Dans sa lettre d’information du mois de novembre 2010, le CRL Midi-Pyrénées mentionne entre autres articles, le manifeste du livre et de la lecture lancé à l’initiative de la Fédération interrégionale du même nom. Il y est notamment souligné que :

« Trente ans après les premières décentralisations, l’existence des politiques du livre et de la lecture publique de l’ensemble des collectivités est remise en question. Annoncer qu’on ne touchera pas au maintien de la compétence générale en matière culturelle sans donner les moyens de l’exercer, c’est porter un coup fatal à l’action culturelle sans en assumer la responsabilité. En effet : si les financements de l’action culturelle des collectivités ne sont pas garantis, si celles-ci sont contraintes de se cantonner à leurs compétences légales, le résultat sera le même : les politiques du livre se déliteront. »

 L’intégralité du manifeste peut se lire ici . Il appartient à chacun de décider s’il lui paraît important de le signer. On a pu constater – depuis le temps – que le sommet des pyramides est instable, peu fréquentable et qu’il vaut mieux soutenir la base.

En parlant de base,  on lira avec intérêt la réponse des auteurs BD au berger de l’édition, le SNE, qui s’inquiète de voir ses prérogatives mises en péril. Il y est question du droit numérique – on n’a pas fini d’en entendre parler. Mais au fait, à qui devrait-il revenir ce droit-là ? Je vous laisse deviner la réponse. Quoi qu’il en soit, les arguments avancés par les auteurs BD valent pour la plupart des auteurs et méritent donc d’être lus à défaut d’être pris en considération. On verra que les choses sont trés clairement dites. Un exemple :

Le SNE conclut sa Lettre ouverte : « Les éditeurs doivent garder le contrôle sur le prix de vente de leurs livres sous format numérique, comme ils l’ont aujourd’hui sur le format papier. » Certes, cela serait parfait si les éditeurs, lorsqu’ils fixent le prix de vente de nos ouvrages et la répartition des revenus, tenaient compte de notre droit légitime à vivre de notre travail. Aujourd’hui, les auteurs ne récupèrent que la portion congrue de leur travail. Appliquer à l’édition numérique les mêmes pourcentages qu’à l’édition papier revient à tuer la profession d’auteur de Bande Dessinée à plus ou moins court terme, selon l’essor de ce nouveau marché.

Un modèle de travail où rien n’est possible sans la cheville ouvrière mais où tout se décide en dehors d’elle, cela ne vous rappelle rien ? Ah, ces auteurs qui parlent d’argent, alors qu’ils ont l’Art ! On devrait les tuer à la naissance.

Enfin, on s’interrogera sur les raisons pour lesquelles le Sénat accepte l’idée d’un prix unique pour le livre numérique tandis que l’Assemblée nationale lui refuse la TVA à 5,5 %. Bon, alors, c’est un livre ou ce n’est pas un livre ?  Faudrait savoir.

Je reviens de chez mon boucher. Il a refusé tout net que je le paye en création, en pensées – même positives – ou en idées fumeuses. Il ne veut que des espèces sonnantes et trébuchantes. L’épicier, le poissonnier, le boulanger, le buraliste, et même le fleuron du service public – j’ai nommé l’inspecteur des impôts – sont de mèche avec lui. Il reste le proverbe serbe, ce qui prouve qu’on sera toujours sauvés par les mots : «Notre passé est sinistre, notre présent est invivable, heureusement que nous n’avons pas d’avenir.» « 

 Et j’ajoute : le n°6 de la revue tire-ligne est consultable en ligne

Auteur recyclé

31 Responses to Le coin des auteurs : pétitions et manifestes
  1. Hahahahaha !
    On n’est pas rendus, décidément.
    (J’adore le proverbe serbe, en outre. je le fais mien, tiens, hop.)

    • @ Sophie : Je te le dédicace, et comme tu es la seule à venir commenter, ce sera ta récompense. (Tu as vu ce nouveau filtre anti spam comme il est efficace ? Hop, plus personne ! On devrait le mettre sur les aspirateurs).

  2. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce proverbe…serbe! Je dirais plutôt: mon passé est bien, mon prèsent génial et j’ai tout mon avenir devant moi! Mais voilà! Il y a un hic! Je ne suis pas un auteur (ça me gène, ça me gène…) !

  3. @Frédérique: ton nouvel anti-spam à revoir! Pas mieux que mon ancien filet à papillons!

    • @ Babeth : Que le grand serbe me patafiole, on te croyait vendue à un émir ou esclave dans une mine de sel. Et voilà que tu réapparais, sans prévenir (ça me gêne, ça me gêne ^^^^^^). Mon anti-spam est troué.

  4. @Frédérique: j’ai pas mis ^^^^ car le soleil s’était caché! Hum hum! (c’est rien; c’est la portée de chatons qui fait des siennes)

  5. Toutes ces histoires me fatiguent. Je sens en plus une énorme foirade pour le coup. L’édition numérique est insatisfaisante pour les lecteurs et je crois que ça va se limiter aux journaux et aux essais (qui sont déjà pas une affaire pour leurs auteurs, vu que ça se vend pas et que c’est pillé depuis 10 ans— en même temps, les vrais essais sont de rares tentatives… « j’essaie d’agrémenter »).
    Pour pas avoir d’ennui, limiter la casse : ne pas signer les clauses concernant le numérique. Et pour le reste, attendre. Antoine Gallimard vient de faire une déclaration sur le sujet… nous verrons bien. On trouvera un accommodement si on veut que l’édition claque pas par manque d’auteurs. Les rééditions finissent par se démoder et par lasser. Donc, besoin d’auteurs.

    • @ Monch : Eh bien voilà, quand vous voulez ! Vous savez donner des conseils intéressants :0) Attendre, certes et voir venir. Vous savez cependant que nous ne sommes pas tous égaux en ce qui concerne les négociations de contrats. Heureuse de lire qu’on a besoin d’auteurs. Justement, j’en suis.
      Sinon, Monch, vos bougonnements se font trop rares. Faites gaffe, je pourrais me mettre à ronronner.

  6. On a besoin d’auteurs, mais en attendant, on les sous-paye copieusement et on leur sucre leurs droits dès qu’on peut. Et pendant ce temps-là, les cumulards de la téloche écrivent des merdes publiées par de grandes maisons.
    (Non, sérieux, moi aussi je suis fatiguée, parfois. J’ai envie de tout péter, même.)

  7. (Bon, allez Coca. Y’a que ça qui me calme en ce moment, avec les proverbes serbes.)
    :0)

  8. @Sophie K. Jamais dit le contraire. Je voulais dire qu’on se bat sur de l’hypothétique sans même avoir réglé d’autres vrais problèmes. Je connais des auteurs qui font des pieds et des mains pour avoir des droits archi-contrôlés sur les adaptations télévisuelles, théâtrales, etc, alors que leurs bouquins ont une chance infinitésimale d’être adaptés. Et pendant ce temps-là, il y a les décomptes des droits étrangers, les pourcentages effectifs, qui sont négligés. Donc, je dis que pour le numérique, faut pas se précipiter inutilement. C’est discuter sur du vent.

  9. @ Monch’ : oui, ne t’inquiète pas, je ne te contrais pas, en l’occurrence. Je ronchonnais, juste (ça fait du bien)… Mais je suis d’accord avec toi et Frédérique.

    @ Fredaime : non, coca pur. (Je suis une militante acharnée de la clarté, désormais, mouhahahahaha !)

    • @ Sophie: C’est beau d’entendre ça « je suis d’accord avec toi et Frédérique » :0) La clarté, en effet, la lucidité s’accordent mal avec le coca à rallonges et autres joyeusetés. Parfois, on a quand même le droit de faire une pause.

  10. J’aimerais bien savoir depuis quand un auteur gagne sa vie avec ses livres? Vers la fin du XIXème? Grâce aux feuilletons? Ensuite bien sûr on n’en trouve à la pelle mais pas forcément les meilleurs et pas souvent de leur vivant… Des exceptions bien-sûr à la pelle aussi

    Je ne crois pas au livre numérique. Du tout! Pas une seconde! Je pense qu’il serait plus efficace de créer des lecteurs.

    Mais suis comme Babeth : suis pas un auteur!

    • @ Depluloin: Non; les auteurs ne vivent pas de leur travail, en effet. C’est bien de cela aussi qu’il s’agit. Et le numérique, si on n’est pas attentif, n’arrangera rien.

  11. Je l’avais signé mais bon, je ne trouve rien à dire de plus que toi…
    Continuons le combat !

    PS : il faut absolument continuer à acheter ses livres en librairie ! En vraie librairie. Et y retourner pour ceux qui ces dernières années se sont tourné vers les grandes surfaces.

  12. J’ai pensé à vous aujourd’hui, comme tous les jours! hu! hu! (profite de l’absence de Mon chien et de Gnagna de S.!) en consultant un livre scanné à la va-comme-je-te-pousse! Insupportable malgré mon grand intérêt ! Ça n’a rien à voir, je sais, mais… un peu!

    J’ai la « chance » (?) d’habiter Paris à deux pas de Joseph Gibert (qui réalise la moitié de son bénéfice parait-il avec les livres d’occasion, pas son chiffre d’affaire peut-être) et il faut vraiment être fauché, cela arrive je sais, pour ne pas s’offrir un bouquin de temps en temps. Et puis internet tout de même…

    Bon, je ne vous ferai pas changer d’avis mais nous serons d’accord là-dessus : faire aimer la littérature. Vous vous y employez assez je crois!

    • @ Depluloin : Les absents ont toujours tort. Mais comme vous, vous êtes présent, je vous remercie de penser à moi avec une telle constance 🙂 Tous les jours, c’est méritoire et sain pour votre santé mentale. (je ne vous crois que parce que ça me fait plaisir hu hu). Vous vous doutez bien que j’aime le livre objet et ne suis pas prête de le laisser tomber (même par fatigue). Pour ma part, je pense quele livre numérique ne le supplantera pas, ils coexisteront sans quel’arrivée de l’un ne signe la disparition de l’autre. Il faut être optimiste ! Faire aimer la littérature, je m’y emploie effectivement, et c’est un vrai bonheur.

  13. Le livre numérique, pour moi, n’est pas un livre. Quant au besoin d’auteurs, il y en a déjà tellement, même parmi les excellents, qu’il me faudrait dix vies pour parvenir à les lire.

    • @ Dominique : C’est une autre forme pour lire, c’est ça qui compte, en quelque sorte. Nous ne lirons pas tout ce que nous voudrions, c’est certain, mais la diversité, c’est précieux. Et ceux qui veulent écrire aujourd’hui, il faut aussi que ce soit possible pour que tout cela reste dans le vivant, vous ne croyez pas ?

  14. Le livre est un fétiche qu’on doit garder à proximité pour s’en emparer et l’emmener avec soi n’importe où. Le numérique arrive, de toute façon les jeunes générations ne lisent plus de livres. Donc l’avenir nous tourne le dos. Faut lui botter le bas (du dos).

    • @ Zoé : Je te redis ce que je viens d’écrire dans mon message pour Dominique. Le livre s’emporte partout et ne nécessite rien d’autre que de l’ouvrir, quand on veut, où on veut. Pour moi c’est irremplaçable.

  15. Je n’aime pas et n’aimerai pas le livre numérique! Jamais! J’aime trop mes livres: pouvoir les lire et relire en les touchant, les reniflant pour vérifier que leur bonne vieille odeur est toujours là, les regarder…etc… Ils ont toutes les vertus que n’auront jamais les livres numériques!!!

  16. @Frédérique: Zorrote toi-même!!! hihihi!!!!!!

  17. Moi, je me régale avec « Le Siècle des nuages », je dois dire, en ce moment. :0)


[top]

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *