Frédérique MARTIN

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Archives du carnet pour août 2009

Eblouissements

Jeudi 20 août 2009 | 26 commentaires

Sous cette chaleur écrasante, un peu de fraîcheur ne saurait nuire.

L’accordéon est entre les mains de Christophe Haunold. Vous avez entendu l’intro de notre lecture musicale Papier du sang. Reconnaissance et amitié envers celui qui a pris du temps pour me permettre de réaliser cette première vidéo et l’intégrer ici.

Ton corps, le mien, où est la limite
quand on s’offre ?
Et si la danse,
le mot,
le chant,
ne servaient qu’à sauver le vivant
du naufrage d’inexistence
?

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Remerciements à la pelle.

Vendredi 14 août 2009 | 12 commentaires

Je l’ai dit précédemment, ce n’est pas parce que le mois d’août nous assomme à grands coups de rayons solaires qu’il faut s’endormir sur ses lauriers ! J’ai deux remerciements à faire aujourd’hui, d’abord à l’ami Michel Baglin qui m’a consacré un article sur sa revue Texture, à un moment où la perte avait envahi tout l’espace. Je vous recommande de vous attarder chez lui. Michel Baglin est l’ami des poètes et des écrivains. Il nous connaît bien, il est de la famille, et la liste de ses livres est trop longue pour tenir ici (Déambulatoire, La perte du réel, Ligne de fuite, Quête du poème…). Grâce lui soit rendue pour son talent et la générosité avec laquelle il l’exerce.

Au gré des visites, des liens et des affinités, j’ai croisé la route de Sansévérina. Elle réserve aujourd’hui dans son blog Happy Few , un article à mon roman Femme Vacante. Outre qu’elle partage ses découvertes, ses coups de coeur et ses coups de gueule, Sansévérina tient une rubrique particulièrement hilarante, Les Harlequinades 2009, qui vaut son pesant de moutarde. Il m’est agréable de lui dire merci pour l’accueil et merci pour le rire.

On est en vacances, on brûle, on bout,  mais on peut lire quand même. A condition de bien choisir et de toujours boire frais. Garçon, une flûte s’il vous plaît !

Avec modération, on vous dit !

Avec modération, on vous dit !

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Champagne !

Jeudi 13 août 2009 | 15 commentaires

champagne

C’est ma tournée, profitez-en !

Pourquoi on ne doit JAMAIS partir en vacances…

Mais au contraire recevoir ses amis chez soi, comme ça ce sont eux qui s’y collent.

Et sinon, les journées sont volées au temps – soleil, amitié et toutes les raisons sont bonnes pour trinquer – on se croit invincibles pour quelques heures, tout reste à faire et à réinventer. Avanti Populo.

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Les vases communicants (1)

Jeudi 6 août 2009 | 34 commentaires

« …pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites… » . François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée du grand dérangement, appelé aussi vases communicants. Aujourd’hui, Loïs de Murphy et Frédérique Martin s’invitent réciproquement.

***/***

Chère Frédérique,

Ce petit mot pour te dire que je passe mes vacances comme souvent : près de chez moi. Notre Sud-Ouest est « congrut » de lieux sans flamme autre que celle qui m’entorche, et à chaque fois que, juilletiste ou aoûtienne, je les embrasse en marche de mes bras tendus vers la figue et le tournesol, les clochers rendus taiseux ou l’or bleu de Cocagne me saluent dans leur histoire. Cette diversité est une chance que je partage avec des randonneurs ou des pèlerins, parfois même avec des vieux du coin.

Au cours de ces balades crottées et fécondes, je traverse des villages animés des mains de touristes affairés à toucher la matière du vivant sur des maisons abandonnées, voire en indivision, et beaucoup d’entre eux, je dois dire, manquent se rompre l’âme en tournant comme souvent le dos à l’essentiel.

Les hôtes de vieilles fermes aux poulaillers vides les restaurent parfois, et ces odeurs de frites, de moutarde et de crésyl, je les retrouve partout où le citadin vient consommer de l’authentique.

Si tu me demandes comment je vais, je te répondrai que je ressemble en ce moment à une forêt négligée : comme elle j’ai des chablis tombés d’un gilet pourri, et je marche sur des aiguilles à broder cassées et des feuilles sèches de toute encre.

Je n’ai pu me rendre à ton cher Loubens et j’ai manqué sa musique de chambre, mais je pense à tes lectures publiques quand je vais à Marciac où la libraire enthousiaste a des projets de même sorte.

Il y a parfois, au détour d’une grange, une étrange femme qui conduit doucement sa vie dans l’allée centrale de chez son père, comme Raymond Babbitt, l’homme de la pluie qui penche sa tête sur la musique « On the road » de Hans Zimmer.

L’autre jour, j’ai vu qu’elle arrondissait l’angle de ses ongles. Elle a probablement peur qu’on fasse le rapprochement avec les jambes écorchées de sa mère quand on la sortira de l’eau épaisse du puits.
Tu la connais je crois, c’est la petite-fille du vieux garçon vacher, celui qui jouait à cochon pendu sur l’arbre tordu près de ton ancienne école communale.
On dira qu’elle a glissé sur la margelle glacée par le grand vent… En plein été, tu parles ! Tout le monde sait pourquoi elle l’a fait…

Je t’envoie cette lettre avant la dernière levée de la Poste ; ici elle est matinale au point qu’on voit presqu’encore le cul des chats qui s’en retournent chez eux quand le facteur ouvre la boîte.
Je rentre maintenant chez moi, retrouver les mains qui m’apaisent. Mon Dieu, si j’avais su plus tôt que le sel des larmes est soluble dans l’autre…

Je t’embrasse avec la pudeur d’une ourse atrabilaire, et j’attends bientôt de (lire) tes (prochaines) nouvelles.

Loïs de Murphy

Arbre tordu

Les autres participants de ce premier vendredi du mois d’août :
Liminaire et Michel Brosseau
Arf et Jeanne
Arnaud Maisetti
et Mahigan Lepage
Takuhertz et Anthony Poiraudeau

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