Crédit Photo Frédérique MARTIN

 

Lors de la publication de mon recueil de nouvelles « L’écharde du silence« , je cherchais ce que j’allais mettre en exergue. Tout était une première fois et me stupéfiait. Je garde le souvenir brûlant d’un temps hors du temps, où je semblais présente au monde, alors même que j’en étais sauvagement retirée. 

De passage chez une amie, dans le quotidien de sa cuisine et la préparation d’un repas de fête, j’entends soudain ce texte d’Aragon, récité – et de quelle manière ! – par Jean-Louis Trintignant sur une musique de Daniel Mille.  Happée par cette voix extraordinaire, par ce texte que je découvrais et par la plainte lancinante de l’accordéon, je sus dès la fin du morceau, que mon exergue était là.

L’écouter me ramène à cette période étincelante où ce à quoi j’aspirais, ce pour quoi j’avais travaillé si longtemps et si seule, advenait enfin. Ma chienne de vie, enivrée de joie pure.

 

« Parce que, dans la vie, il y a certes un dangereux quotient de rêve, mais dans les rêves aussi, il faut savoir lire sa vie, voir plus loin qu’elle. Voir plus loin que soi. Je sais d’expérience que c’est difficile et que souvent, cela fait mal. Mais si vous voulez qu’au moins en une chose je me vante, je vous dirai que, de cette vie gâchée qui fut la mienne, il me reste pourtant un sujet d’orgueil : j’ai appris quand j’ai mal, à ne pas crier.
Cela m’a beaucoup servi ces jours-ci. »

Louis ARAGON – La valse des adieux

Daniel MILLE – Le funambule

58 Responses to La valse des adieux
  1. J’ai lu « Femme vacante » mais pas « L’écharde du silence ». Le titre est magnifique. T’en aurais pas un stock que tu vendrais en circuit court ? 🙂

  2. Quand rébus, répussoife

  3. Bonjour Frédérique, je découvre Aragon en ce moment, beau poème que je ne connaissais pas… d’autant mieux par une telle voix.

    A+ JC

  4. Hélas oui, il me faut désormais écrire tous les jours poésie et nouvelles, je n’en demandais pas tant, j’étais tranquille dans mon coin, et puis voilà … sans compter l’idée qui fuse et demande papier – n’importe où !
    A part ça, c’est bien mieux que de repeindre la clôture – qui du coup s’en trouve négligée, ah la la…

    Vacances, oui, un mot vide de sens pour le retraité, et de ceci les académiciens se moquent – bien qu’ils en soient tous … si tu avais une idée, quelque néologisme frappant, je serais preneur et le diffuserais…
    J’utilise « S A », soit séjour d’agrément, mais cela ne sonne guère:  » Je pars en S.A. « , seuls quelques amis font mine d’approuver, par courtoisie.

    A+ JCP

  5. alors, oui, je veux lire, te lire, il serait temps je crois, parce que les livres prennent la poussière et qu’attendre qu’elle s’en aille porterait loin le jour où j’ouvrirai tes pages…
    Et de D. Mille et Trintignant, voici des mois que ceci patiente qu’un jour peut-être l’enfer(t) s’en nourrisse: http://www.deezer.com/listen-4585627
    Je vais continuer à parcourir tes pages, en silence…


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