C’était un temps
où les femmes croyaient encore aux hommes
je ne renoncerai plus à toi
je reviendrai
n’étaient pas de vains mots.
Par amour,
les chasseurs devenaient guerriers
pour sauver des petites filles
qui étaient toutes un peu sorcières.
C’était un temps
où l’on n’avait que son courage ou sa lâcheté
pour entrer dans le territoire des morts,
où la parole était tatouage,
où les mains savaient apaiser la chair,
où les baisers se donnaient dans la gravité
sans jamais se reprendre.
C’était un temps
où l’on entretenait le feu
avec la certitude que les chemins s’arrêtent
              Au point précis du basculement des astres
              A l’intersection du ventricule
              Dans la forge sacrée du souffle
              Au temple noir des apocryphes.

Un temps
qui ne reconnaissait
ni l’enfant roi, ni la pucelle,
bien avant la prophétie de paille
qui unit l’âne et le bœuf,
et les honore dans le charnier
comme de pauvres dieux vivants.

…/…

L’imprécatrice – Extrait (recueil inédit)

Huile Maggy Masselter - Décembre 2009

44 Responses to Ce temps
  1. J’ai du mal – il est 3:35 ce matin – de tout assimiler… J’aime, dans un premier temps, j’aime beaucoup ! Je vais attendre de me réveiller un peu plus, et j’y reviendrai, tout à l’heure. Belles Fêtes de Noël et de Fin d’Année. Bises de Pierre

  2. CE TEMPS REVIENDRA !

    Comme l’écrit Gabriel Celaya: LA POESÍA ES UN ARMA CARGADA DE FUTURO

    Poesía para el pobre, poesía necesaria
    como el pan de cada día,
    como el aire que exigimos trece veces por minuto,
    para ser y en tanto somos dar un sí que glorifica.

    Poésie pour le pauvre, poésie nécessaire
    comme le pain de chaque jour,
    comme l’air que nous exigeons treize fois par minute, pour être et tant que nous sommes donner un oui qui nous glorifie.

  3. ce n’était pas de l’amour, je crois, en ce temps là… l’amour est une invention moderne !

    • L’amour, Madame de K, est – pour ce que j’en ressens – ce que nous avons de plus ancien qui nous relie. L’invention moderne, c’est d’en parler plutôt que de le vivre. (Merci pour tes voeux, tout ce qui permet de rentrer au port est le bienvenu).

  4. ps : ça va mieux j’espère ? je te souhaite une année nouvelle plus bleue et rose que la fin de cette vieille année qui est si vieille qu’elle sent un peu mauvais…

  5. Bon… mais tout de même, un p’tit sorbet citron, hein ?

  6. Parce que les femmes ne croient plus aux hommes? Ah c’est donc ça… je comprends mieux maintenant… eh oui…

    Joyeuses fêtes, Frédérique!

  7. Et bien comme votre sœur bien-aimée, j’aime bien z’aussi quand vous poétisez. Bien besoin en ce moment d’ailleurs. De bonne fêtes Frédérique.

  8. Avant la nativité, il fallait entretenir le feu. Depuis, il faut entretenir l’amour.
    Joyeux Noël, Frédérique.

  9. C’est très beau, bises 🙂

  10. Femmes et hommes sont des marins errants sur les mers inconnues des passions et des sarcasmes. Il y eut, toujours, des amours et des vagues à l’âme, les rêves d’amers , de pantoufles de vair ou non, sont aussi éternels que la nuit des temps.

    Je me demande quel chemin, vous avez parcouru, je le trouve inquiétant, même si l’espèce est protégé,reprenez du poil de la bête.

    • Patrick, je voyage en de lointaines contrées, ce qui ne se fait pas sans mal. J’aime trop les bêtes pour leur prendre quoi que ce soit, mais merci pour les encouragements. Passez de belles fêtes.

  11. Savoir tout dire dans une métaphore elliptique,courageuse, pudique, voilà qui pourrait définir une forme de savoir écrire ,le décrytage appartient à la perspicacité du lecteur…..Courage!

  12. Baisers adelphiques à l’Imprécatrice, qu’elle remonte bien vite et reprenne son bel élan

  13. encore modéré

  14. Qu’est ce que c’est ce problème de modération?

  15. ???

  16. Les hommes, les femmes, et les illusions sur les uns et sur les autres. Et l’idée qu’on se fait de tout cela… Les gens restent les gens. Point.

  17. Mon chien, détaché…
    Vive la liberté!

  18. Les gens restent les gens, oui. Nous sommes définitivement tributaire de notre expérience humaine. Dans l’amour (sexuel) que nous ressentons, une orientation absolue prend tout notre corps qui désire. Ce sens explosif nous le voudrions éternel, constant, je ne sais pas moi. Nous voudrions être transi pour toujours. Transi de sens. Et nous le sommes, c’est la coïncidence avec l’objet qui manque et que nous recherchons dans tout ce que nous faisons. Nous sommes toujours le cul entre deux chaises, à voir ce qui n’existe pas forcément et à rapporter de ce qu’on a vécu quelque chose qui ne correspond pas à ce qui s’est passé.

    • @ Michèle : Cela met à jour l’aridité de notre solitude. Que vivons-nous qui soit réel et à quel moment entrons-nous véritablement en relation avec un autre ? Transi de sens, vous avez absolument raison. Transi de sens… Certaines expériences comme cet amour dont vous parlez ou encore une rencontre empirique avec sa propre mort, ouvrent une brèche qu’il est difficile – voire impossible parfois – de colmater. Cette déflagration interne enferme le vivant, c’est une secousse bien au-delà des mots. En chercher le sens, appréhender qu’il n’y en a peut-être pas, quel chaos intime.

  19. Il reste (au moins) de ce temps évoqué dans ce poème cette époque de solstice où la vie s’apprête à entamer un nouveau cycle. Bises.

  20. Frédérique et Michèle:

    Défiez vous de vous ensevelir dans les profondeurs ,tombeaux des désirs.La vie est mortelle , c’est son seul sens . Chaque jour est jour de deuil.
    Jouer au démiurge,vouloir remplir le vide du sens, est au fond, une forme de contre sens. Quand l’absence de sens, ce fait trop vive, il est temps de faire demi tour et de prendre ce non sens dans l’autre sens….Laissez vous embarquez dans les bercements de palindromes marchant en tout sens.
    Du sens, il y en a , suffit de trouver le bon, çà tombe sur le sens.Mignonnes , la vie est rosse, riez si m’en croyez!
    Frédérique, comment va les sens ? Vous avez eu chaud, j’espère que le gros de la tempête est passé.

  21. Je ne sais que dire tellement je suis émue par cette lecture.
    On ressent une grande force à travers ces mots mais tellement de souffrance et de tristesse qu’on ne peut pas s’en réjouir.
    Comme qui dirait « ça sent le vécu » et ça touche juste là où il fait, forcément.
    Frédérique, j’espère que vous allez mieux, que le gouffre ne s’est pas complètement refermé sur vous et que nous allons encore partager pleins de petits bonheurs littéraires à vos côtés. Votre écriture m’est essentiel. Merci sincèrement.

  22. D’accord avec ce beau texte… (Marre des loupiotes vacillantes qui se font passer pour des feux de joie, hahaha !)
    Ma chère Fredaime, un gros baiser en espérant que le ciel s’ouvre un peu pour toi.
    (Toutes les couleurs de ma palette en plus de la vodka citron.)

  23. :O)
    Faut qu’j’les peigne avant qu’on s’pinte ! (Tchin, Beautiful, et à Babette itou !)


[top]

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *