Frédérique MARTIN

Site officiel

 
 

La photo officielle

Vendredi 10 février 2012 | 49 commentaires

 

Dans ma panoplie d’auteur, il manquait un élément primordial, l’équivalent de la cape pour un super héros ou de la baguette magique pour une fée du logis, l’accessoire de première bourre qui qualifie – ou disqualifie, c’est selon – et adoube : la photo officielle !
Grâce aux éditions Belfond, j’accède au panthéon du portrait d’écrivain : l’agence Opale.

Mettons les choses au point. Avant de prendre rendez-vous avec le photographe Patrice Normand, je ne savais rien de la place que l’agence Opale occupe dans le monde du portrait. Je n’avais jamais eu l’idée de dépiauter les photos de ma bibliothèque, j’ignorais tout. J’étais une provinciale.

Mais ceci est à conjuguer au passé composé, après que j’ai eu rôdé mes bottes à lacets dans le métro parisien, nantie d’un plan et de tickets tous neufs, que j’ai eu visité la librairie Corti en compagnie de mon fidèle guide pour campagnarde errante, que j’ai eu déjeuné à la butte aux cailles, que j’ai eu fréquenté les bureaux de mes éditeurs – car oui, j’en ai plusieurs, ça fait plus chic –, mais par-dessus tout, après que j’ai eu droit à ma photo officielle !

Librairie José Corti - CP Gilles Bertin

 

Les jours importants – toutes les femmes en font l’expérience – les contrariétés abondent, parfois même elles pustulent. Des forces maléfiques vitupèrent, l’univers conspire. Ta robe, seyante jusque-là, te provoque en duel. Tes bas filent, ta chevelure crépite – à l’affut de matière première, surtout en cette période, EDF te propose un contrat. Ton nez brille davantage que ton intelligence. La paupière s’affaisse, la ride se creuse, le sourcil s’embroussaille, des objets non identifiés se coincent entre tes dents. C’est la débâcle, c’est Alésia. Tu tentes le Zen, la méditation transcendantale, la méthode Coué, puis tu cherches une barre à mine.
On sonne ! Impossible, tu n’es pas là. Deux hurlements et un évanouissement plus tard, tu ouvres.

Au premier coup d’œil, j’ai réalisé l’importance de la pantoufle de vair dont on serait bien avisé de garder une paire dans son sac. Je regrette de ne pouvoir illustrer ce billet avec le portrait du grand brun aux yeux de velours qui me souriait dans une débauche d’émail diamand. La fréquentation de mon site exploserait, d’atroces menaces de mort pleuvraient sur moi, tandis que la vente aux enchères de son numéro de portable assurerait mon avenir et celui de ma descendance. Ces manigances indignes d’un auteur sérieux m’étant désormais interdites, je me contenterai de vous diriger vers son travail. Car en plus, il a du talent. Ce qui prouve que le jour de la distribution, certains ont été mieux lotis que d’autres. Elles n’ont pas fini de soupirer, les plaintives Chimènes.

Je ne m’étendrai pas plus longtemps sur le sujet bien qu’il en vaille la peine. Il faut maintenant choisir entre la 4, la 6 et la 12. Si cela vous tente de me donner votre avis, suivez le lien vers l’agence opale, tapez mon nom dans le moteur de recherche par auteur. Un seul conseil et pour vous il est ferme et gratuit : évitez de ricaner.

Bon, bref. J’avais photo officielle.

…/…

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Migrations

Samedi 21 janvier 2012 | 49 commentaires

Dentelle des arbres - CP Frédérique Martin

Chiures de pluie sur la vitre.
La dentelle des arbres
brise le ciel gris.

Dans l’œil crépusculaire du chat,
les heures rongent
l’attente
d’une consolation
qui s’effrite,
tandis qu’au dehors
les oies cendrées écument en flèche
le bouillonnement des nuages
sous les gifles du vent.

Tu te détournes
un instant,
et voilà qu’il fait nuit.

Quelque part
Quelqu’un meurt
pendant que tu te désoles
de chercher le vivant.

Chercher le vivant - CP Frédérique Martin

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Passer

Samedi 31 décembre 2011 | 40 commentaires

 

Pour laisser derrière soi l’inéluctable
Pour garder devant soi le possible
Pour bâillonner la peur
Pour grandir
Parce que c’est nécessaire
Parce que c’est inévitable
Pour vivre jusqu’au bout
Pour mourir de joie
Pour être là et pas ailleurs
Parce que rien ne dure
Pour que rien ne dure
Pour accueillir et ouvrir
Pour embrasser
Pour offrir
Parce que je le veux
Parce que j’y crois
Parce que c’est ainsi
Parce que souffrir est sans objet
Pour apprendre qui on est et jusqu’où on ira
Pour savoir et ignorer
Pour arrondir l’angle
Pour avoir maille à revenir
Pour connaître la fierté
Pour éprouver son courage
Pour dormir ce soir
Pour se réveiller demain

Va, courons, tourbillonnez
Petite cantate légère
Petite danse avec soi-même
je nous souhaite d’empoigner
l’ardent,
le téméraire,
et le vif,
chaque jour dans cette nouvelle année.

CP : Frédérique Martin

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Ce temps

Vendredi 23 décembre 2011 | 44 commentaires

 

C’était un temps
où les femmes croyaient encore aux hommes
je ne renoncerai plus à toi
je reviendrai
n’étaient pas de vains mots.
Par amour,
les chasseurs devenaient guerriers
pour sauver des petites filles
qui étaient toutes un peu sorcières.
C’était un temps
où l’on n’avait que son courage ou sa lâcheté
pour entrer dans le territoire des morts,
où la parole était tatouage,
où les mains savaient apaiser la chair,
où les baisers se donnaient dans la gravité
sans jamais se reprendre.
C’était un temps
où l’on entretenait le feu
avec la certitude que les chemins s’arrêtent
              Au point précis du basculement des astres
              A l’intersection du ventricule
              Dans la forge sacrée du souffle
              Au temple noir des apocryphes.

Un temps
qui ne reconnaissait
ni l’enfant roi, ni la pucelle,
bien avant la prophétie de paille
qui unit l’âne et le bœuf,
et les honore dans le charnier
comme de pauvres dieux vivants.

…/…

L’imprécatrice – Extrait (recueil inédit)

Huile Maggy Masselter - Décembre 2009

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Paroles de bassinets.

Samedi 10 décembre 2011 | 29 commentaires

 

Urgences, 5h00, un dimanche.

- Vous êtes bien diabétique ?
- Ah… non.
- On vous a pas opérée du sein non plus ?
- Pas… que je… sache
- Bon, alors c’est pas la bonne chambre.

…/…

- Calmez-vous Madame, tout va bien.
- …j’étouffe… ne…peux plus…parler.
- Vos constantes sont bonnes, c’est le stress.
- Atarax… lexomil…
- Je sais que vous ne me croyez pas, mais tout va bien. La sat est au maximum.
- Mais…si…j’arrête…de… respirer ?
- La respiration est un acte réflexe, on n’arrête pas de respirer.
- Et…quand…on…meurt.
Agacé :
- Bon, je reviens, arrêtez de vous en faire.

…/…

Le Cardiologue :
- Mais vous n’avez pas de la ventoline ! Prenez de la ventoline, bon sang !
- Je n’en…ai pas.
- Alors mettez vous sous oxygène au lieu d’étouffer comme ça !
- On…ne m’a rien…montré…ne sais…pas faire.
- Je vais vous y mettre moi !
Puis se ravisant :
- Je vais chercher une infirmière. Je reviens
- Faites…donc…ça.

…/…

- Je crois que…je… vais crever…est-ce…que…quelqu’un…va m’entendre…
- Chuuuut. Calme-toi.

…/…

L’infirmier :
- Je vais vous faire mal, je vous avertis. C’est une piqûre dans l’artère. Mais vous ne devez pas bouger.
- Au point…où j’en…suis…dans quelques…heures…je ne…devrais plus bou…ger du…tout.
- Ça va ?
- …oui
Il prend un air pénétré, main de consolation dans le dos :
- Non, ça ne va pas, je le vois. On va bien s’occuper de vous, ne vous inquiétez pas.
- Oui…mais…quand ?
- Bientôt.

…/…

La pneumologue :
- On va faire un angio scan, avec injection d’iode.
- C’est… dangereux ?
- Tout est dangereux madame. Vous prenez votre voiture et vous pouvez mourir dans un accident. Alors oui, les fonctions rénales, l’œdème de Quinck, etc. Mais je juge que c’est nécessaire pour éliminer l’embolie pulmonaire, qui elle, est mortelle. Voilà.
- C’est…le …seul moyen ?
- Venez là que je vous pique.
- Ah bon… tant…que…ça.

…/…

Dans le couloir, une vieille gémit . L’infirmière appelle un médecin :
- C’est la chambre 36, elle a des palpitations.
- Qu’est ce que vous avez Madame ? dit le médecin de sa grosse voix qui soigne
- J’ai des palpitations, c’est mon cœur.
- Et alors ! lui reproche le docteur.
- Et alors, je le fais pas exprès.

…/…

Dans la chambre 38 :
- Dites, vous mettez de l’homéoplasmine dans votre nez, c’est pas conseillé.
- Mais l’oxygène me brûle à force.
- Oui, ben là, gras et oxygène, ça risque d’exploser. Remarquez, il sera bien débouché comme ça, votre nez.

…/…

Le docteur : Ah ben merde alors, qu’est ce qui s’est passé ?
Le Monsieur : Qu’est ce qu’il y a ?
Le docteur : Je ne comprends pas, les constantes étaient bonnes, la sat au maximum . Vous lui avez donné un atarax ?
L’infirmière : Oui et même un lexomil.
Le docteur : Bon, alors le stress était bien géré !
Le Monsieur : Ma femme exagère. Il faut toujours qu’elle s’énerve.
Le docteur : Oui, mais là quand même. Elle est morte.
L’infirmière : Désolée, Monsieur.
Le docteur : Pourtant on a fait le maximum. C’est vrai que quinze heures, c’est long.
L’infirmière : J’avais dit de ne pas la sortir en brancard les pieds devant, ça porte malheur.
Le Monsieur : C’est plus fort qu’elle, ma femme veut toujours avoir le dernier mot.
Le docteur : Bon alors, heure du dernier mot … Nan, je plaisante.

Urgences, 20H00, un lundi. Rideau.

FAUDRAIT PAS TROP ME BASSINER

Et ça, c’est pour ceux qui veulent qu’on se calme, qui disent “t’exagères”, qui pensent qu’on peut crever en silence, qui ne se sont empoignés avec rien, qui ne te tendront pas la main, qui dorment les yeux ouverts, qui trouvent inepte ce qu’ils ne comprennent pas, qui chient d’orgueil, qui puent la honte, qui vivent comme des lâches, qui te laisseront mourir comme un chien.

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L’attendre.

Lundi 14 novembre 2011 | 45 commentaires

 

Elle scrutait la rue à travers la vitrine, bouche entrouverte. Une mèche bouclait derrière son oreille et venait se lover dans son cou, dérobant les palpitations bleutées d’une veine. Elle passa la langue sur ses lèvres et soupira. Elle agita sa cuillère dans la tasse vide, décroisa ses jambes, étira sa cheville. Sa jupe en voile se releva dans ce mouvement, laissant apparaître un grain de beauté à la naissance du genou. Des hommes passaient sur le trottoir d’en face, aucun n’était le bon.

Il cherchait en vain le courage de se lever et de s’asseoir en face d’elle. Lui prendre la main et lui sourire. Il aurait fallu qu’elle le comprenne sans un mot. Il voulait renifler l’odeur qui se nichait sous son petit pull court, goûter la délicatesse de sa peau à cet endroit où elle file sous l’aisselle. Immobile, les yeux baissés sur ses ongles rouges, elle semblait respirer à peine, ses cils arc boutés au-dessus de ses joues. Par intermittence, elle faisait tourner une bague autour de son doigt.

En relevant ses manches, elle découvrit ses poignets graciles et osseux. Que dirait-elle s’il les saisissait pour les ramener dans son dos et l’immobiliser ? Que dirait-elle s’il la serrait avec fureur, avant de mordiller son oreille et d’y insinuer sa langue ? Il sentirait ses formes imbriquées dans les siennes. Il encerclerait sa nuque de sa main libre et l’embrasserait, la boirait, la renverserait sous ses envies. Elle tourna la tête dans sa direction, les traits bouleversés par un sourire.

Il n’y répondit pas, visage fermé. Il n’eut pas besoin de se retourner pour vérifier qu’un homme était entré. Grand, décontracté, il fourrageait dans ses cheveux blonds pour s’excuser de son retard, un casque de moto pendu à son bras. Il n’eut pas envie de le voir se pencher pour déposer un léger baiser sur sa bouche qu’elle tendait déjà, offerte par ce geste à celui qui l’avait fait attendre. Il serra les dents en espérant que ça passe.

Il se leva, paya en jetant quelques pièces sur la table. En passant près d’eux, il eut un dernier regard pour son décolleté, dans lequel un autre que lui glisserait bientôt ses doigts, pendant qu’elle disait : ça ne fait rien, je t’assure. Leurs mains étaient jointes par-dessus la tasse. Avant d’ouvrir la porte, il observa son reflet d’homme maigre serré dans un blouson étroit, ses yeux plus tristes que celui d’un chien au moment de crever. Puis il sortit et se laissa engloutir sans résistance.

…/…

 

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Pauvre et bien malade

Mercredi 26 octobre 2011 | 33 commentaires

 

Jusqu’à récemment, le pauvre poubellisait peinard, quand on a décidé de le taxer pour son bien et celui de la collectivité – 38 euros chaque fois qu’on le surprendra la main dans le bac à ordures, en train de composter avec ses dents. Le haro général aurait pu jeter l’opprobre et en faire douter plus d’un. Mais fort heureusement, il s’avère qu’on avait doublement raison. Non seulement le gueux passe outre les conseils avisés …

… mais il trouve encore le moyen de tomber malade et d’épuiser dame Sécurité Sociale.

En bon vif-argent, L’assemblée nationale députe :

- Le pauvre est souffreteux, le pauvre est maladif ? Réduisons ses indemnités journalières ! Il se retiendra.
- C’est insuffisant, le pauvre est sournois, il est même vicieux. Souvent il fume !
- On l’éteindra !
- C’est parce qu’il ne sait pas lire. Ou alors il s’en fout. Honte à lui et plutôt deux fois qu’une. Tournée générale, on augmente le tabac.
- Bien qu’on le prive de travail, qu’on le pousse à la rue, qu’on lui interdise la caravane, qu’on éloigne le bord de mer et qu’on lui fasse sentir le sapin, le pauvre s’entête, le pauvre s’accroche. Il prétend même devenir vieux. Quelle outrecuidance ! Il gagne trop, c’est là ou le débat blesse. Qu’on le cerne avec les impôts, qu’on l’accule dans un coin…
- Attention à ce que vous dites !
- … qu’on l’assomme, qu’on réchauffe la serre pour qu’il sue, qu’on le prive d’eau et qu’on lui présente la note !
- Excellentes suggestions. Autre chose ?
- Réintroduisons la peste bubonique !
- Adopté. Mais encore ?
- On pourrait éradiquer ses petits durant les heures de cours.
- Vous ronflez ou quoi pendant les réunions ? Il y a quelques décennies que le plan fonctionne. Soyez neuf, inventif en un mot : pharmacologue ! Ne suis-je entouré que de vieilles badernes ?
- Moi, j’ai bien une idée…
- Allez-y, Tonnerre de Paris-Brest, pendant que vous ergotez, ils se reproduisent.
- Interdisons le pauvre.
- ???
 - On le reconduit à la frontière, on l’expédie dans les pays du même nom et nous voilà peinards.
- Pardon, mais qui va-t-on taxer ? Qui va faire notre ménage ? Qui va turbiner dans nos usines ? Vous  Monsieur le Député ?
- Autant pour moi.
- Relevons la séance, le débat suivra peut-être. Bref, pour le communiqué de presse, c’est Christine qui s’y colle, ça sera plus crédible.
- Ah bon ?!
- Oui et tu diras : « Nous avons le souci de la justice sociale, croyez-nous ».
- Ah bon !? Si vous le dites, Monsieur le Président.
- Je l’affirme. Passons aux handicapés.
- Justement, à propos des femmes… ?
- Pas le temps.
- C’est quoi un handicapé ?
- C’est un pauvre auquel il manque un truc.
- Ah, mais toujours à se plaindre !

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Ateliers d’écriture à Rodez

Mercredi 19 octobre 2011 | 14 commentaires

 

Je débute aujourd’hui les ateliers d’écriture pour le Crous de Toulouse en direction des étudiants qui résident dans la cité universitaire de Toulouse Rangueil. J’en profite pour partager avec vous une petite partie de la lecture tissée que j’ai montée pour le Lycée Monteil de Rodez, à la demande du Professeur de Français, Carine Alary.

A l’origine de ce projet, la Mission départementale de la culture, organisme associé au Conseil Général de l’Aveyron et représenté par Isabelle Hochart et Aude Petit-Bousquet. La mission départementale initie des projets artistiques et culturels sur l’ensemble du territoire. Sensible au développement de la littérature contemporaine dans le département, le service du livre et de la lecture propose depuis 2009 un cycle de rendez-vous littéraires intitulé : Univers d’auteurs. En 2011, l’auteur invité était Pascal Dessaint.

Le projet consistait à faire écrire des micro-fictions à une classe de première Bac Pro maintenance des équipements industriels – soit 19 gaillards plus coutumiers des terrains de sports et des virées entre potes que de la page blanche – sur les thèmes chers à Pascal Dessaint : le polar, le social et l’écologie. A l’issue des ateliers,  une lecture tissée d’extraits des textes a été donnée par 12 des participants, accompagnés à la guitare par l’un deux – Jason – que je félicite encore une fois pour ses improvisations.

Je profite de l’occasion pour remercier Carine Alary et le Lycée de Monteil de leur accueil et de leur implication. Sans oublier Aude Petit-Bousquet et Isabelle Hochart. Mais je salue surtout mes 19 partenaires dans ce travail, pour leur enthousiasme, leur joie de vivre et la formidable énergie qu’ils ont mise au service de cette rencontre. Pour les mots qu’ils ont bien voulu me donner et pour ceux qu’ils ont accepté d’écrire  :  Anthony, El Anziz, Florian, Jules, Hugo, Guillaume, Jason, Jonathan, Jordan, les deux Julien, Les deux Maxime, Louis, Mickaël, Pierre, Steven, Vincent et Youssouf.

Nous partîmes dix-neuf,
mais par un prompt effort,
nous étions encore douze,
en arrivant au port.

Milady et ses douze mousquetaires

Lecture musicale tissée du 12 mai 2011 (extrait) :

Mourir fait partie de la vie, Madame.

Il y en a marre d’employer des mots qu’on ne comprend pas. On n’existe plus, on n’est plus rien.

Il y en a marre de la guerre, de la vie chère, des inégalités dans le monde. Tout le monde le dit, mais il n’y a rien qui change. C’est pas normal.

J’ai peur, la pire des choses, c’est d’en parler. Je fais que rêver de ça.

Tu te laves le soir et demain tu te salis. A quoi ça sert ? A rien. Qu’est ce qu’on pourrait changer, c’est comme ça.

Mourir n’est peut-être pas la pire des choses ? Je sais pas, j’ai pas essayé. Mourir, c’est la pire des choses quand on est vivants. Il y en a marre, et pourtant…

Je voudrais tout à moi. Je partagerais mes richesses avec mes potes. La gentillesse, quoi. Il y a tant à dire. Et si tout le monde apprenait à comprendre les autres ? On instaurerait la confiance. La gentillesse, quoi.

La main dans le sac,
pour une poignée de riz, pour un fruit.
Jack forever.
La vague et les terres dures,
Calme plat – Avis de tempête.
L’entrave s’enchaîne
Dans le jeu d’une devise :
Carton rouge, hors jeu !
Le tueur légal met dans le mille.
Pas à pas, vivre ou mourir,
cela ne dépend que de vous.

L’intégralité de la lecture se trouve ICI.

Article La Dépêche du 13 mai 2011.

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Veiller le jour

Jeudi 6 octobre 2011 | 34 commentaires

 

Pour fêter le mois d’octobre comme il se doit, j’ai le privilège de recevoir Francesco Pittau pour un nouveau vase communicant, pendant que j’irai m’exposer chez lui comme une inconsciente.

 

D’un doigt mouillé de vin
Gris elle avait sur
La table tracé
Des cercles éclatés des
Oves hésitantes et
Des hachures figurant
Le gribouillis de ses nerfs

Elle mâchonnait une
Mélopée qui battait bat-
Tait comme un cœur
Tandis que son regard
Se figeait
Sur le frémissement de l’ombre
D’une feuille sur le mur
Se figeait sur le reflet
Du soleil dans le verre
Se brûlait aux taches
De la nappe claire

Un seul mot s’ex-
Tirpait de sa chair “dormir”
Mais le sommeil la dé-
Laissait sur le seuil
De sa chambre statue
De plâtre traversée de
Sanglots
Debout sans fin vacillant
Sur son socle

“Dormir dormir dormir”
Elle appelait la nuit
Réclamait la nuit
L’exhortait à poser
Son poids sur ses paupières
Sur son corps
Sur ses membres tremblants
Sur le trou qui s’ouvre
De plus en plus en
Elle

 

Francesco Pittau

 

Les vases du mois d’octobre 2011  :

Naomi Fontaine  et François Bon
Martine Sonnet  et Cécile Portier
Guillaume Vissac  et Benoît Vincent  
Anne Savelli  et Christopher Sélac
Danielle Masson  et Justine Neubach
Jeanne et http://www.lasuitesouspeu.net
Camille Philibert-Rossignol  et Christophe Sanchez
Elise  et Ana NB 
Flo H.et Franck Queyraud 
Radio Marelle et Starsky 
Pierre Ménard  et Jacques Bon 
Candice Nguyen  et Daniel Bourrion 
Juliette Mezenc  et Nicolas Bleusher 
Isabelle Pariente-Butterlin  et Laurent Margantin 
Mahigan Lepage et François Bonneau 
l’autre je et G Balland 
Christine Jeanney  et Maryse Hache 
Christine Zottele  et Xavier Fisselier 
Marie-Anne Paveau  et Jérôme Denis de Scriptopolis 
Marlene Teyssedou Tissot et Vincent 
Christine Leininger  et Anne-Charlotte 
Frédérique Martin  et Francesco Pittau
Mu LM et Perrine Le Querrec
Pierre Chantelois  et Brigitte Célérier

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Il paraît que c’est l’Automne

Dimanche 25 septembre 2011 | 28 commentaires

CP Frédérique Martin

Il parait que c’est l’automne. Hier j’ai brûlé des monceaux de feuilles, l’air était doux, le chaton se jetait dans le tas craquant pour se donner des frayeurs sans lendemain de petit animal protégé. Fenêtres ouvertes, j’ai cuisiné des légumes que je conserve pour cet hiver, un jour où la lumière sera si pâle que je me mettrai à douter de l’été. Il restait quelques pommes et du melon qui se sont transformés en compotes pour quelqu’un qui les aime et les attend, quelqu’un que je ne voudrais pas décevoir. Le silence s’est collé à moi comme un amant furieux, je l’ai accueilli comme il se doit.

Alors c’est vraiment l’automne. La saison de l’abondance et de la maturité. Celle du pourrissement et de l’abandon aussi. Une saison doucereuse pour mieux faire passer son amertume, qui pratique l’alternance climatique et le soubresaut charnel. Il fait encore chaud par moment, mais la peau ne réagit plus de la même manière, elle n’est pas dupe. Quelque chose trouve sa fin sans que rien ne soit vraiment achevé.

Beaucoup de travail dans cet automne qui m’invite à la lenteur. Comment éterniser les heures, comment ralentir cette précipitation qui vient sur moi et menace de m’engloutir ? Lire, marcher, écouter de la musique et regarder voler les derniers frelons, avant de se mettre inexorablement en route.

On me trouvera donc ce mercredi 28 septembre à la librairie Privat où je viendrai rencontrer le public autour du livre  En quête de Job. Les acteurs de cette lutte seront là aussi, les fidèles toujours présents. Nous nous retrouverons lors de l’inauguration du bâtiment Amiral Job, le 1er octobre, aux sept deniers à Toulouse. Vous êtes tous conviés à cette grande journée de fête et de partage dont je vous livre le programme. Et nous clôturerons ce cycle le 7 octobre à 18H00 chez les frères Floury, lors d’un débat animé par Pierre Estournel. Si vous ne connaissez pas cette excellente librairie, rue de la colombette, c’est l’occasion d’y remédier. Ce jour-là est aussi celui où Francesco Pittau m’a invitée à vasecommuniquer poétiquement avec lui. Je m’y prépare comme pour un premier bal.

J’enchainerai sur la mise en place d’ateliers d’écriture pour le Crous de Toulouse . Je présenterai ce projet en débutant par une lecture musicale de  Femme vacante  en compagnie de mon éternel complice Christophe Haunold, le 10 octobre à 20h00 à la cafétéria de la cité universitaire de Rangueil.
Un autre atelier se prépare pour le collège de la ville de Balma, en collaboration avec l’auteur Rachel Corenblit. Une classe nous suivra à partir de décembre sur nos délires d’Itinérances.

Salon Vivons livre, les 5 et 6 novembre 2011, avec une lecture du  Fils Prodigue.
Le 19 novembre, le comédien et metteur en scène Francis Azéma lira Le fils prodigue  et A tes souhaits lors de la première soirée du cycle Les bouches pleines, au Théâtre du Pavé. L’émotion sera au rendez-vous – pour moi c’est certain.
Fin novembre, je suis invitée par la ville de Pau. Je donnerai la lecture musicale de Femme vacante durant le salon. Mais c’est loin déjà, nous en reparlerons.

Voilà, c’est l’automne et il est riche. Le chaton grandira vite, désormais. Les feuilles continueront de tomber. Les roses se fanent. J’irai porter ses compotes à celui qui est heureux de me voir. Dans la voiture, j’écouterai Adèle en répétant que rien n’est plus important qu’être là, dans cet automne languissant, en route vers ce qu’on ne saurait nommer, vers quelqu’un qui veut bien m’attendre.

J’ai marché de la même façon que d’habitude
En ratant les fissures dans le trottoir
En me pavanant
“Puis-je faire quelque chose pour toi ?
Veux-tu que j’appelle quelqu’un ?”
“Non merci, Madame.
Je ne suis pas perdue, j’erre, c’est tout”

(Hometown Glory – Adèle)

 

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