Chers lecteurs assidus, vous n’êtes pas sans savoir que sévit depuis quelques mois sur les ondes de Radio Campus, dans l’émission satirique et politique « Pas Plus Haut Que Le Bord », une certaine Santa Maria de las Pacotillas à laquelle on fait dire n’importe quoi. J’en veux pour preuve l’émission où elle s’est retrouvée avec une rubrique à laquelle elle n’était pas préparée : le sport. Et à quelques détails près, ça donnait cela …

¡ Hola Niños mios ! Si tu t’attends à des histoires de stades effondrés, de meurtres de supporters, de dopage en série ou de salaires proportionnels à l’égo, tu vas être déçu. Je vais te causer de la pratique du sport en France et de ses répercussions économiques et sociales. Car, dès qu’il s’agit de suer sous l’effort, la France adopte la position dite churchillienne : No sport.

Les conséquences en sont graves. Posons le postulat que le français est moyen par conviction, sinon il ne serait pas sondé aussi souvent. De par sa petite taille, il a tendance à devenir obèse. 40% de la population se dandine pour accéder au pèse-personne. Quatre millions d’individus ne pourraient plus y grimper sans le palan hydro-alcoolique de marque Scatoufaille.

Comment se fesse, vas-tu me demander, auditeur impudique ? Deux raisons à cette épidémie : l’absence d’activité sportive et la nourriture industrielle composée à 90% de gélatine, laquelle, tu le sais, est obtenue par l’ébullition prolongée de peaux à escarres et de muqueuses putréfiées. Et où se trouvent réunis ces deux facteurs ? Sur ce canapé Knislinge Ungerdrüd où tu ripailles à grands coups de bonbons Haribo et de houblon fermenté, à l’affût de ruptures cervicales, d’hydrocutions para-olympiques, d’émasculations au sabre et de l’étreinte huileuse d’un couple de Sumos.

Or, tu viens de passer ta semaine au bureau – car le français, outre qu’il est moyen est aussi employé de bureau ou alors c’est une ménagère de plus de cinquante ans. Après cette semaine durant laquelle ton cul a fait la preuve de sa solidarité avec les chaises, après ces trajets biquotidiens où tu as macéré en double file devant le bureau de tabac, la boulangerie et le sexy center, créant des bouchons qui contraignent les Etats à exproprier des pauvres pour te construire des autoroutes ; après toutes ces nuits où tu t’es plaint de souffrir du scrotum et du syndrome prémenstruel, que fais-tu Français Moyen ? Tu t’avachis pour pratiquer le seul sport dont ton noble pays peut s’enorgueillir, le levage de coude ! Tu lèves le coude pour boire, tu lèves le coude pour manger, tu le lèves pour fumer et rituellement faire un bras d’honneur aux arbitres ou à ta femme quand elle refuse de réchauffer ta pizza quatre fromages. La tendinite qui en résulte, associée à la brusque élévation de ton taux de cholestérol, creusent la tombe de la sécurité sociale. Il fallait que cela soit dit !

Et je ne cite là que les ravages immédiats de ta manière de pratiquer le sport. Des études scientifiques ont prouvé que soutenir une équipe favorise le repli communautaire. A titre d’exemple, étudions un Toulousain qui souhaite conserver l’anonymat – Amédé S. – et qui soutient LE Stade :

– Allez le Stade, putain, qu’esse y foute ces faignasses, mais jouez sans déconner, jouez bande de tarlouzes.

Fort à propos, il est donc contre ces cons d’Anglais – des tarlouzes – ces cons de Clermontois – des tarlouzes – ces cons de Bigourdans – des pédales. –. En un mot, le sport le rend sectaire. Et c’est bien le sectarisme qui fait le lit des individus à front bas, lesquels s’y couchent en bande et de préférence avec leurs bottes, après avoir favorisé le vol noir des corbeaux dans nos plaines.

Autre dommage collatéral :  C’est la mi-temps, Amédée S. fonce chez son dealer de gélatine. Arrêt en double file, moteur allumé, déluge de klaxons :

– Oh ça va, putain, j’en ai pour une minute con !

Passe un jeune qui pratique le saut en longueur au quotidien : Hop, d’un bond il s’engouffre dans la voiture et démarre en ne laissant derrière lui que la gomme des pneus. Amédée s’insurge : « Putain, ma caisse con! ». Le voleur a un copain, coureur de fond catégorie relai. Ce dernier fauche illico la sacoche d’Amédée et s’enfuit en zigzagant. Amédée en laisse échapper son kilo de fraises tagada. Son Bichon frisé payé à crédit s’empoisonne avec et meurt foudroyé au milieu de la route, provoquant l’AVC d’une conductrice végétarienne militante et subséquemment, un violent carambolage dans lequel quatre enfants en bas-âge, mais non congelés, périssent avec leurs parents et leurs dix cousins dans l’explosion de leur Simca 1000, alors qu’ils se rendaient à une barmitza ; laquelle explosion incendie le quartier et notamment une maison de retraite médicalisée ou croupissaient 217 vieillards impotents et comme on était dimanche, il n’y avait qu’une seule infirmière, en pause pipi à ce moment-là.

Si j’avais une minute de silence, elle serait pour toi, mais je l’ai donnée à l’infirmière qui en avait bien besoin.

Comme tu le vois, Niños mios, le sport mal pratiqué nuit gravement à la santé d’autrui. Dans le secret de ton sweet home, avachi sur ton Knislinge Ungerdrüd, une phrase moins connue du gros Churchill devrait revenir te hanter. Prononcée le 4 juin 1940 à l’issue d’un discours exhortant à la lutte, reprise par les athlètes du monde entier, elle vise les sportifs de canapé : « … et nous les frapperons sur la tête avec des canettes de bière…».

Have a good day.

La prochaine émission de PPHQLB dans laquelle chroniquera Santa Maria de las Pacotillas sera enregistrée en public à l’Utopia de Tournefeuille, le mardi 19 février 2013 à 18H30. On y retrouvera une partie de l’équipe : Le jefetito à cravate, Robert de la médaille,  Lola Parabellum, Amédée Scatoufaille, Dahu, Lorenzo… et nos deux techniciens d’élite Nico et Ralph. (Podcast de l’émission)

On pourra par la même occasion y entendre la chanteuse Marie Sigal accompagnée par le musicien Laurent Rochelle dans des compositions talentueuses et déjantées. Certains des textes sont d’ailleurs de votre taulière ici présente. L’entrée est gratuite, les bières sont payantes et la bonne humeur assurée !

On peut écouter Laurent Rochelle ici. Quant à Marie Sigal, la voilà :

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14 Responses to Santa Maria de las Pacotillas et le sport
  1. Eh bè ! Pas plus haut que le bord sans doute, mais blindé de vodka !

  2. Tu as bien du talent, de la poésie la plus introspective à la chronique pas plus haut que le bord.

  3. Moi, ça me plait cette chronique sur le sport tellement le sport ne ressemble plus à rien si ce n’est d’engraisser quelques industriels du sport, un peu plus de sportifs, d’endormir toujours plus les consciences dans leurs messes encore plus débilitantes que les messes religieuses.

    • @ Myriam : La suite journalière de David Beckam à 17 500 €, ou les tribulations nocturnes à 20 000 € d’Evra sont à gerber. Sans parler d’Oscar Pistorius et de sa si particulière Saint valentin. No comment.

  4. Ben j’ai bien peur que tous les deux soient absents dorénavant.

  5. Oui, il a pris la suite et la fuite. Je suis triste depuis deux jours, je ne fais rien d’autre que relire des pages de son blog et regarder le visage d’un homme qui est resté jusqu’au bout dans la dérision. Un vrai courage.

  6. Très triste moi aussi depuis ce départ brutal, ça tourne dans ma caboche depuis.


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