Par souci de discrétion, je ne peux citer mes sources, mais je tiens à relater le dialogue dont j’ai été le témoin direct voici quelques jours, très exactement à la verticale du dernier flocon de neige que nous avons balayé.

– Il y a de plus en plus de catastrophes naturelles dans le monde.
– Oui, c’est vrai. Il faut s’attendre à du grabuge dans les années à venir.
– En plus de la crise, ça va pas nous arranger.
– Ben c’est à cause de la couche d’ozone, la fonte des glaciers, la pollution, tout ça…

Cet échange ébouriffant, au contenu révolutionnaire, je vous le livre en avant-première ! Il a eu lieu entre deux hommes qui étaient eux-mêmes entre deux portes ; celles de leurs 4×4. Deux gaziers ordinaires, charmants au demeurant, mais qui ne savent plus presser une orange sans l’aide d’une usine ou ignorent qu’en plus de ses ailes et de ses cuisses, un poulet compte aussi des abattis : tête, tripes, cul. Ces hommes sont mariés à des femmes qui ne font pas la relation entre leur poids et ce qu’elles mangent, la disparition du thon rouge et leur sushi du vendredi, le poil des animaux et leur col de fourrure. Parfois, quand ces couples partent en week-end au Maroc ou en Tunisie – où il y a de plus en plus d’arabes, vous ne trouvez pas ? – ils s’entretiennent gravement de la fin probable du monde qui est annoncée sur internet.

Ne mélangeons pas la vache qui pète et celle qui rit, quand bien même les deux expulsent de l’air. Evitons aux tableaux de bords en polyamide et aux carrosseries en polyesters insaturés de recevoir trop de substrats de pensées en arrêtant par exemple de maudire le trou du ciel tout en benzopyrénisant comme des émirs. Ou en renonçant à ce faciès de mangeoire à foin, que partagent ceux qui s’ébaubissent devant la ferme des calamités. Pourquoi ? Pour gagner du temps sur la wification intersidérale, les liposuccions du cortex, la désertification pubienne et la sodomisation de Lucilia Sericata.

Santa Lucilia

A quoi l’utiliser, ce temps ? A se poser la putain de question – qu’est ce que j’y peux ? – et surtout, à trouver le moyen d’y répondre.

Elle s’appelle Karima de son prénom, Karimouche pour le public. Emballage d’origine, c’est le titre de la chanson éponyme de son premier album. Elle a une sacré pêche et elle y croit : « Je veux garder mon humour. Moi c’est l’Homme que je choisis ».
Moi aussi, Karima, moi aussi. Mais on est bien d’accord, pas n’importe lequel !

 

Les paroles sont ici

121 Responses to Le monde court à sa perte !
  1. Héhéhé.

    (Je ne t’oublie pas pour les dessins. Faut juste que je trouve 2 minutes.)

  2. Sophica!!!!!!!!!!

    Usque tandem?

    (Z’ai pas entendu le rire de ma maman?)

  3. Mon chien itou, vous me rappelez un des mes profs de latin. D’une main il brandissait majestueusement la copie honteuse, de l’autre il se grattait la narine, en annonçant le nom latinisé du cancre accompagné de cet « asinus asinum… »

  4. @ Fredaime : Argh, faut qujmemagne.

    @ Depluloin et MCA : heu… veni, vidi, vici ?
    …Allez. Jules a causé.

  5. @SophieK. Euh… fluctuat nec mergitur. C’est pô fini… 😀

  6. Frédaime mon p’tit lapinou en chocolat d’amour, mon pet d’lapin en maillot d’bain, si tu veux faire péter 400 com’ sans effort sous ton prochain article, parle d’Astérix le gaulois : je sens qu’il ne manquera aucune citation. Tu vas déchaîner un vrai concours parmi les commentateurs 😀

  7. Maman?!! T’es pas fâchée dis? … Allo, maman? Rôoh … C’est rien, Frédérique… Maman?

    • Mais non Pluplu, votre maman n’est jamais fâchée. Elle dort peut-être. Ou alors elle prépare sa mousse au chocolat (divine, fondante, parfumée… Cyrille Lignac essaie de lui piquer sa recette. Peut aller se rhabiller)

  8. Rôoooh !! Ça c’est une maman! Je l’embrasse tiens!!

  9. Un extrait d’un poème un peu long… inutile de dire que j’aime…

    Quand je mourrai, ce soir peut-être,
    Je n’ai pas de jour préféré,
    Si je voulais, je suis le maître,
    Mais… ce serait mal me connaître,
    N’importe, enfin, quand je mourrai.

    Mes chers amis, qu’on me promette
    De laisser le bois… au lapin,
    Et, s’il vous plaît, qu’on ne me mette
    Pas, comme une simple allumette,
    Dans une boîte de sapin ;

    Ni, comme un hareng, dans sa tonne ;
    Ne me couchez pas tout du long,
    Pour le coup de fusil qui tonne,
    Dans la bière qu’on capitonne
    Sous sa couverture de plomb.

    Car, je ne veux rien, je vous jure ;
    Pas de cercueil ; quant au tombeau,
    J’y ferais mauvaise figure,
    Je suis peu fait pour la sculpture,
    Je le refuse, fût-il beau.

    Mon voeu jusque-là ne se hausse ;
    Ça me laisserait des remords,
    Je vous dis (ma voix n’est pas fausse) :
    Je ne veux pas même la fosse,
    Où sont les lions et les morts.

    Je ne suis ni puissant ni riche,
    Je ne suis rien que le toutou,
    Que le toutou de ma Niniche ;
    Je ne suis que le vieux caniche
    De tous les gens de n’importe où.

    Je ne veux pas que l’on m’enferre
    Ni qu’on m’enmarbre, non, je veux
    Tout simplement que l’on m’enterre,
    En faisant un trou… dans ma Mère,
    C’est le plus ardent de mes voeux.

    Moi, l’enterrement qui m’enlève,
    C’est un enterrement d’un sou,
    Je trouve ça chic ! Oui, mon rêve,
    C’est de pourrir, comme une fève ;
    Et, maintenant, je vais dire où.

    Eh ! pardieu ! c’est au cimetière
    Près d’un ruisseau (prononcez l’Ar),
    Du beau village de Pourrière
    De qui j’implore une prière,
    Oui, c’est bien à Pourrières, Var.

    Croisez-moi les mains sous la tête,
    Qu’on laisse mon oeil gauche ouvert ;
    Alors ma paix sera complète,
    Vraiment je me fais une fête
    D’être enfoui comme un pois vert.

    • @ Est-ce que vous nous livrez-là le secret de votre énigmatique surnom ? Il y a une note désuète dans ce poème, qui n’est pas pour me déplaire. J’aime particulièrement cette strophe :

      Je ne suis ni puissant ni riche,
      Je ne suis rien que le toutou,
      Que le toutou de ma Niniche ;
      Je ne suis que le vieux caniche
      De tous les gens de n’importe où.

      (mais pas que).

  10. C’est un poème de Germain Nouveau… il est pas neuf, pourtant… 😀

  11. Euh, j’suis venue, j’ai tout lu, j’suis repartue. Bravu à tous les braves qui alimentent

  12. Cela me fait plaisir que vous soyez passée voir mes images .
    Je n’ai pas tout lu ici . Si vous voulez , voici le titre du livre que je transporte en ce moment dans mon sac pour me tenir companie : Ethique et infini . D’Emmanuel Levinas ….
    Ceci dit je suis nulle en litérature et trés disorthographique .

    • @ Zoé : Je comprends bien que vous n’avez pas tout lu, plus d’un an de billets, ça prends quelques heures de lecture ! Vous avez des lectures trés sérieuses :0)

  13. J’essaie de lire des livres au dessus de mes moyens intéléctuels . Mon livre d’aventure préferré c’est Mobby Dick d’Erman Melville . Et j’adore les livres de plantes médicinales , j’en lis un de temps en temps qui est trés au dessus de mes capacités . IL traite de pharmacognosie des plantes .
    J’adore les maths , mais là je ne comprend plus qu’un mot sur dix ou cent et c’est déja pas mal finalement .

    • @ Zoé : Je dirais plutôt que vous êtes attirée par des livres qui vous tirent vers le haut, qui vous amènent à vous dépasser. Croyez-moi, tout le monde ne peut pas en dire autant.

  14. C’est vraiment gentil à vous de me répondre ainsi .
    Je pense qu’essayer de lire au dessus de ses moyens est utile dans le sens où même si on croit ne pas comprendre , il se produit cependant une lente maturation secrête qui apporte un progrés . Je pense que les progrés ne sont jamais linéaires mais se produisent par paliers , par bonds en de nouvelles compréhensions , donc je pense que ce temps laissé à la maturation est indispensable .


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