Un roman de l’écrivain allemand Charlotte Roche, Parties humides, débarque sur notre territoire en grande pompe. L’histoire d’une jeune fille qui s’ennuie à l’hôpital et se fourre le doigt et l’œil dans tous les orifices, ce qui limite les visites possibles quand on y pense. Il y est question d’hémorroïdes, de lunettes malpropres, de minettes et autres synonymes félins du même acabit, de poils, de taches et de propositions hautement ragoûtantes.

En grand éclairé de notre temps et même, on va le voir, du temps passé, on interroge le philosophe avant-gardiste Frédéric Beigbeder. A la pointe aiguë de la lutte contre – en vrac – la mondialisation, la surconsommation, les vilains riches et les pauvres pauvres, il accepte de partager la pensée profonde issue de cette lecture et qu’il ne peut plus garder par-devers lui. Il commence par évoquer les grands de ce monde : notre patron bien-aimé, le pape et madame Merkel. Car il sait, ce héraut national, qu’il ne faut pas oublier les femmes, surtout par les temps qui courent. Nul ne l’ignore, à elles toutes, elles sont l’égale de l’homme, mais elles sont aussi fâcheusement susceptibles et rancunières.

Feignant de s’interroger, Frédéric Beigbeder secoue ses boucles brunes loréalisées avant d’instruire le téléspectateur délicat. Ce dernier le trouvera peut-être puéril et provocateur, mais pour remettre Benoît, Angela et Nicolas à leur place, il a sa méthode… il les imagine en train de faire.
Rappelons au passage la première phrase du Traité du style d’Aragon : Faire, en français, signifie chier.

Précis de Météorologie

Précis de Météorologie

Ma grand-mère utilisait déjà cette méthode et la tenait d’une trisaïeule qui en avait elle-même hérité d’on ne sait quel cousin des cavernes. Elle va de paire avec le bicarbonate de soude, le bon sens et la fenêtre, vieille invention qui permet de prédire la pluie et le beau temps.

Il y a des pensées céphalo-rectaliennes, c’est ce qui arrive habituellement à ceux qui méditent sur le trône. Autrefois on en riait en lisant l’almanach Vermot. Désormais on en tartine les romans et on donne des conférences. Ma grand-mère en aurait tiré un proverbe : Pleure, tu pisseras moins !

6 Responses to Le Dieu des grands-mères
  1. Je rejoins votre grand-mère, Frédérique, et j’ajoute non sans urgence :  » Pisse and love. « 

  2. J’ai acheté et lu aux deux tiers (pas pu pénétrer plus profond dans l’intimité de l’héroïne de Charlotte Roche) Parties humides sans savoir qu’il était beigbederisé. Ca ressemble aux emballages de Christo. Une surcouche dont les deux parties (si je puis dire s’agissant de Parties humides) tirent parti. Frédérique, auras-tu un jour l’honneur d’être commentée par Frédéric ?

    • Après cet article, je crains que ce ne soit plus possible… Hélas, trois fois Hélas. Ma grand-mère se retourne dans sa tombe, ou Christophe ayant pris place on commence à être à l’étroit.

  3. […] comme de leur bonne foi. ” Quand on aime, on ne compte pas !” tonitrue-t-elle. Nos grands-mères – hautes personnifications de la morale – ne reculaient devant aucun lieu commun et tenaient de […]

  4. Ma grand mère en avait une que j’utilise souvent : « Vaux mieux entendre ca que d’être sourde ! « 


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