Papotages et popotins

Grâce à une certaine Déesse de ma connaissance – car oui, je fréquente la Haute, et même la très Haute – je me suis acheté un magazine qui s’adresse aux femmes qui en ont ras la teinture pubienne qu’on les prenne pour des quiches. Je suppose que c’est à la suite de son choix édifiant pour le total look « blonde platinium » que ma Déesse à moi s’est mise à la lecture. Magnifique illustration du proverbe de la pierre et des deux coups : elle aguiche la carte bancaire du même nom par des couleurs tapageuses soigneusement disséminées sur son opulente personne tout en se bourrant le crâne d’infos survitaminées.

Causette – c’est le nom du bi-mensuel – se proclame  Plus féminine du cerveau que du capiton. Au sommaire du numéro 9, entre autres : Une femme détective, un dossier sur le cœur – ça peut servir pour ceux qui n’en ont pas ou celles qui l’ont égaré – la contraception masculine avec photo d’ homme nu, une BD perverse, un portrait de Charles Bauer (et là j’ai les RG sur le paletot jusqu’à l’abolition totale de l’esclavage), un reportage sur le paco et la lutte que mènent des mères argentines contre cette drogue plus répandue que la teigne favique. Dans Causette, il y a des livres, des sorties, des critiques et un ton goguenard qu’on retrouve sur certains blogs comme celui de La Chose.

Abordons maintenant ce qu’on ne trouvera pas dans Causette. Il faudra faire l’impasse sur la pub et se débrouiller sans conseils pour raboter nos silhouettes, limer nos dents, améliorer notre transit, colmater nos fuites, contenir nos menstrues ou réparer nos chevelures de sirènes agressées par le soleil et les mains baladeuses du super macho qu’on aura du mal à conquérir, faute d’un test phare du style : « Je lui tiens la dragée haute pendant qu’il fait main basse. »

A la place, on lira une nouvelle de Honey Sweet (eh oui, ça ne s’invente pas, du coup je ne l’ai pas encore lue) et on apprendra que les éditions la Musardine cherchent des nouvelles pour une collection centrée sur le plaisir féminin. Je transmets, cela pourrait vous occuper si vous êtes coincées sur le sable. Pour celles qui manqueraient d’inspiration, je conseille l’édifiante émission de Mermet sur les consolations masculines, qui donne un aperçu du travail de  recherche que peut effectuer  l’homo sapiens face à l’insondable mystère du popotin – électricité, curcubitacées en tous genres, souvenirs du Mont saint-Michel…

A l’heure de la pensée alternative, de l’érudition et des lectures profondes, c’était ma chronique de l’été : «Comment se griller définitivement sans entamer son capital soleil», une manière de répondre à la proposition de Sophie K : restons légers !

Charbon ardent

Cet article a 59 commentaires

  1. Serais-je la première. J’en suis toute émue. Eh bien ma Frédaime, tout ça c’est tutafait intéressant.
    Je suis juste un peu tristounette parce que Philippe Avron dont j’ai un peu causé dans mon dernier post est mort. Etonnant comme cela était perceptible, on craignait qu’il n’aille pas jusque au bout. Il a eu un malaise en scène et puis ensuite… Je suis heureuse de l’avoir vu vivant jusqu’au bout.
    Euh, je plombe un peu. T’avais dit restons léger. Scuzie

  2. @ Zoé : Pas grave Zoé. Une fin à la Poquelin. Je comprends que la lecture de ce billet – tu es bien la première – soit en complet décalage avec cet évènement.

  3. Chouette, des lectures profondes pour nuits chaudes !

  4. Frédérique, je répare un oubli dans ton billet : l’interview dans ce n° de Causette de Gérard de Villiers, dans la rubrique « Culture ».

  5. Faisons nous Cosette !!!

  6. Alors ma Counounouille, on lit des revues spécial moules ? C’est une des moins quiches mais c’est pas le top non plus faut pas rêver (soupir). Mais ça détend bien.
    Et mes cheveux ne sont pas blond platine, mais blond cendré, un vieux fantasme des années 80. (Heureusement que tu n’as pas mentionné mon piercing à la langue, mon string en dentelle de Calais ni mon canard Sonia).

  7. C’est ouikende, le chassé croisé a endormi le ouèbe!

  8. @ Kouki : On a déchaîné l’orage avec !

  9. @ Gibi :Je n’y suis pas encore arrivée, je lis lentement :0)

  10. @ ADS : Et ton doudou rose à piles, hein ? Heureusement que je n’en parle pas !

  11. @ Zoé : Je ne sais plus quoi faire, je suis à bout d’arguments :0) (On pourra dire que j’ai tout essayé, ou presque).

  12. (Oh, Fredaime, merci ! Me v’là fiérotte, du coup, hahahaha !)
    Entendu aussi parler de Causette, mais bon, pas le courage non plus en ce moment,pssssssss… Je crois que je n’ai pas acheté de revues féminines, même pas féminines, depuis… heu… ben jamais, en fait. C’est donc mal parti. (Et puis ce titre, « Causette », pas génial, quand même…)

  13. @ Sophie K : C’est quand même trés éloigné du magazine féminin tel qu’il est le plus répandu. Cela reste un magazine, bien sûr.

  14. Oui, ça a l’air (je fais toute confiance à ton excellent article) mais bon. Je crois qu’en fait je n’aime pas l’idée de cliver les intérêts par sexe, même les intérêts plus intellos… Je suis probablement une irréductible embierneuse. (En même temps, si c’est écrit dans le style des posts de La Chose, ça donne envie de jeter un coup d’oeil…)

  15. @ Sophie : Ben oui, il y a de ça dans le ton, sauf que la chose est plus radicale :0)

  16. J’ dois dire que la littérature érotique m’ennuie et que les magazines masculins ou féminins m’emmerdent. J’aime les textes de Dickinson, Merini, Rochefort et puis c’est tout. Je comprends ce que peuvent ressentir certaines femmes quand on leur dit d’un magazine « c’est pour vous »… ça doit être pareil à ce que j’ai ressenti quand on a essayé de m’ faire croire que tel « magazine de l’homme moderne » m’était destiné. L’humiliation d’être pris pour un con par des salopards qui pensaient que je ne m’intéressais qu’à des femmes à poil, des blagues salaces et des déodorants virils.
    Mais quand on me parle d’art féminin ou d’art masculin, ça m’ fait bouillir aussi. Je ne pense pas qu’il y ait une différence entre une écrivaine et un écrivain, sinon de vécu personnel. C’est tout.

  17. J’ai connu un expert en politique locale qui disait: oh bin moi, radical ou socialisse, j’fous tout ça au cul des communiss!

  18. @ Ramon : Le proctologue ne les a pas encore trouvés, sinon ils auraient fait parti de sa collection.

  19. @ Monch : J’ai essayé de condenser au maximum tout ce que vous pourriez détester sans tomber dans l’évident, la facilité. Un magazine de temps en temps, ça vous permet de mesurer à quel point on y apprend pas grand chose, ou alors, on peut à la rigueur y trouver l’envie d’approfondir un sujet (et n’allez pas y voir une allusion salace!). Pour ce qui est de l’écriture, j’ai longtemps trouvé qu’il y avait une écriture féminine et masculine dans la manière de traiter un même sujet, intime ou extime. L’auteur pouvait être un homme ou une femme et pratiquer l’une ou les deux, à des degrés divers. Ce n’était pas ça qui était en jeu. Plus une manière d’aborder le monde, teintée en effet par le vécu. Hors, qu’on soit homme ou femme fait une grande différence dans ce que nous vivons.

  20. Il faut toujours aborder le monde par le vécu…

  21. @ Ramon, je vous vois venir.

  22. @FM. Les différences dues au fonctionnement social, je les nie pas. Mais on ne parle pas sociologie mais littérature ou peinture ou tout c’ que vous voulez. Bien sûr qu’il y a des choses qu’un homme ne peut pas voir de la même façon qu’une femme, et pareil dans l’autre sens, mais pour moi c’est de la surface… McCullers j’ la comprends parfaitement dans ses moindres détails. En plus, le rôle d’un écrivain c’est de pouvoir se couler dans la peau d’un homme, d’une femme, d’un chien, d’un pot de chambre… sans ramener sa tronche (souvent peu intéressante au demeurant) à tout moment. j’ vais pas citer d’exemple : y en a trop.

  23. @ Monch : Je suis tout à fait d’accord avec ça. Quand j’évoque l’écriture masculine ou féminine, c’est dans sa complémentarité. Donner à voir un même thème, une même histoire, mais en l’abordant sous un angle trés large (le roman social par exemple) ou sous un angle aigü (l’histoire personnelle). Cela en fait, n’a rien à voir avec le sexe de celle ou celui qui écrit, c’est plus un archétype. Un lecteur m’a dit une fois que « Femme vacante » possédait une écriture trés masculine, ce qui m’a surprise. Au final, je crois que j’emploie ces deux mots par habitude et par défaut, pour tenter d’exprimer quelque chose de subtil, qui m’apparaît sans que j’arrive à le nommer. Ce n’est pas la première fois que je dis les choses de cette manière :0) On aura tout vu – s’exclame le lecteur bougon – se prétendre écrivain et ne pas savoir s’exprimer ! Oui, c’est même justement pour ça que j’écris, parce que je ne suis pas une manieuse d’idées. Pas conceptuelle pour deux sous, limite indigente.

  24. Finalement, je m’arrête sur le « charbon ardent » qui ponctue, pour mon plaisir, mais c’est là ma « vision », la stérilité d’un énième mag (je n’en achète ni n’en lis jamais, sauf chez le « docteur » pour dissiper au mieux l’attente) … double lecture ? Illusionniste, non magicienne ! J’aime vous lire. Aussi, qu’il s’agisse de « Causette », tout en légèreté et humour, je suis la ligne badine de vos mots, c’est l’été !

  25. @ Frédérique : J’ignorais que vous aimiez me lire et je serais bien bête de bouder mon plaisir en l’apprenant. En effet, je n’achète pas de magazines – à part Books de temps en temps, et causette cette fois-ci. Je lis régulièrement « Nouvelle donne », revue de la nouvelle à laquelle je suis abonnée depuis des années. Et moi aussi, je lis chez le docteur, les niaiseries épaisses comme des carénages qu’il laisse trainer dans sa salle d’attente. Chez vous, j’ai aimé le métier d’Hamid et la porte intitulée : Mellah, Azemmour. Solo sostenuto aussi, même si je n’ai pas compris de quoi il s’agissait. Vous vivez donc au Maroc ? J’aime l’idée que vous ouvriez cette fenêtre sur ce pays, c’est comme si d’une certaine manière j’y étais.

  26. Eclairage sur « solo sostenuto »… à rapprocher de « recyclage » : égarée dans le dédale du Mellah (ancien quartier juif) d’Essaouira, je suis tombée sur un minuscule « atelier » dans lequel les ferrailles ayant rendu l’âme sont ré-assemblées au gré de la fantaisie, de l’inspiration de l’artiste : ici, un saxophoniste.
    Je n’y vis pas, mais je m’y ressource le plus souvent possible et j’aime y pousser quelques portes dérobées. Merci de votre passage.

  27. (Mouhahahahahahaha ! Je viens de percuter, pour le « charbon ardent »… Ah c’est malin.) :0)))

  28. @@ Sophie : J’aime quand tu comprends à retardement :0)

  29. @ FM : J’me sens tout le temps aimée, du coup, mouhahahahahahaha ! Merki, Fredaime.

  30. Euh, les deux F(f)red, trouvez un truc pour vous différencier, bordel, j’ai qu’un neurone et je m’ perds dans vos échanges ! En plus quad j’ vois que Fred dit à fred : « vous êtes formidable ! » j’ai l’impression d’un numéro de schizo…
    Pensez à vos lecteurs, chères F(f)red(s).
    En tout cas, y en a une des deux qui fait de jolies photos pleines de sens et de sous-sens. J’aime beaucoup.

  31. @ Monch : Il y a un M à la fin de mon prénom, ça ne suffit pas à nous différencier ? (Je paierais pour que Monch écrive ici : j’aime beaucoup ce que que vous faites).

  32. Pardon FrédériqueM de m’adresser à « Jolie Plume » qu’a rien pour connecter son unique neurone, mais je tiens BEAUCOUP à mon prénom qu’a rien d’un pseudo… Alors faudra faire avec … Voilà, c’est dit, je referme mon clapet… Autre chose Jolie Plume, approchez de ma niche, je ne mords que quand il le faut (votre chien vous expliquera)… et merci d’aimer, suis touchée. Un aparté FrédériqueM en attendant votre prochain billet. Belle journée.

  33. @ Frédérique la photographe : Nous sommes deux à tenir à notre prénom, c’est tout naturel :0) (Qui est jolie plume, Monch ?)

  34. Passe k’a son deues les frédérique?
    Comme mes fesses quoi !

  35. Y’en a une avec avatar et majuscule, et l’autre sans avatar ni minuscule (la nôtre). Même moi je fais la différence, et il est notoire, n’est-ce pas, que d’habitude je vois que dalle.
    Et je suis d’accord, les photos de Frédérique Avamage sont très chouettes.

  36. oui, le peu que j’en ai lu jusqu’à lors, et je ne le caresse pas dans le sens du poil, me laisse entrevoir un beau ramage.

  37. @ Ramon : Vous êtes trés élégant, je tenais à le souligner.

  38. @Ramon. Comme vos neurones. Le problème c’est qu’avec un dans le biceps et l’autre dans la bourse, ils ne se connectent jamais.

  39. @ Anna : Merci, mais qui a dit que tu n’y voyais rien ? C’est même tout le contraire :0)

  40. @ Frédérique Avamage (donc) : Il est le phoenix des hôtes de ces bois :0)

  41. @ Anna : La p’tite musclée est de sortie 🙂 🙂 🙂

  42. @FM : je ne suis pas petite, ce sont les autres qui sont grands 🙂

  43. @ Ads : Bien sûr, bien sûr. Mais qu’est ce que t’es costaude 🙂

  44. @FM : heu… chuis pas la môme Catch-Catch non plus (avec mes 68 berges, tu penses…)

  45. @ Ads : Oui, et puis les couleurs, il paraît que ça fatigue aussi (surtout le platinium).

  46. @Ramon… ca va, t’es bien balancé, quoique culbuto aussi 🙂
    @FM, j’aime la modulation, pardon modération, en toutes circonstances, enfin presque
    @Ads… merci.

  47. Bon, si on peut plus rigoler un brin ! J’ fais la différence entre les deux F(f)rédérique(s)… J’ suis pas miro comme cette pôvre AdS qui s’ prend pour une brune alors qu’elle est blonde comme les blés, dedans et dehors.

    Merci, Frédérique. 🙂

  48. @Monch’ : blond cendré, bordel !

  49. @ Ads : Non, blond cendré, c’est moi 🙂

  50. @AdS. Vous êtes blond cendré ? Quelle horreur ! 🙁
    @FM. Vous êtes blond cendré ? Oh, comme c’est joli ! 🙂

  51. @Monch’ : FM vous donne des cours d’humour ? Bravo, très bon élève je suis morte de rire j’dois dire 😀

  52. @AdS. Morte de rire ? Une bonne chose de faite !

  53. Je cherche…
    J’ai pas encore trouvé, mais je cherche…

  54. les brunes comptent pas pour des prunes! 🙂

  55. J’adore les brunes…

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