Je vous vois venir avec vos 9, vos 10 et vos 11. La question n’est pas là. Elle est plutôt du genre : y a-t-il une vie pour les femmes après le 8 mars ?

Ce dimanche, à Quint-Fonsegrives,  je donnais une nouvelle lecture musicale en compagnie de mon complice, le musicien Christophe Haunold. Belle journée pour rencontrer Mme Barié, alerte et joyeuse centenaire, l’équipage 154 du rallye Aïcha des gazelles et plusieurs femmes d’horizons différents. La manifestation était organisée à l’initiative de Béatrice Germain, chargée des affaires culturelles et de la commission des droits de la Femme pour la municipalité de Quint-Fonsegrives.

Sur des compositions originales de Christophe Haunold, au piano et à l’accordéon, la lecture suivait le sort tragique d’une jeune Afghane (Papier du sang – éditions N&B) et le questionnement d’Alice (Femme vacante – éditions Pleine Page). Un grand merci pour l’écoute attentive, l’accueil chaleureux et les nombreux témoignages d’émotion soulignant à quel point les mots et la musique ont la capacité de nous réunir.

8 mars - Photo Frédérique Martin

8 mars - Photo Frédérique Martin

Alors, après le 8 mars, que se passe t-il ? A contre courant, pour signifier que les 364 autres jours ont autant de valeur que celui-là, je vous livre le texte écrit voici trois ans déjà et qui est de sortie chaque année à la même date. Il semblerait qu’il ait encore de beaux jours devant lui :

***

La femme est-elle l’égale de l’homme ?
Voilà donc une fois encore, la question soulevée. A ce rituel ordonné, une seule réponse s’impose : Il va de soi.
A l’instar de n’importe quel être humain, la femme est bien l’égale de l’homme. Quand j’entends certains messieurs goguenarder « Vous avez voulu l’égalité, vous l’avez… « , je leur réponds toujours de la même façon : « Je ne peux pas vouloir quelque chose qui me revient de droit ».
Que cette réalité soit bafouée dans la majeure partie du monde n’y change rien. Saluons les femmes qui ont lutté, qui luttent et qui lutteront pour ce droit. C’est leur faire honneur que de ne plus revendiquer pour choisir de s’inscrire, de s’ancrer, de se définir, de se « 
savoir » l’égale de l’homme.
Le combat des femmes n’est pas différent de tous les combats menés ici ou là pour que chaque être humain trouve et occupe sa juste place. Ce combat, ou plutôt, ce mouvement s’inscrit dans l’évolution du monde en marche. Je dis « mouvement » parce que nous devrons passer de la violence des revendications à la sérénité des certitudes. Pour cela, soyons persuadées de notre valeur intrinsèque, sachons définitivement qui nous sommes.

La femme, égale de l’homme ?
Il va de soi.

Egale, mais différente. Pas des clones, pas des copies, pas des singes. La première grande erreur serait de croire que nous avons à battre l’homme sur son terrain, à faire nos preuves. Egaux dans la cruauté, égaux dans la soif de domination, de pouvoir, égaux dans la haine, la vengeance, le viol, le meurtre ? Certes pas. Mais plutôt unis, pour résister contre. Unis dans notre bonté, oui, dans notre compassion, oui, dans la conscience de notre fragilité, dans notre capacité de passion, dans notre souci du monde, dans notre amour du genre humain. Unis, oui, il ne peut en être autrement. Car la deuxième erreur serait de considérer que l’homme est notre ennemi.

Vous apprendrez Messieurs, que l’égalité n’interdit pas la courtoisie.
Vos apprendrez Mesdames, que l’égalité n’interdit pas la tendresse.
Et vice versa.

Voici donc venu le moment de vous soumettre la question qui n’a pas encore été posée : L’homme est-il l’égal de la femme ?

Unis dans leurs différences, complémentaires, amoureux des lendemains,
L’homme et la femme
La femme et l’homme
A égalité – Il va de soi.

4 Responses to Après le 8 mars…
  1. Dans ton message, chère Frédérique , tant de sujets de réponse … D’abord ma joie de ce que tu décris de cette rencontre à Quint-Fonsegrives ! je me sens très proche de tout ce que tu exprimes puisque moi aussi j’étais hier soir à L’Ourdissoir de Lavelanet (tu te souviens ?) pour donner ma lecture de ce Printemps des Poètes et que j’ai vécu là l’un de mes plus beaux moments … Et puis envie de te dire que ce combat universel des femmes me touche au cœur et au corps … Tes œuvres parlent si bien ce cette lutte là ! Mais au fond, c’est un combat né bien avant nous ; les hommes d’aujourd’hui sont embarqués dans cette histoire avec nous, tout aussi désarmés parfois … Bisous à toi

  2. Quand je considère la planète, devant le triste tableau qu’offrent encore certaines sociétés soumises à des préjugés médiévaux ou devant la somme d’hypocrisies que déploient celles qui se disent « démocratiques » et « avancées » mais où les femmes n’existent en réalité qu’à condition d’être « légales de » ou « régal pour » l’homme, eh bien, en tant que femme, il y a des matins, et pas que le 8 mars, où je me demande si je ne me sens pas insultée qu’on me dise que je suis l’égale des dslfshgf ezuyfgu qui y font la loi.

    Mais puisque tu me dis qu’il faut….

    • Chère Magali, je propose, mais je ne dispose pas. Le sujet reste brûlant, on est bien d’accord.
      Chère Juliet, comment oublier l’ourdissoir et ton interprétation magistrale d’Adèle dans Femme Vacante. (Ne dirait-on pas une pièce de Molière ?)

  3. Si la femme n’était pas l’égal de l’homme, eh bien l’homme ne serait pas l’égal de la femme.


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