La première fois
Jeudi 29 octobre 2009La première fois, qu’est ce que c’est ?
Une nouvelle rencontre, une expérience inédite, la minute qui se présente, un souvenir indélébile ? Zoridaé m’a taguée à ce sujet, c’est la première fois que je suis taguée ! N’allez pas en conclure qu’elle m’a couvert le corps de peinture phosphorescente. Non, le tag ici consiste à demander à quelqu’un d’écrire sur un thème précis, en ce qui me concerne, raconter ma première fois ! Il y a des moments dans la vie qui doivent rester secrets et cette première fois à laquelle on pense immédiatement en fait partie. Point de jambes en l’air, donc, surtout les miennes ou celle d’un (très) lointain partenaire que je me refuse d’affliger avec des histoires d’amours mortes, qui se ramassent comme les feuilles du même nom : à la pelle (ou au rateau, c’est selon).
Non, parmi mes (très) nombreuses premières fois, j’ai décidé de raconter comment j’ai été follarisée ! D’autant que, la vie étant bien faite parfois, cette expérience et la demande de Zoridaé ont été concomitantes.
Eh oui, fol-la-ri-sée, ce n’est pas donné à tout le monde. Cela s’est passé dans un grenier, j’étais consentante, elle aussi. Il nous a fallu deux heures avant d’en venir à bout. Cent vingt minutes tantriques, immobile ou tout comme, c’est un exploit ! Sandrine Follère, peintre et sculpteur s’est lancée dans une entreprise pharaonique, exécuter 365 portraits pour une série intitulée Les Gens. Ceux qui suivent ce carnet savent que c’est mon dada, les gens, je ne pouvais passer à côté d’une telle invitation.
Et ça commence par un malentendu. Elle m’indique de tourner à droite, par pure incapacité je prends à gauche. J’erre, je tourne, l’heure passe, je vais être en retard. Téléphone. Récupération. Deux étages et enfin, le palier où je suis attendue. Sandrine Follère braque ses prunelles missiles à tête chercheuse jusqu’au fond de mes yeux tout en me broyant allègrement la main. La dame sculpte, ne l’oublions pas.
Sans plus attendre, nous nous installons l’une en face de l’autre. Elle choisit ses couleurs, une page blanche et me scrute intensément. Commence alors un étrange ballet des mains et des yeux de l’artiste. Je ne vois rien de ce qui est en train de naître, je ne dois pas bouger, mais nous parlons à bâtons rompus deux heures durant.
Comme souvent, le temps s’étire et se contracte tout à la fois. Physiquement, je sens nos antennes respectives qui s’effleurent, s’affleurent, se dévisagent. Une belle illustration de ce que j’appelle la conversation sous la conversation, cet échange non verbal qui vient parfois renforcer, mais souvent dénoncer, ce que les paroles veulent donner à entendre et l’image que l’on tente de polir, surtout lors d’une première rencontre.
Il faut croire que nous nous sommes trouvées satisfaites réciproquement de cette exploration, car au terme de la séance, Sandrine me montre la série en cours et d’autres sur lesquelles elle travaille. Les minutes filent en ligne droite, les mots se bousculent, une autre séance est prévue, une femme se présente déjà sur le palier. Je repars, saturée de sensations, dopée par l’énergie qui se dégage de l’artiste et de ses projets. Sandrine Follère est une tornade, un feu follet, une ardente. L’eau tiède, elle ne connaît pas ou alors pour la mettre à bouillir.
J’ai pu me faire une idée de ce que cette exposition donnera. Elle sera spectaculaire. Sa démarche, le peintre s’en explique sur son site :
(…) Elle parle de quoi cette série ? Des fiches sur le net, des photos…de la virtualité à la réalité? Qu’est-ce qui fait sens quand une personne est réduite à une fiche, une image ? Que raconte-t-elle ? Que donne-t-elle ? Que se passe-t-il lors du passage au réel ? Le temps d’un portrait, d’un échange ? On ne se connait pas, aucune référence visuelle, émotionnelle, sociale, professionnelle ou amicale… juste un instantané, un moment, deux heures de pose. 365 jours et un portrait par jour… un temps pour raconter. Qui observe qui ? (…)
Mon portrait était le 162ème de la série. D’ici la fin de l’année, elle veut en avoir terminé. Sandrine Follère ne traîne pas. La 163ème est déjà passée et d’autres depuis, mais il reste encore des peintures à réaliser pour celles et ceux qui veulent en être. Ça se passe à Toulouse, tous les détails sont sur le site. Quant à moi, je suis à ma place, quelque part au milieu des gens, dans la très grande famille de l’Homme. Et c’est très bien comme ça.


octobre 29th, 2009 at 12:47
Moi qui travaille sur le thème de la “fin” depuis un moment !
octobre 29th, 2009 at 1:35
:0) Tu le sens, Gilles, ce petit vent de renouveau ?
octobre 29th, 2009 at 3:24
Grâce à toi, en visitant le site de Sandrine j’ai trouvé ça:
http://floetmimolette.blogspot.com/
cette personne est d’une générosité sans bornes dans sa cuisine… à découvrir ou à connaître si ce n’est déjà fait!
Toulouse m’a l’air de receler de sacrés talents!
octobre 29th, 2009 at 3:40
Quel projet fabuleux ! En prime, on a toute l’intensité de la rencontre de deux logorhées, dirait-on ?
octobre 29th, 2009 at 3:43
@ Luc : Grand merci, ce blog est formidable et j’ai bien l’intention d’essayer les recettes qui donnent vraiment envie. Toulouse, c’est super, non ? Il faudra que tu viennes y faire un tour.
@ Arf : Ah ah ah !
octobre 29th, 2009 at 4:03
J’avais lu Myriam L (Mamzelle Luna) sur le sujet. Intéressant. Je me suis proposée pour être un “gens”. A suivre
octobre 29th, 2009 at 4:16
Alors Zoé, en toute logique, on devrait se voir au vernissage :0)
octobre 29th, 2009 at 5:46
@Frédérique M.: chiche!…
octobre 29th, 2009 at 5:59
@ Luc : Pois ! (C’est à cause de toutes ces recettes…)
octobre 29th, 2009 at 7:01
Frédaime si t’arrive à faire venir Luc à Toulouse, ce sera vraiment génial !
octobre 29th, 2009 at 7:02
Capon, au fait, bien sûr
)
octobre 29th, 2009 at 7:47
Très beau contrepied
octobre 29th, 2009 at 8:44
j’aime beaucoup l’idée des gens, et celle de sandrine follère aussi.
octobre 29th, 2009 at 8:45
Mais où sont donc passés mes petits? Anne, Depluloin, Jehanne, répondez-moi!
octobre 29th, 2009 at 9:25
@ Ah tu vois Babeth, tous tes nouveaux enfants sont rien que des ingrats.
@ Anna : et on fera une fiesta tous les trois (capon ? Quésaco ?)
@ Enfantissages : N’est ce pas ?
@ Abs : Dommage que vous ne soyez pas sur Toulouse.
octobre 29th, 2009 at 10:22
Merci Frédérique! Du moment vécu, de partage, du fait que tu ne m’en veuilles pas de t’avoir broyé la main, de ton texte tout simplement…à bientôt!
octobre 29th, 2009 at 11:39
çà donne l’eau à la bouche cette expo …
octobre 30th, 2009 at 12:30
Je suis là depuis ce matin mais personne ne me remarque tant je me fais petit.
@ Babeth : Bonjour m’man!
octobre 30th, 2009 at 7:03
@Anna dS. et Frédrique M.:…”Tapon” petite, pas “capon”.
octobre 30th, 2009 at 7:37
Les Chiche Capon, des Disparus de st Agil
)
)
Babeth, vous me faites penser à Sido, la mère de Colette, quand elle s’écriait :” mais où sont les enfants ?”
octobre 30th, 2009 at 12:42
De rien Sandrine, j’espère que foule accoura pour te soutenir dans ce projet. Ma main je l’ai faite couper, ça ne sert à rien une main de toute façon et puis j’en ai deux :0)
octobre 30th, 2009 at 12:42
@ Kouki : N’est ce pas ?
octobre 30th, 2009 at 12:43
Depluloin… DEPLULOIN !
octobre 30th, 2009 at 12:44
@ Anna et Luc : on vous aime malgré votre langage codé de jumeaux séparés à la naissance.
octobre 30th, 2009 at 1:06
Il est sorti avant moi, c’est l’ainé, cet espèce de vieux ! (private joke en cross over de comm’ sur son blog)
octobre 30th, 2009 at 3:56
On m’appelle?
(La plupart du temps, je reste pétrifié devant ces yeux qui me fixent de sous la pierre en première page. Manque plus que les fleurs et les couronnes… )
octobre 30th, 2009 at 5:19
@ Anna : Je te laisse régler ça en duel, à l’aube, derrière le champs de mines.
@ Depluloin, qu’est ce que vous racontez ? Les yeux des gens qui sont ici sont tous sympas , je n’accepte aucun psychopathes. Et puis essuyez la buée de vos lunettes, ce n’est pas de la pierre, c’est l’écorce d’un arbre de mon jardin. Je l’ai dit, les gens c’est mon dada, c’est pour ça qu’ils sont tous à nous regarder.
octobre 30th, 2009 at 5:39
Coucou mes petits! Je n’ai pas le temps mais je garde un oeil sur vous!!!!!
octobre 30th, 2009 at 7:39
ANNA DE SANDRE!!! Je vous défie au prochain concours de mangeurs de cassoulet!! (Mais comment avez-vous pu vous glisser entre deux… je vois.
FRÉDÉRIQUE MARTIN!!! Mais ils ont beau être sympas, ils me regardent quand même. (Et si je ne suis pas intervenu plus tôt, c’est pour éviter mes bêtises sur cette “première fois” très très décevante, je ne vous le cache pas!)
octobre 30th, 2009 at 8:59
Vous m’avez donné une idée.
Je vais lancer un truc sur “la dernière fois”.
octobre 30th, 2009 at 10:25
@Luc : mouarf ! celle du tapon, je ne l’avais pas entendue depuis trente ans au moins
)
(Héron, petit…)
octobre 30th, 2009 at 10:41
@ Depluloin : Vous parlez de la vôtre j’espère ! Sinon ça va fumer :0) (eh oui, je suis comme ça, moi, pas de contradicteur sur ce carnet, j’ai le droit). :0)
@Christophe : Gibibi est déjà sur le coup. A vous deux, vous pouvez créer une communauté…
octobre 31st, 2009 at 12:36
Je savais bien que c’était une secte!!
Mais “la dernière fois”, vue ma mémoire, je veux bien y participer. Je crois avoir conservé mes notes dans une vieille malle dans le grenier que j’ai perdu et dont la toiture, de même que les ardoises… tout ceci est si loin… je me souviens d’une femme .. c’est comment déjà une femme, la femme… je veux dire en quoi… c’était quand? Ah… quel est le sujet? Je reviens.
octobre 31st, 2009 at 1:50
@ Gibibi et Depluloin : Et de trois !
octobre 31st, 2009 at 6:57
@Borhen : la dernière fois que j’ai vu mes clefs elles étaient sur le guéridon dans l’entrée, bordel ! je sais c’que j’dis quand même ! donc c’est toi qui les as ! Ben cherche au lieu d’me r’garder avec tes yeux d’merlan frit !
(et voilà, mon texte sur le sujet est écrit, pouf pouf !)
@Depluloin : je vous déclare vainqueur en “mangeage” de cassoulet
(je n’aime pas le cassoulet)
octobre 31st, 2009 at 10:35
@ Borhen, Gibibi, Depluloin, Anna de Sandre. C’est officiellement un concours !
octobre 31st, 2009 at 12:12
@ Borhen : Pour la dernière fois, j’ai pris de l’avance, tralalalère !
octobre 31st, 2009 at 12:14
@Frédérique : j’avais eu vent d’autres concours dans le Sud-Ouest, où il faut rester debout le plus longtemps possible, même si l’on vacille…..
octobre 31st, 2009 at 12:15
N°6 : C’est la dernière fois que je le dis, Babeth range les enfants !
octobre 31st, 2009 at 12:18
@ Gibi n°5 : ? Je ne vois pas, non… vraiment, même en cherchant… tu ne colporterais pas de honteux ragots sur notre amour familial du
ratafia, jus de fruits, n’est ce pas ?octobre 31st, 2009 at 7:09
La dernière fois qu’on a mangé du cassoulet?
novembre 1st, 2009 at 9:20
La dernière fois qu’on a mangé du….cassoulet, c”était le …dernier vendredi de la dernière semaine d’octobre!!!!
novembre 1st, 2009 at 10:13
Pourquoi ne pas se tourner résolument vers l’avenir avec ce thème : La prochaine fois…
(La prochaine fois, je mettrai des gants. La prochaine fois je mettrai ma serviette autour du cou. La prochaine fois je mettrai une capote, etc…)
novembre 1st, 2009 at 11:01
@Anna de Sandre: trente ans! déjà si âgée?:o)
novembre 1st, 2009 at 11:20
@ Babeth : On devrait peut-être tenir un blog de cuisine. C’est déjà fait ? Ah bon….
@ Depluloin : j’espère bien !
@ Luc : Est-ce qu’Anna et toi communiquez de plusieurs façons, parce que là, franchement, on n’y comprend plus rien.
Allez, tournée générale, il y a des restes de cassoulet géant chez Babeth.
novembre 1st, 2009 at 11:43
Vos billets sont tellement forts, Frédérique, qu’ils vous font à l’aise la semaine! Je retiens la leçon. (Faut dire qu’i se passe pas grand chose à Castelnau-Magnoac…) Monsieur L……..c a raison finalement : il faut voyager. Je vais donc entreprendre un grand pélerinage à Siradan-les-bains (65) sur les lieux de mon enfance métropolitaine.Pourvu que le Paris-Luchon roule encore.
(Et je vois que vous hésitez encore sur la modération…)
novembre 1st, 2009 at 1:10
@ Merci Depluloin, c’est un joli compliment. Avez-vous lu “Martine prend le train” ? Un grand classique à lire sans modération :0)
novembre 1st, 2009 at 4:55
@Depluloin: faites gaffe! dans le (65) il y a peut être encore des hordes barbares et des peuplades non évangélisées qui mangent des enfants crus…
Bref revenez-nous vivant et entier.
novembre 1st, 2009 at 4:58
@Anna de Sandre: dis c’est où que tu l’as trouvée ta copine qui croit qu’on code tout alors qu’il n’y a que nous deux qui comprenons?…
Quoique…
novembre 1st, 2009 at 7:40
Frédérique? Vous savez ce qu’elle vous dit Martine?!!
@ L………..c : Vous avez raison : prudence… Déjà que j’ai du mal à passer la Seine.
novembre 1st, 2009 at 9:33
Oh, Depluloin… Tss, tss, petit joueur.
novembre 1st, 2009 at 11:03
En effet, chez nous dans le Sud-Ouest, on mange tout ce qui vit au-dessus de Bordeaux.
)
@Luc : où sont-ils à présent, mes trente ans ? (voix de Charles Aznavour)
Je te “cadette” de pas beaucoup
(Et je l’ai trouvée dans la salle des pas perdues, bien sûr)
novembre 2nd, 2009 at 12:30
Enfin une “première fois” pleine de grâce, racontée toute en finesse, j’ai beaucoup aimé vous lire. Une superbe idée, en ces temps de virtuel, de redonner de la place, de la chair, aux gens.
novembre 2nd, 2009 at 9:51
Bonjour lointaine et frileuse Prétronille. C’est un plaisir de recevoir ici une de nos concitoyennes, résidante du Canada (où les gens sont ébouriffés, matraqués par la pub, raides dingues de fromage liquide et de vin en canette, assaillis par les maragouins…). Vous ne nous écririez pas une première fois à la manière de Pétronille, par hasard ?
novembre 23rd, 2009 at 8:55
Et je ne suis même pas venue commenter !
Mille excuses Frédérique mais je suis prise dans mille choses et débordée…
J’avais déjà vue que tu avais pris un chemin de traverse… Je ne t’en veux pas tant il m’a charmé… Quelle belle idée, quel beau moment tu nous fais partager ! Merci. Je file voir le site du peintre !
novembre 23rd, 2009 at 9:53
Ah Zoridaé, c’est ça être star ! Ne t’inquiète pas, c’est la vie qui nous prend et c’est bon. Je viens chez toi trés discrètement moi-même, et il y aura des périodes où je serai moins présente pour cause de travail, de famille, d’amis et d’écriture.