Amis d’Auvergne, le bleu est malheureux, le gaperon se morfond et le saint-nectaire vitupère. Trois petits spots sans importance ont propulsé le cantal en haut de l’affiche.

Ces quelques images, hautement inoffensives, il faut en convenir, ont mis le feu aux ardeurs de mes consœurs féministes. Hurlant au sacrilège, elles ont entrepris d’entrer en croisade contre la représentation imagière dudit fromage. On maltraite la femme, on la brutalise, on l’abandonne, bref, on la ridiculise sous les traits d’une poulette qui réunit à elle seule tous les poncifs du genre féminin : blonde, bécasse et bordélique. C’est intolérable. N’êtes vous donc point intolérées ?

Il est vrai que son mec – guère mieux loti – ne lui demande qu’une chose, une seule, que la pauvre bayadère semble incapable de retenir : Chantal, t’as pas oublié le Cantal ?
Eh bien si, elle l’a oublié, la gourdasse ! Et son cloporte de mari ne pense pourtant qu’à ça : en voiture, à la montagne, au moment de dire oui, il n’a qu’une pensée l’animal, qu’une obsession, son foutu casse-dalle.

CP : Frédérique Martin

CP : Frédérique Martin

Une parenthèse s’impose. Native de la capitale auvergnate et fière de ma condition, inconditionnelle du plateau de fromage et des spécialités crémières qui puent, j’avoue cependant une faiblesse : au lit, au bureau, au salon comme dans la salle de bain, je ne cogite jamais au cantal. Ni à aucun de ses concurrents d’ailleurs. Maudite foutraque en puissance ! Il y a au moins une Chantal, régulièrement de passage par ici, qui va faire ses choux gras d’une telle ânerie.

Que je sache, le sexe féminin n’est pas une infirmité qui nécessiterait la mise en place de tables de lois prohibant l’humour sous peine de lèse-majesté. La femme serait-elle faible au point d’avoir besoin d’un commando pour lui signifier quand elle peut rire et quand elle doit s’offusquer ? La dérision et le second degré nous sont-ils désormais interdits au nom d’un respect qu’il faudrait imposer à défaut de l’inspirer ? Enfin, la réalité d’une condition bafouée dans la majeure partie du globe, oblige-t-elle pour autant les femmes de France et de Navarre à manquer de recul et d’entendement ?

Soucieuse de mes petites frangines et du sort qu’on leur réserve, je revendique néanmoins le droit de me marrer tant que c’est encore possible, et je soutiens qu’il ne faudrait pas se perdre dans des combats vains quand il y en a tant qui sont prioritaires. Je lance donc un droit de réponse aux trois mignardises pour susciter l’hilarité plutôt qu’une indignation sans avenir. Et afin de respecter une stricte parité, je fournis le slogan comme contrainte commune : « Pascal, un conseil, n’oublie pas le cantal. Signé : Chantal. »

Post scriptum : la semaine prochaine, c’est promis, je réponds au tag de Zoridaé.

51 Responses to Chantal et son petit bout de Cantal
  1. Frédérique:Je ne te le fais pas dire!!!


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