe à cuire,vous n’avez pas changé le feuillet du calendrier, vous n’avez pas sorti la tourterelle sur l’appui de la fenêtre.

Dans la salle de bain où vous vous prépariez, vous vous êtes soudain assise sur la chaise pour ne plus vous relever. Le peigne garde vos cheveux et l’élastique noir avec lequel vous vouliez les nouer a glissé près de vous. Un peu plus tard, c’est moi qui l’ai ramassé.

Ce matin, nous avons tous cru que c’était un jour ordinaire, et vous aussi, chère Hélène. Mais c’était le temps de ce voyage dont on parle sans rien en savoir. Et nous voici désemparés devant votre silence quand nous vous appelons, muets de stupeur dans la cuisine vide, éblouis de chagrin au bord de votre lit.

Ce matin, personne ne pouvait le prévoir, c’était le jour où vous partiez seule et les mains nues, à l’autre bout du monde, où nous vous rejoindrons, Hélène. Où nous vous rejoindrons.

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Home – Hommes

Vendredi 12 juin 2009 | 10 commentaires

DR - Frédérique Martin

DR - Frédérique Martin

Mais que t’avons-nous laissé,
petite infante si tôt grandie ?
Le vrombissement des mouches vertes
sur la glorieuse plaie de la folie,
des marécages d’incertitude
cernés de phalanstères sans code,
et l’oppression des rots nucléaires
pour réduire le cristal de l’air.
Où planteras-tu tes racines
sous les écorces de métal
et les mousses de silicone ?
Les farines empoisonnent nos pains et le ventre des veaux.
On suspend les petits d’homme sous des seins racornis
par l’engloutissement de diarrhées pestilentielles.
Partout, le lubrique et le dément honorent leurs épousailles,
dans le désastre du territoire d’enfance.

Cernée par le mucus du chaos,
nous t’abandonnerons comme nous t’avons fait naître,
à la glaire du monde, que tu seras, toi aussi,
impuissante à purifier.

Cette géhenne, pourras-tu nous la pardonner,
à nous qui nous sommes détournés de nos pères ?

(Recueil à paraître : L’imprécatrice - Frédérique Martin)

On peut choisir de l’ignorer ou bien décider de savoir et de ne plus oublier. Le film de Yann Arthus-Bertrand est visible ICI.  

Le moteur de la vie, c’est le lien. Tout est lié. Rien ne se suffit en soi.
Il est trop tard pour être pessimiste.
  Home – Yann Arthus-Bertrand

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L’éternel féminin

Lundi 8 juin 2009 | 11 commentaires

Totalement à contre-courant, il ne sera pas question ici de vague verte, de boîte noire, ni même de rire jaune. Offrons plutôt un petit espace à quelque chose de dépassé, trés ancien, utile cependant au point que l’on n’a pas encore trouvé le moyen d’y renoncer -  j’ai nommé, la femme.
J’entends d’ici ruminer le dinosaure : ” Mais on n’est pas le huit mars pourtant et dimanche je me suis fendu d’un collier.” Justement, Tyrannicus, en parlant de nouilles…

DR:Frédérique Martin

DR:Frédérique Martin

Alors de quoi était-il question ? Ah oui, les femmes. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, on est contraint de sortir du ventre de l’une d’entre elles : ” Piston, pot de vin et cabale  !” persiflent les rodomonts.

Tant de perspicacité ne peut qu’émouvoir la parturiente très à cheval sur les avantages liés à son état. Devant la suspicion de sa progéniture et l’hostilité de certains traîne-potences, elle fait front commun avec toutes celles qui ont découvert la dure réalité du périmètre crânien obstruant. En choeur, elles militent pour la grossesse à six mois et la fête des mères chaque soir.

Encourageant l’esprit de clocher, Juliette Noureddine nous a concocté un hymne furieusement réjouissant qui ravira toutes celles et ceux qui nous aiment et auxquels nous le rendons bien. Pour les autres…
A écouter jusqu’au bout, allegro fortissimo, sans modération et sans quitter des yeux le foyer sur lequel veillent les allumeuses et les illuminés.

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Maggy Masselter

Mercredi 3 juin 2009 | 11 commentaires

Il faut voir ici la petite vidéo (réalisée par Michel Mangin), où Maggy Masselter évoque son travail de peintre. Toutes les deux, nous nous connaissons depuis de nombreuses années. Et je peux dire que lors de notre première rencontre, j’ai éprouvé un coup de foudre immédiat. Plus tard, elle m’a demandé de lui écrire un texte pour une de ses expositions. C’était en 2000 et je me suis rendue au Luxembourg pour assister au vernissage, accueillie dans sa famille comme une amie trés chère. A l’époque, je n’avais publié aucun livre.

Son atelier à Marguerittes est un des endroits où j’aimerais m’installer. Chez Maggy, pas une pièce qui ne soit un musée vivant, pas un espace qui ne soit dédié à l’Art. Ce petit bout de femme à  l’accent magnifique et au rire éclatant, empoigne des toiles si grandes qu’elle est presque incapable de les remuer seule. Elle les couvre de lettres, puis de peinture et passe le tout sous la douche quand ce n’est pas tout à fait cela comme elle dit.

Sur ce site, vous avez déjà pu voir l’Enfant rouge qui m’a été offert par Maggy – la si généreuse Maggy – au prétexte que j’étais tombée en amour pour ce portrait. Tout ce mois-ci en page d’accueil vous pourrez admirer une autre de ses oeuvres : Passion. Et c’est encore une de ses toiles qui orne la couverture de mon premier livre : L’écharde du silence.

Mais taisons-nous. Je vous propose le texte et le poème intitulés Les pêcheurs de prières comme le tableau réalisé par Maggy Masselter. Je ne suis pas peu fière de révéler que le titre  m’est venu en découvrant cette toile lors de ma dernière visiste, et que Maggy l’a adopté :

 les-pecheurs-de-priere-huile-magguy-masselter

 Les pêcheurs de prières - Tryptique - Maggy Masselter

Ainsi, vous voici à l’heure où on se retourne sur sa vie. A-t-elle bien mesuré le temps, la terrible clepsydre ? C’est une belle aventure à laquelle vous nous conviez : reprendre le fil d’une œuvre qui passe du cri au chant.

Dès le commencement, l’homme était au centre de votre peinture, comme il est au centre de votre vie. Vous avez accueilli sur la toile des êtres déchirés, ombres parmi les ombres, que la vie a tellement ensauvagés qu’ils sont comme amputés d’eux-mêmes. Les terribles regards de vos enfants, Maggy, vous savez bien jusqu’à quelles extrémités ils nous poussent.

A travers les toiles, à travers le temps, vous les avez portés, à bout de bras parfois, pour les amener dans la grande lumière. Ils ont fini par se fondre en elle, l’ardente, la belle éclairée. Et d’abord, toujours regarder le monde par un autre bout que celui imposé. Et d’abord, le réinventer, le bousculer, le repeindre, l’illuminer, le monde. N’est-ce pas la seule véritable affaire de toute notre vie ?

Vous m’avez dit qu’ils revenaient.
Les gens dans vos toiles, vous m’avez confié qu’ils voulaient reparaître. Que pouvez-vous faire contre le murmure d’une humanité qui se lève ? Partie de la souffrance vous revenez vers la joie, c’est la boucle des grandes méditations, le cercle parfait de l’Accomplie.

Voyez : les pêcheurs de prières remontent dans leurs filets la belle gratitude des âmes libérées.
Ecoutez ce qu’elles nous disent : il est venu le temps d’aimer.

…/…

Les pécheurs de prières bercent les crépuscules
Et lavent au grand outremer
Le fou, le cruel et l’obscur.

Meurtri sur des toiles de lune,
Ce peu de couleur fondue en écume
Ce trait qui se tait
Ce trait qui le hurle,
L’ange aux pâles paupières
Mille nuits qu’il ne dort plus.

Du sommeil de verre
L’homme nu
Se délie.

Sous ses cris de détresse
Couvait un chant sacré
Eternel, qui se redresse
Eternel, qui veut aimer.

…/…

Galerie Maggy Masselter, en attendant quelques photos exclusives de sa prochaine exposition.
En admirant les tableaux, je vous invite à écouter l’enregistrement de Stanger in the night qui se trouve ici. Peut-être celle qui se dit Désordonnée mais ne l’est pas tant que ça voudra-t-elle nous en dire plus…

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