CP Frédérique Martin

Il parait que c’est l’automne. Hier j’ai brûlé des monceaux de feuilles, l’air était doux, le chaton se jetait dans le tas craquant pour se donner des frayeurs sans lendemain de petit animal protégé. Fenêtres ouvertes, j’ai cuisiné des légumes que je conserve pour cet hiver, un jour où la lumière sera si pâle que je me mettrai à douter de l’été. Il restait quelques pommes et du melon qui se sont transformés en compotes pour quelqu’un qui les aime et les attend, quelqu’un que je ne voudrais pas décevoir. Le silence s’est collé à moi comme un amant furieux, je l’ai accueilli comme il se doit.

Alors c’est vraiment l’automne. La saison de l’abondance et de la maturité. Celle du pourrissement et de l’abandon aussi. Une saison doucereuse pour mieux faire passer son amertume, qui pratique l’alternance climatique et le soubresaut charnel. Il fait encore chaud par moment, mais la peau ne réagit plus de la même manière, elle n’est pas dupe. Quelque chose trouve sa fin sans que rien ne soit vraiment achevé.

Beaucoup de travail dans cet automne qui m’invite à la lenteur. Comment éterniser les heures, comment ralentir cette précipitation qui vient sur moi et menace de m’engloutir ? Lire, marcher, écouter de la musique et regarder voler les derniers frelons, avant de se mettre inexorablement en route.

On me trouvera donc ce mercredi 28 septembre à la librairie Privat où je viendrai rencontrer le public autour du livre  En quête de Job. Les acteurs de cette lutte seront là aussi, les fidèles toujours présents. Nous nous retrouverons lors de l’inauguration du bâtiment Amiral Job, le 1er octobre, aux sept deniers à Toulouse. Vous êtes tous conviés à cette grande journée de fête et de partage dont je vous livre le programme. Et nous clôturerons ce cycle le 7 octobre à 18H00 chez les frères Floury, lors d’un débat animé par Pierre Estournel. Si vous ne connaissez pas cette excellente librairie, rue de la colombette, c’est l’occasion d’y remédier. Ce jour-là est aussi celui où Francesco Pittau m’a invitée à vasecommuniquer poétiquement avec lui. Je m’y prépare comme pour un premier bal.

J’enchainerai sur la mise en place d’ateliers d’écriture pour le Crous de Toulouse . Je présenterai ce projet en débutant par une lecture musicale de  Femme vacante  en compagnie de mon éternel complice Christophe Haunold, le 10 octobre à 20h00 à la cafétéria de la cité universitaire de Rangueil.
Un autre atelier se prépare pour le collège de la ville de Balma, en collaboration avec l’auteur Rachel Corenblit. Une classe nous suivra à partir de décembre sur nos délires d’Itinérances.

Salon Vivons livre, les 5 et 6 novembre 2011, avec une lecture du  Fils Prodigue.
Le 19 novembre, le comédien et metteur en scène Francis Azéma lira Le fils prodigue  et A tes souhaits lors de la première soirée du cycle Les bouches pleines, au Théâtre du Pavé. L’émotion sera au rendez-vous – pour moi c’est certain.
Fin novembre, je suis invitée par la ville de Pau. Je donnerai la lecture musicale de Femme vacante durant le salon. Mais c’est loin déjà, nous en reparlerons.

Voilà, c’est l’automne et il est riche. Le chaton grandira vite, désormais. Les feuilles continueront de tomber. Les roses se fanent. J’irai porter ses compotes à celui qui est heureux de me voir. Dans la voiture, j’écouterai Adèle en répétant que rien n’est plus important qu’être là, dans cet automne languissant, en route vers ce qu’on ne saurait nommer, vers quelqu’un qui veut bien m’attendre.

J’ai marché de la même façon que d’habitude
En ratant les fissures dans le trottoir
En me pavanant
« Puis-je faire quelque chose pour toi ?
Veux-tu que j’appelle quelqu’un ? »
« Non merci, Madame.
Je ne suis pas perdue, j’erre, c’est tout »

(Hometown Glory – Adèle)

 

28 Responses to Il paraît que c’est l’Automne
  1. Putain de programme, FM. Vous êtes surbookée comme les vedettes ! 😀
    A propos, pour vase-communiquer chez moi, mettez pas votre robe à paillettes, j’ danse pas…
    Dites, l’automne et tout ça, c’est roux, c’est chaleureux, et l’hiver c’est vif…

    • @ Monch : Je ne porte jamais de robe à paillettes, cela nuit à la délicatesse de mon teint. Pour danser, vous n’y couperez pas, un de ces jours prochains, je vous le garantis. Sinon, l’automne, c’est chaud aussi. Comme l’hiver au coin de la cheminée. Mais ce n’est pas le même feu.

  2. pfioouuu vous m’avez fatigué. Me couche avec le chat, tiens…

    • @ Christophe : Parce que vous croyez que ça se couche à cet âge-là ? Elle saute partout comme un cabri, galope comme une dératée et se bat comme une tigresse contre les brins d’herbe et les moustiques (surtout depuis que je l’ai sauvée d’une mort certaine et quelle me prend pour sa mère).

  3. Un beau texte, comme d’hab’.

    J’ai fini « Femme vacante », chapeau bas Frédérique, je le relirai, pour l’entendre encore…
    Je me réjouis de bientôt lire « Le Fils Prodigue » 🙂

    Nous serons au RV du 7, dans l’évase…
    Pour ceusses en chair et en os, ça dépendra jours et horaires. J’avais d’emblée choisi le Palais Beaumont, même si c’est loin dans le temps, c’est plus près pour moi et pour la route :), à 40 mn, alors que Toulouse, c’est 90 🙂

  4. Et comment s’appelle-t-il ?
    Je ne parle pas de l’amant furieux collé contre toi… Mais ce chaton. Son nom ?

    • @ Gilles : Elle s’appelle Mouchette. Perdue ou jetée par des gens qui n’en voulaient plus, elle a hurlé deux jours durant dans les taillis avant de rendre les armes devant une poignée de croquettes. Depuis, elle se croit fille d’un être humain. 🙂

  5. Alors on se verra à Pau et j’espère pouvoir me libérer pour écouter cette alléchante lecture :-))

  6. Frederique M:

    Est ce par penchant naturel ou par l’expérience de la vie, ses résiliences nécessaires, mais elle sait ,Frédérique, faire de chaque chose un met,inviter à le déguster ….et écrire, en plus.

  7. Il n’y a pas de question,juste un constat agréable à ressentir et à dire.

  8. Bon, je refuse! Je refuse l’automne, c’est comme ça! (Et ce sera votre faute!) Quelle mélancolie soudain!

    • @ Depluloin : J’aime cet acte de résistance (pardon pour la mélancolie).Le printemps sur douze mois, le printemps sur douze mois ! Allez, venez avec moi, on va faire une manif. On profitera des foules de profs dans les rues pour étoffer nos revendications. (Et sinon, vous connaissez la chanson de Jonasz : La mélancolie ?)

  9. Qu’est-ce qu’il disait, le sage, déjà ? Vis chaque jour comme si c’était ton dernier, et travaille comme si tu avais l’éternité devant toi…
    Aujourd’hui, tu es à la librairie Privat, je t’y souhaite de belles rencontres et plein de chaleur.

    • @ Sophie : Tu ne serais pas une adepte du Tao To King ? 🙂 Merci, j’ai passé une bonne soirée chez Privat, entourée de mes complices de Job. On remet ça samedi pour l’inauguration du bâtiment Amiral.

  10. Ah Jonasz, non merci! (Quel immense dépressif le pauvre, il va mieux on dirait.)

    Je viens d’écouter Adèle. Fabuleux!

    • @ Pluplu : Je n’aurai qu’un mot : MERCI. Enfin quelqu’un qui me dit quelque chose sur cette chanteuse. Ecoutez son double Album « Adèle 19 », il n’y a rien à jeter. Le « Adèle 21 » me touche moins en revanche, il me semble que cela fait plus variété. Mais je n’ai pas pris le temps de l’écouter en entier, le 19 me suffit pour le moment.

  11. Quand j’ai commencé à lire ton article, je me suis dit « Allez, elle va attraper le chaton d’un coup de fourche énergique et le jeter dans le feu avec les feuilles !… ».
    Je sais pas pourquoi… je dois être en colère intérieurement…

    • @ Ah mais Madame de K, qu’est ce qu’il se passe ? Enfourcher un aussi joli chaton ? ! (quoi que quand ça miaule sans arrêt, que ça gratte dans les plantes, que ça griffe le canapé, que ça confond les coussins et la litière, que ça rentre par la fenêtre quand tu l’as foutu à la porte, que ça te fait tomber en jetant ses 50 grs d’os dans tes jambes, que ça te ronronne dans l’oreille gauche en s’intercalant sytématiquement entre la télé et toi… c’est vrai que… parfois. Bon Bref.)

  12. Pluplu est un vil flatteur… Et, de plus, il détient toujours ma (petite) loco rouge.

  13. @Luc : Tu viens oui?!!! Fais pas celui qu’a rien entendu!!

  14. J’arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiive !

  15. Qu’il est meugnon! Bon je reviens de ma côte et donc pas pu aller te faire coucou. Oui c’est l’automne et ça me file le blues le départ des beaux jours, la diminution de la lumière, toussa. J’irai sans doute « vivre livre ».


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