Frédérique MARTIN

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Archive pour 2010

Recevoir et donner

Vendredi 31 décembre 2010 | 28 commentaires

 

En attendant le 7 janvier prochain où Francesco Pittau et moi vasecommuniquerons en habits de bal, je termine l’année comme je l’ai commencée chez Luc pour la même occasion. Et en  incorrigible optimiste -ce qui n’est qu’une manière comme une autre de faire face au désespoir- je vous souhaite une année incendiée par la joie.

 

Il est minuit et nous entrons dans une nouvelle année en vasecommuniquant. Il y a dans cette concordance, une symbolique qu’il serait dommage et dommageable de laisser filer. Recevoir et donner, les deux inséparables exigent une fréquentation assidue de la gratitude. A celui qui cherche le mouvement perpétuel, j’ai envie de dire : le voici, tu l’as trouvé. Donner et recevoir, recevoir et donner. Ce qui t’appauvrit est un vol qu’on me fait aussi. Ce qui t’enrichit, me comble à l’identique.

Quelque chose coule des uns aux autres, dont nous n’avons pas toujours conscience, que nous réfutons même comme s’il s’agissait d’une lèpre. Alors que ce lien invisible, ténu, aérien est indestructible. Ne pas le sentir, ne pas le solliciter, n’est pas signature de l’absence. Le problème est d’en exiger des preuves, alors que, comme l’écrivait Braque, les preuves fatiguent la vérité.

A chaque instant, nous pouvons expérimenter que si croire en Dieu ne va pas de soi, croire en l’Homme est une réalité. Pourquoi, autrement, la détresse d’un inconnu nous toucherait-elle, pourquoi souhaiterions-nous porter secours au premier venu, pour quelle raison prendrions-nous sans arrêt des nouvelles du monde, comme il va mal, comme nous le voudrions meilleur ?

Parle de la joie
à faire ensemble
à être ensemble
à cheminer ensemble.
Parle de la joie
en découvrant que l’homme
n’est pas maudit
n’est pas issu des ténèbres
ou promis à l’épouvante
quand il s’élève
au-dessus de lui-même.
Parle de la joie
ce don unique
que l’homme fait à l’homme

« En quête de Job » – Zorba éditions

Je ne débattrai pas ici de tous les démentis formels que les jours passés s’ingénient à mettre sous notre nez. Je n’aborderai pas la cruauté perpétuelle, les formes multiples de lâcheté, le désarroi, la solitude fondamentale ou encore les mille pertuis par lesquels la mort peut frapper. Il ne s’agit ni de les nier, ni de leur tourner le dos, mais bien plutôt de les accueillir de face en leur opposant le bouleversement d’une parole vive pour autant qu’on souhaite la protéger : « Ce que vous faites au plus petit de tous les miens, c’est à moi que vous le faites ». Vasecommuniquer.

 

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Chez eux (5)

Lundi 20 décembre 2010 | 33 commentaires

 

Comme elle leur en voulait, oh oui alors ! Mais chut, ta gueule, ta gueule. Elle n’allait pas encore tout gâcher, au moins ? En regardant chaque cadeau figé au pied de l’arbre où les breloques rivalisaient avec les perles et les guirlandes, elle souriait plus jaune que les dorures étincelantes. Elle finirait bien par y poser ses chaussures, de toutes façons.

Ce léger paquet violet avec une belle étiquette « petite pute », elle savait qui le lui offrait. Juste à côté, un cube rouge et luisant de la part de celui qui voyait en elle une merde intégrale. Et tiens, ce vert émeraude, une vraie chorale : mais tu ne peux pas laisser tomber ? Ces deux-là, orange phosphorescent, ils reniflaient d’envie et de déloyauté, mais toujours sous un sourire de bal. Et en dernier, un bleu pétard, vulgaire et voyant, pour rien, pour le fun : tournée générale.

En reculant, elle admira leur éclat luisant, leur si belle apparence. Ce sont de bien jolies grenades, decida-t-elle en pinçant ses lèvres gerçées. Elle y rajouterait quelques papillotes argentées, pour les coups durs, les mots collants, les portraits à la truelle, les racontars, les médisances, les meurtrissures que l’arnica n’effacerait pas, avant de lisser le coton de sa robe avec ses paumes moites.

Joyeux Noël, joyeux Noël ! Et voilà qu’ils déboulaient en habits du dimanche, tout propres et parfumés. Et que ça jacasse, et que ça te serre dans les bras et que ça t’empègue les joues de salive. Elle ravala toutes les injures et les vœux de pacotille qui lui prenaient la gorge avec leurs glaires énormes, les fit passer d’une grande inspiration, comme on lui avait appris, avant de se désinfecter d’un coup de gnôle. Elles lui tombèrent dans l’estomac si fort qu’elle faillit s’écrouler.

Sous le clignement des ampoules, elle prit peur devant leurs traits grimaçants, leurs têtes boursouflées de cadavres bien mûrs. Sûr qu’elle avait eu de trop grands espoirs, pour elle comme pour eux. Sûr qu’il était l’heure pour elle de prendre ses médicaments. Sinon comment faire pour supporter sans broncher le venin des sourires et les remugles de la dinde qu’ils n’en finissent pas de vider.

 

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Cacaphonie

Jeudi 2 décembre 2010 | 68 commentaires

 

Il s’est passé une chose extraordinaire l’autre jour sur France musique. J’étais en train d’écouter tout en vacant à mes occupations – car en effet, je vaque,  ne vous déplaise – quand l’un des invités prononça une phrase inouie, d’une profondeur tellement abyssale qu’elle me fit abysser net : 
“On a tous en nous quelque chose de Frédérique”.
Tombant à genoux, les bras en croix, je m’écriai dans un accès de piété : “Mon Dieu, ils m’ont reconnue ! Je suis enfin sur le service public.”

Car – vous l’ai-je dit ? – j’ai tenté autrefois une carrière d’auteur radiophonique. Elle fut convulsive : j’envoyai des textes, on me les refusa. Pour cause de discourtoisie. Je prétendais ennuyer l’auditeur avec des phrases trop longues,  des débuts alambiqués et des fins sans queue ni tête. Au téléphone, Mme X était indignée ; des histoires comme ça, on en trouvait dix sous les sabots d’un âne. Dommage qu’elle fût en plein Paris, elle me l’aurait démontré. Elle convoqua Maupassant qui était fort occupé avec des pissenlits et des asticots. Elle se rabattit sur Bellemare qui ne semblait pas mieux disposé. Dépitée, car elle manquait de nègres sous la main et en avait un besoin pressant, elle finit par conclure : ” Je ne sais si vous êtes assez souple pour travailler avec moi”.

Un ami mien me fit remarquer qu’on parlait sans doute à demi-mot d’élasticité et de diamètre. La hauteur de son point de vue me conduisit à lui envoyer un mail pour qu’il dissèque les oeuvres maudites, au nombre de quatre – car je suis médiocre, mais avec enthousiasme.  Scéance tenante, je lui adressai ce message : ” je t’envoie des textes illisibles et de surcroît poétiques. Prends garde comme la citronnelle devant le bouillon de poule. Signé : Chérie FM.”. Ce qui devait advenir, arriva : dans l’emportement, j’oubliai de modifier l’adresse du correspondant. Aléa jacta est. ( “Ils sont bavards, à la gare de l’Est”. Alea jacta ouest : “à Montparnasse aussi” – Traduction Pierre Desproges).

Après ça, il me restait peu d’espoir d’être un jour à l’antenne de notre grande maison de la radio. Certes, on y privilégie les constructions courtoises pour l’auditeur – sujet, verbe, complément – mais on y perd facilement son latin sous la férule d’un adjectif. La preuve, même en me relisant quatre fois, Madame X n’a toujours pas compris où je voulais en venir. Pourvu qu’il en ait été de même avec ce mail !

Alors cette phrase sur France Musique, était-elle  une manifestation de mansuétude  ? Pouvais-je espérer, tenter à nouveau ma chance ? C’est alors que l’invité poursuivit en évoquant le talent de Frédéric… Chopin. Pardon ? Qui c’est celui-là ? Encore un auteur recommandé, un fils de, un pistonné. Bon bref, cela n’entamera pas ma bonne humeur : Chopin, Martin à quatre lettres près, c’est un peu pareil, non ? Comment ça, non ?

 

CP : Frédérique Martin

Et pour prouver s’il en était besoin, que je n’ai pas l’esprit de rancune, je vous laisse ce lien où vous saurez tout pour devenir auteur radiophonique .
C’est à vous !

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Action !

Mercredi 1 décembre 2010 | Commenter
1 décembre 2010 12:00 au31 décembre 2010 12:00

Nouvelle qui vient de paraître dans la revue Moébius n° 127 sur le thème : Dilemme. En vente à la librairie du Québec.

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Le coin des auteurs : pétitions et manifestes

Lundi 22 novembre 2010 | 31 commentaires

 

Dans sa lettre d’information du mois de novembre 2010, le CRL Midi-Pyrénées mentionne entre autres articles, le manifeste du livre et de la lecture lancé à l’initiative de la Fédération interrégionale du même nom. Il y est notamment souligné que :

“Trente ans après les premières décentralisations, l’existence des politiques du livre et de la lecture publique de l’ensemble des collectivités est remise en question. Annoncer qu’on ne touchera pas au maintien de la compétence générale en matière culturelle sans donner les moyens de l’exercer, c’est porter un coup fatal à l’action culturelle sans en assumer la responsabilité. En effet : si les financements de l’action culturelle des collectivités ne sont pas garantis, si celles-ci sont contraintes de se cantonner à leurs compétences légales, le résultat sera le même : les politiques du livre se déliteront.”

 L’intégralité du manifeste peut se lire ici . Il appartient à chacun de décider s’il lui paraît important de le signer. On a pu constater - depuis le temps – que le sommet des pyramides est instable, peu fréquentable et qu’il vaut mieux soutenir la base.

En parlant de base,  on lira avec intérêt la réponse des auteurs BD au berger de l’édition, le SNE, qui s’inquiète de voir ses prérogatives mises en péril. Il y est question du droit numérique – on n’a pas fini d’en entendre parler. Mais au fait, à qui devrait-il revenir ce droit-là ? Je vous laisse deviner la réponse. Quoi qu’il en soit, les arguments avancés par les auteurs BD valent pour la plupart des auteurs et méritent donc d’être lus à défaut d’être pris en considération. On verra que les choses sont trés clairement dites. Un exemple :

Le SNE conclut sa Lettre ouverte : « Les éditeurs doivent garder le contrôle sur le prix de vente de leurs livres sous format numérique, comme ils l’ont aujourd’hui sur le format papier. » Certes, cela serait parfait si les éditeurs, lorsqu’ils fixent le prix de vente de nos ouvrages et la répartition des revenus, tenaient compte de notre droit légitime à vivre de notre travail. Aujourd’hui, les auteurs ne récupèrent que la portion congrue de leur travail. Appliquer à l’édition numérique les mêmes pourcentages qu’à l’édition papier revient à tuer la profession d’auteur de Bande Dessinée à plus ou moins court terme, selon l’essor de ce nouveau marché.

Un modèle de travail où rien n’est possible sans la cheville ouvrière mais où tout se décide en dehors d’elle, cela ne vous rappelle rien ? Ah, ces auteurs qui parlent d’argent, alors qu’ils ont l’Art ! On devrait les tuer à la naissance.

Enfin, on s’interrogera sur les raisons pour lesquelles le Sénat accepte l’idée d’un prix unique pour le livre numérique tandis que l’Assemblée nationale lui refuse la TVA à 5,5 %. Bon, alors, c’est un livre ou ce n’est pas un livre ?  Faudrait savoir.

Je reviens de chez mon boucher. Il a refusé tout net que je le paye en création, en pensées – même positives – ou en idées fumeuses. Il ne veut que des espèces sonnantes et trébuchantes. L’épicier, le poissonnier, le boulanger, le buraliste, et même le fleuron du service public – j’ai nommé l’inspecteur des impôts – sont de mèche avec lui. Il reste le proverbe serbe, ce qui prouve qu’on sera toujours sauvés par les mots : «Notre passé est sinistre, notre présent est invivable, heureusement que nous n’avons pas d’avenir.» “

 Et j’ajoute : le n°6 de la revue tire-ligne est consultable en ligne

Auteur recyclé

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Chez eux (4)

Lundi 15 novembre 2010 | 22 commentaires

 

CP Frédérique Martin

Cette nuit-là, elle avait encore rêvé de lui. Il la prenait dans ses bras – depuis combien de temps cela ne leur était-il pas arrivé ? Impossible de retrouver la dernière fois, peut-être qu’en ignorant le poids de cette étreinte, elle n’avait pas pu s’en saisir. Il était bien plus jeune, elle avait reconnu son odeur. Il souriait, heureux de la voir, d’être avec elle. Et puis soudain, il l’avait repoussée en déclarant : « Nous ne sommes plus deux flammes unies ». Elle avait continué de pleurer bien après son réveil.

Elle s’était dit qu’on se réconciliait peut-être dans les rêves, le meilleur d’elle et le meilleur de lui, enfin réunis. Et que le reste, ce qu’ils vivaient, n’était qu’un mensonge. C’était sa manière de trouver la consolation, aussi s’était-elle imaginé qu’ils avaient eu ce rêve au même moment. Comme ils ne se parlaient plus, elle ne pourrait le vérifier.

Elle avait calculé qu’ils avaient passé la plus grande partie de leur vie à être séparés, qu’il y avait eu plus d’injures que de mots d’amour, plus de dureté que de tendresse. Mais bon, tout ça ne l’empêcherait pas de trimballer partout la nostalgie de ce qu’ils avaient raté. Impossible d’y renoncer, alors même que toutes les tentatives avaient échoué entre eux comme des cadavres boursouflés.

Parfois, elle sentait de l’huile se figer en elle, épaissir ses mouvements. Les heures s’alourdissaient pendant qu’elle traînait ce poisson mort dans son ventre. Et puis cela partait, comme c’était venu. Mais ça reviendrait. Ça revenait toujours. Alors en attendant, elle chérissait deux ou trois souvenirs arrachés à la rancune, un caillou qu’il lui avait donné et une promenade où ils avaient été en paix.

Dans ses rêves à elle, ceux qu’elle fait les yeux grands ouverts, ils s’appellent comme ça, sans autre raison que d’entendre leurs voix respectives. Ils se baladent, se retrouvent au restaurant où ils s’offrent des livres, parlent de choses sans importance et rient de petits riens. Ils sont seuls, c’est leur choix. Quand leurs regards se croisent, ils ne peuvent s’empêcher de sourire.

 

 

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Il aurait fallu une horloge

Mardi 9 novembre 2010 | 27 commentaires

 

Il aurait fallu une horloge, une grosse, une qu’on remonte à deux bras, qui couine, qui grince, qui sonne et surtout qui fait tic tac. Mais comment deviner qu’un soir, en rentrant chez soi, tout d’un coup on allait désirer ce genre de présence – une comtoise bruyante et ventrue. C’est pénible pourtant, il faut la remonter, ça craint l’humidité, un rien la grippe. C’est moche bien souvent, ça coûte un bras, faut l’entretenir. Mais ça meurt pas, non. Ça meurt pas.

Et puis ça couvrirait le bruit d’une respiration qui se cherche, d’un soupir qui s’étrangle. Ça donnerait pas son œil vitreux, tête en arrière, langue pendante. Pas besoin de nettoyer l’urine d’un corps qui ne répond plus, pas besoin de serrer sa chair froide pour la réchauffer. La comtoise, un coup de clef, un peu de cire, et elle repart. Te lâchera pas comme ça, en plein milieu, au moment où tu t’y attends pas – mais est-ce qu’on s’y attend jamais ?

Elle sera trop grosse pour la mettre dans un coffre, trop lourde pour qu’on puisse la porter au milieu de la nuit en criant : « Eh toi que j’aime, reste là ». Elle ira pas se cogner dans une cage, à hoqueter à grand coups de spasmes, gueule ouverte sur un cri qui ne veut plus sortir. Elle se raidira pas, nuque cambrée pour choper une dernière goutte d’air avant de caler net, sans prévenir. Pas de risque qu’on reste à attendre, des fois qu’elle bougerait, même quand ça fait trop longtemps pour que ça puisse arriver.

Elle te crèvera pas le cœur à lui plier sa couverture, à jeter le contenu de son bol qu’elle n’a pas pu avaler – pourtant c’était du bœuf haché, du frais, du bon – avant de le laver pour le ranger avec une laisse, une brosse pleine de poils et une balle en plastique vert. Il faudra pas creuser un trou, la porter dans une brouette jusqu’en haut, sous les arbres, pour la coucher dans un drap bleu. Ni lui mettre pour la route, une rose, un dernier os et son bâton – va chercher, va chercher.

Ouais, il aurait fallu une horloge, une grosse, une qu’on déteste. Pour lui filer des claques énormes, des coups de lattes et de marteaux. Pour la foutre en miettes, pas se demander ce qu’on aurait pu faire, même si c’était fichu et surtout pas chialer chaque fois qu’on regarde dehors, qu’on jette une croûte de fromage, que la pluie froide coule sur la terre, qu’on entre dans des pièces vides : « Eh, toi que j’aime, c’est moi. Et toi, t’es où ? ».

 

crédit photo Frédérique Martin

Découvrez la playlist L’alchimiste avec Abd al Malik

 

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Le coin des auteurs – CRL Midi Pyrénées

Lundi 1 novembre 2010 | 41 commentaires

 

Pour celles et ceux qui auraient raté cet évènement de portée internationale, je me suis présentée à l’élection du Conseil d’administration, puis du bureau du CRL Midi Pyrénées. Je fais donc partie du collège auteur pour une durée de trois ans. Au CA, je suis flanquée de deux acolytes, Frédéric Sounac et Henri Bornstein, chargés de ma protection rapprochée lors de nos déplacements dans le monde.

Plus sérieusement, j’ai bénéficié à deux reprises d’une bourse octroyée par le CRL, pour l’écriture de “Femme vacante” – roman paru chez Peine Page éditeur – et de “N’écris plus” – roman à paraître. A ce titre, et ne perdant jamais de vue qu’il s’agissait d’argent public, je souhaitais donner de mon temps en retour. C’est chose faite. Le coin des auteurs paraîtra donc de manière aléatoire pour relayer de l’information, et/ou aborder des sujets liés à la merveilleuse condition du scribouillard patenté.

 

  • Le nouveau site du CRL Midi-Pyrénées est en ligne et j’invite les auteurs adhérents qui ne l’ont pas encore fait à établir leur fiche de présentation.
  • Vivons Livres 2010, la troisième édition du salon du livre Midi-Pyrénées se tiendra les 6 & 7 novembre 2010 au Centre de Congrès Pierre Baudis à Toulouse. Je viendrai pour ma part y faire un tour le samedi après-midi sur le stand des éditions N&B.
  • Une étude comparative sur le droit d’auteur en Europe a été confiée à Laure Pécher et Pierre Astier, à l’initiative de l’Observatoire du livre et de l’écrit « Le Motif » , sur les dispositions législatives et usages dans 4 pays : Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne et France.
  • Babelio est un site destiné aux amateurs de livres en tout genre. Grande bibliothèque collaborative, Babélio propose un partenariat aux auteurs pour promouvoir leur travail. Les lecteurs passionnés peuvent aussi s’inscrire au programme masse critique et recevoir un livre en échange d’un article, positif ou négatif. Rien n’interdit d’être auteur ET lecteur.

 

Pour ne pas provoquer d’indigestion massive, je vais m’arrêter là. Il y a suffisamment de liens pour tricoter un chandail. Pour conclure, j’ajouterai qu’un auteur – débutant ou confirmé – devrait chercher à comprendre le milieu professionnel dans lequel il souhaite s’intégrer. Les mutations que le livre numérique ne manquera pas d’amener rendent cette démarche d’autant plus essentielle. La lecture de l’ouvrage de Bernard LAHIRE La condition littéraire  (éditions la découverte – 2006) aborde la réalité de la double vie des auteurs et de leur isolement constitutif. Je vous en recommande la lecture.

DERNIERE MINUTE : On peut lire ma chronique du mois de novembre sur le site enviedecrire.com : “Débuter en écriture”.

 

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A paraître

Vendredi 29 octobre 2010 | Commenter
25 novembre 2010 12:00 au30 novembre 2010 12:00

“Action !”  paraîtra dans la revue Québecoise MOEBIUS, en novembre  2010 dans le n°127 consacré au thème Dilemne. Elle sera disponible en France en janvier 2011 via la librairie du Québec.

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लड़कियों – Laṛakiyōṁ

Lundi 18 octobre 2010 | 53 commentaires

 

Tu as 14 ans. Tes parents ne sont pas riches. Tu vis dans une HLM, une banlieue pavillonnaire ou une zone rurale. Tu aimes les garçons, les fringues, tes copines et ce qui est interdit. Tu trouves ta vie nulle, tu te consoles dans le shopping. Tes quarante euros d’argent de poche sont maigres, alors parfois, tu voles de la lingerie ou du maquillage. Tu penses que ce n’est pas grave et que tout le monde a le droit de se faire plaisir.

Tu as 14 ans. Tes parents sont pauvres. Tu vis quelque part dans un village d’Inde, tu es rescapée d’un féminicide galopant. Tu crains les hommes, mais plus encore de ne pas en trouver et de rester un poids pour ta famille. Tu n’as rien, tu n’as droit à rien. Tu trouves ta vie dure, mais tu n’en connais pas d’autres. Tu travailles pour soutenir les tiens, le plaisir ne fait pas partie de tes acquis sociaux.

 

Tu as 14 ans, tu détestes ton collège. Tu ne lis pas beaucoup, tu écris parfois, mais tu préfères les écrans, la musique et les vies de cinéma. Tu te bats pour te faire offrir le dernier modèle de téléphone portable et obtenir le droit de porter un piercing au nombril. Tu réclames l’égalité de traitement entre ta sœur et toi. Tu t’habilles chez H&M et tu ambitionnes de te retrouver chez Morgan.

Tu as 14 ans, tu ne vas plus à l’école depuis longtemps. Tu es incollable pour tenir une maison, tu cherches le moyen de rassembler ta dot. Tu es sage, travailleuse et soumise ; tu crois qu’un mari te protègera de la violence et te sortira de la misère. Tu te bats contre des lames, des fibres de coton et des barreaux. Tu ne réclames rien, tu ambitionnes de ne pas tomber malade et de garder tous tes doigts intacts pour devenir une bonne épouse.

 

Tu as 14 ans, tu ne sais pas ce qui se passe ailleurs et tu t’en fous. Tu portes des jeans à cinq euros et des tuniques indiennes. Tu rêves d’être riche et célèbre. Tu espères t’enfuir le jour de tes dix-huit ans.

Tu as 14 ans, tu ne sais pas ce qui se passe ailleurs et tu t’en fous. Tu fabriques des jeans à cinq euros et des tuniques indiennes. Tu rêves de te marier et de manger à ta faim. Tu espères arriver au jour de tes dix-huit ans.

Bronze Maggy Masselter

Merci à ma vigilante amie Florence Thinard qui m’a envoyé cet article.

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