Dix petits nègres

Toujours sur le thème de la contrainte d’écriture, en 2005, juste après la parution de L’écharde du silence, la médiathèque de Nanterre me contacte pour m’informer qu’elle organise un « Concours de la nouvelle francophone éditée ». Dans la foulée, on me révèle sans ménagement que je fais partie des dix finalistes avec ma nouvelle « Erratum ». Je me retrouve en lice avec Brigitte Aubonnet, Didier Daeninckx, Eric Faye, Christian Garcin, Thomas Gunzig, Hélène Lenoir, Marcus Malte, Fabrice Pataut et Bernard Quiriny. Ouf !

Quel cerveau ! se récrie le lecteur extasié. J’ai bien été tentée de me polir les ongles en affectant un air détaché – en effet… capacités exceptionnelles… en toute modestie… nature profonde…enracinement littéraire…  Mais mentir, c’est du boulot, et j’en ai marre d’être mal payée ! Aussi, que  la vérité l’emporte – de toute façon, je n’arrive pas à l’intimider : j’ai la mémoire d’une pantoufle.
Fort heureusement, édité par la ville de Nanterre, un recueil m’a permis de retrouver la trace des neufs autres commis d’office. Qu’il en soit ici vivement remercié.

Pour la cérémonie, on nous a demandé un texte bref contenant les dix titres des livres finalistes. J’ignore ce que sont devenus les neuf autres, mais pour moi, ça a donné ça :

Intérieur Nord : il tournait le programme de la pièce entre ses doigts. Il l’avait trouvé dans une poche de sa veste, à l’entracte. Le théâtre bruissait du cri des étoffes froissées. Il suivit la nuque blanche d’une femme pour échapper à l’écharde du silence et aux regrets qui le brûlaient depuis le départ d’une autre femme, d’une autre peau. En observant le cou gracile ployé sous un rire, il se demanda comment il survivrait à une telle absence. La femme le regardait, maintenant. Il prit alors conscience de sa tenue absurde et déplacée dans un tel lieu. « Elle doit croire qu’un clown s’est échappé du cirque » pensa-t-il. Il ne put soutenir plus longtemps son mépris et sortit sans attendre la reprise de la pièce. Une neige puissante s’était mise à tomber.

Il s’égara dans le dédale des rues noires, courant sans autre raison que de sentir son corps lui répondre. Une enseigne clignotait au fond d’une impasse : « Carbowaterstoemp et autres spécialités ». Il se rappela cette histoire du fou, agonisant dans les citées perduesle bleu des voix s’arrachait à l’angoisse des premières phrases. C’était lui, de toute éternité, ne l’avait-il pas deviné ?

Il scruta la vitrine – une lueur malsaine l’attirait à l’intérieur. Traverser la ruelle dans l’écume du froid lui parut impossible et pourtant inévitable. Il se sentit fatigué de tout, revenu de lui-même, et il vacilla avant d’avancer vers le gouffre infranchissable de la rue, toujours plus lentement, comme si la neige gelée ne permettait que de tous petits pas. 

CP: Ida Mesplède

 Pour ce qui est du classement, je suis arrivée dans un mouchoir de poche, juste derrière Marcus Malte. Ce goujat m’aura bousculée pour passer devant, je ne vois que cette explication. Ou alors, il était plus athlétique, plus blond et – il faut bien le reconnaître – plus talentueux que moi.

 

Je vous laisse rendre à César ce qui lui appartient. Et vous, qu’auriez vous proposé ? Vous avez dix oeufs dans votre panier, si cela vous dit, préparez-nous une omelette, je mets la table en vous attendant. Je serais curieuse de goûter de nouvelles versions. Et surtout, faites passer tant que c’est chaud !

Poule au pot - CP Frédérique MARTIN

Cet article a 133 commentaires

  1. J’ai rien compris….

  2. @ Vinosse : C’est ennuyeux.

  3. Ooooh ça me plaît comme idée, il faut que je trouve le temps de te cuisiner ça! 🙂

  4. @ Damoiselle : Et une omelette, une !

  5. Je ne me risquerai pas à faire un remake, le vôtre me plaît bien.

    Mais, comme je passais, je voulais vous dire que j’ai bien ri devant votre remarque concernant le concours et Marcus Malte.

    On est toujours le second de quelqu’un… Mais là, vous êtes bonne perdante. C’est extra.

    Bonne fin de semaine, Frédérique.

  6. @ Quichottine : Et que dois dire le 10ème ! Bonjour quichottine qui-passait-par-ici. Pas de remake, certes, mais une idée toute nouvelle, ça ne vous tente vraiment pas ?

  7. Je dois dire que j’aurais participé avec beaucoup de plaisir et fait l’omelette attendue.

    Mais, malheureusement, je suis assez nulle à ces jeux, et, j’aurais bien trop peur de composer quelque chose d’immangeable… ou plutôt d’illisible. 🙂

    Le dixième peut toujours se consoler en pensant qu’il était déjà parmi les dix, ce qui est une excellente performance. 🙂

    Se mesurer à autrui est un sacré défi. J’admire.

    (Je viens de découvrir que vous étiez derrière votre écran et que je pouvais même avoir à domicile votre réponse, ce qui m’évite d’oublier de repasser… )

    Bonne soirée, Frédérique.

  8. @ Quichottine : Il faudra que je m’envoie un commentaire un de ces jours, pour voir comment ça marche. « Se mesurer à autrui »… On ne m’a pas demandé mon avis. Alors, comme le disait ma grand-mère : « A la guerre, comme à la guerre », et puis on verra bien. Et d’ailleurs : on a vu !

  9. Rire !
    Le jour où vous le ferez, abonnez-vous aussi au suivi des commentaires, vous verrez, c’est comme si je m’étais installée devant votre fenêtre pour discuter un peu…

    Mais là, vraiment, il faut que je file…

    Merci pour ce « (t)chat » inattendu. 🙂

    Et tous mes vœux pour vos prochaines publications.

    A bientôt.

  10. Bravo, Frédérique ! Pour avoir été seconde à un concours de poésie (j’ai du lire mes petits vers de mirliton devant des tas de vieux messieurs à la SGDL, je m’en souviens encore, brrrr !), je sais que c’est une sensation très bizarre… Mais ton texte était superbe.
    (C’est pas le PC, cette fois, au fond de l’impasse, là… :0)

  11. @ Sophie : Mais ce n’est pas un concours de poésie ! Mouahahah, C’était un concours de nouvelles éditées et le texte que je vous ai mis en ligne n’est pas celui sur lequel j’ai été jugée. Les places ont été attribuées en fonction de nouvelles issues de nos recueils respectifs et ce texte était une petite commande liée à la cérémonie de remise de prix. Private joke : la petite Sophie K est au fond de l’impasse 🙂

  12. Mais… mais, ce serait-i pas de l’oulilipo tout ça? Du Ouliponisme?… Bon, j’y connais rien. Et puis à part certains bouquins de Pérec, ce genre d’exercice me fatigue le cervelet d’avance!! … Non, c’est pas Lui, Son Chien, c’est moi Depluuuu!! C’était un essai, une perf’! de l’oulougatisme! Bon, je sors dignement avec vot’ poule au pot sous l’bras!! Hu! hu!

  13. @Depluloin: bon appétit!!!

  14. @ Depluloin : Je suis tenté de vous poursuivre en criant au voleur ! Rien à voir avec l »Oulipo, c’est juste une contrainte, on vous donne des mots ou des phrses à mettre dans un texte et ils vous servent en quelque sorte de guides pour écrire. Dix titres, ça crée déjà une atmosphère qui variera suivant les auteurs, ça entraine dans une direction. Vous êtes fatigué avant même d’avoir essayé?

  15. @ Babeth : N’encourage pas ce voleur. C’est Ma poule au pot.

  16. Il va y avoir une suite à ce billet ????? Parce que là, tu nous laisses sur notre faim….. Oui, toi et Marcus (il est beau le c..)…..

  17. Frédérique, ma petite omelette … oui, je sais je ne suis pas très doué en cuisine, et la Mère Poulard a encore de belles heures devant elle ….

    « Carbowaterstoemp et autres spécialités » … voila une affaire qui commence bien. Il faut dire que je ne sais rien lui refuser. Elle peut me dire d’aller lui trouver les cités perdues, et j’irais sans hésitation investir dans « el péquenitto roberto » pour la satisfaire. Elle est même arrivée à me persuader de faire un jogging cet hiver, alors que la neige ne permettait que de tout petits pas. Elle riait en me regardant, depuis la fenêtre de sa chambre, funambule de ses désirs, essayant de dompter ce trottoir, toujours à la limite du triple salto arrière avec boucle piquée … tant qu’à être ridicule autant l’être avec panache ! « Un clown s’est échappé du cirque » aurait-elle pu crier. Mais elle aurait pu tout aussi bien chuchoter « regardez comme il m’aime… »
    Mais qu’aurais-je pu lui refuser ? je me remémore souvent l’angoisse des premières phrases , celles que je lui griffonnais derrière les notes de supermarchés ou sur une de ses ordonnances trouvée dans une poche. Petits mots sans prétention, ou poèmes les plus fous, ils étaient à mes yeux mon seul pouvoir de séduction. Ces mots posés pour guérir l’écharde du silence, de son silence dans lequel elle était enfermée. J’aurais tant aimé pouvoir l’entendre les lire, mais elle ne connaîtra jamais le bleu des voix car son mode à elle ne sera jamais fait de couleurs auditives
    Mais il faut que j’arrive à cuisiner ce Carbowaterstoemp et il ne me reste que 10 minutes avant la fin de l’entracte. Elle ne va pas tarder à revenir. Elle va se poser sur son divan, calée devant sa télévision, au milieu de cet intérieur nord comme elle aime l’appeler. Elle va finir de regarder cette pièce de théâtre sous titrée « Les enfants du silence » …
    Carbowaterstoemp ….. 27 recettes, ou comment cuisiner les carbonates flamandes …. En amuse bouches, ou en pâté de lièvre ? …

  18. @ Kamelote : C’est courageux de se lancer le premier et méritoire. La demoiselle d’enfer est en ébullition, j’espère qu’elle se joindra à nous. « El pequenito Roberto » ça a été mon premier achat avec mon premier chèque de droits d’auteur. A table, le chevallier de Kamelote m’a donné faim.

  19. @ Gilles : La suite, c’est à toi de l’écrire et à tous ceux qui veulent bien se prêter au jeu. Kamelote a lancé le bal, les autres suivront-ils ? (Ah, ce Marcus Malte… il lui sera beaucoup pardonné, en effet. Mais que sont ces « Marcus et toi », hein ? Voyons, voyons, Gilles. Tu sais bien que je préfère les bruns :0)

  20. Un rapide bonjour d’Oléron, par temps remarquable, huîtres et vins clairs font le quotidien.

    A+ Bises, Jean-Claude

  21. J’oubliais: il y a un atelier d’écriture au village de vacances Azurèva – je participe de quelques vers, entre autres, qui sont sur mon blog.

    A bientôt, JC

  22. Pourtant il a l’air beau M.M.!
    @Kameloot: bravo! C’est une excellente mise en bouche! J’espère qu’il y en aura d’autres après vous!
    @Frédérique: Je sens qu’on va se régaler! Je crois que je vais rôder en ces lieux ces prochaines heures!

  23. @ JCP : Profite, profite. Huitres et vin blanc, on vient me narguer à la crête de ma poule au pot (dès que Depluloin me l’aura rendue). Et cet atelier, il est bien ? Jean-Claude, on ne l’arrête plus, il a le stylo en erruption.

  24. @ Babeth : Et si tu arrêtais tes confiotes et autres occupations ménagères pour plancher un peu pour nous ?

  25. @Frédérique: ggggrrrrrrr!!!!!! scrongneugneu!!****!!!p’t’n c ».!!!

  26. Hé bien moi, j’adore ces défis ! Allez …je m’y mets dès que possible ! Je t’embrasse fort, Frédérique …

  27. @ Fredaime : ah, chus dans les choux, c’est clair, mouhahahaha ! Rien compris. Pardon. Sieste.

  28. @ Sophie : Copine de Vinosse ?

  29. @ Babeth : Allons, allons, un peu de respect, voyons. De la tenue, il s’agit de montrer l’exemple, tout de même !

  30. @ Juliet : Volà quelqu’un qui ne craint pas les défis :0) Moi aussi je t’embrasse.

  31. Bon, je m’applique! J’ai déjà aiguisé mon crayon!

  32. @ La petite Babeth 31 entrerait-elle dans la course ?

  33. @Frédérique: j’arrive! J’suis là toute haletante, rose de confusion, avec du respect in the pocket! Attention retiens ton soufle et e pericoloso burlarsi!

    Elle a dit : « Si tu arrêtais tes confiotes et autres occupations ménagères pour plancher un peu pour nous ? » Il faut bien reconnaître qu’Elle sait bien haranguer ses troupes ! Mais là, les effectifs sont réduits et va falloir qu’ j’ me dépasse ; finie l’angoisse des premières phrases ; je n’entendrai pas le bleu des voix retentir dans les rues des cités perdues ! Faut que j’me bouge, que j’me motive, que j’me surpasse (me dépasser n’y suffira pas), bref que j’écrive des trucs aussi bien tournés qu’Elle. Dans mon intérieur nord (je trouve que c’est plus sympa que réfrigérateur mot dont tout le monde se sert, même Elle), je choisis une bière d’abbaye bien fraîche (et belge cela va de soi) et eureka !!! Hier, j’ai trouvé dans une poche un vieux livre de recettes où l’on parle du carbowaterstoemp et autres spécialités avec beaucoup d’autorité ; je me sens l’esprit créatif et l’écharde du silence qui s’était plantée dans mon cœur (allez savoir pourquoi !) jaillit tel un bouchon de champagne ! Demain, je la convierai (Elle bien sûr !) à de délicieuses agapes et Elle aimera ça ! Et voilà, le tour est joué ! Je me suis bien débrouillée : je suis partie des confiotes et j’arrive avec le champagne ! A présent la détente, les pieds en éventail, avec du pop corn comme à l’entracte au cinéma. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce soir j’irai faire la fête ; hier pas moyen de sortir car la neige gelée ne permettait que de tous petits pas ; aujourd’hui le soleil est de retour (mon dieu que le temps est donc changeant !) C’est pour cette raison qu’un clown s’est échappé du cirque pour aller voir ailleurs si c’était mieux. J’entrouvre ma porte : peut-être viendra-t-il me rejoindre et partager le pop corn.de l’amitié !

  34. @ Babeth : Je le savais, t’es la meilleure et en plus t’as de l’humour. Elle te félicite et Elle viendra picoler ton champagne, manger ton carbowaterstoemp et gober ton pop corn, les doigts de pieds en éventail, il va de soi. Merci babeth, tu vois que tu pouvais le faire :0) On l’applaudit et plutôt deux fois qu’une !

  35. En effet !!! Babeth a eu raison d’aiguiser son crayon et de laisser tomber ses confitures …
    Au fait, il faudra que tu nous la donne cette recettte de cabowatersoemp Frédérique !! …

  36. @ Kamelot : Ahaha, c’est corrigé. Ce mot est impossible à dire et à écrire. Et la recette, je vous défie de la trouver !

  37. Dehors comme dedans, novembre pétrifié de glace se la jouait intérieur nord sans entracte depuis une quinzaine. Dans les ruelles, seul le bleu des voix étouffées embuait encore une ville comme prise dans l’angoisse des premières phrases et que le soir trouvait poignardée par l‘écharde du silence des cités perdues.
    La neige gelée ne permettait que de tous petits pas. Pour y avoir dérogé, le balayeur, un grand escogriffe en treillis vert municipal, gilet de sécurité fluo et bottes surdimensionnées, venait de se ramasser deux fois devant les clients rigolards « Un clown s’est échappé du cirque, ou quoi ? » venus acheter à l’épicerie belge leur Carbowaterstoemp et autres spécialités, avant de rentrer, tête baissée, à petits pas prudents et serrés de porteurs de palanquins.

  38. @ Chère Magali, c’est un plaisir de te recevoir ici, toi qui m’as si longtemps hébergée quand j’étais sans blog fixe. Bravo pour la brièveté, on sent la nouvelliste : droit au but et sans fioritures. Merci d’avoir joué le jeu.
    PS : C’est belge le Carbowaterstoemp ? Quelqu’un peut me dire en quoi ça consiste ?

  39. De quoi vous parlez tous ?
    Le MM j’ l’ai rencontré sur un salon, je sais plus lequel. Y m’a pas laissé un grand souvenir. Le salon non plus d’ailleurs, apparemment. 😀

  40. Faut demander à L…..uc ou bien à …..Thomas Gunzig!!!

  41. Merci Frédérique, de refermer la parenthèse pour moi! Bon sang de parenthèses, c’est filant comme des anguilles…

  42. @ Monch : Ainsi vous n’êtes pas friand des M&M ?
    @ Babeth : T’as pas ça dans un de tes livres
    @ Magali : De rien, je connais ton perfectionnisme :0)

  43. Comme le mot « Belge » va bientôt tomber en désuétude, c’était presque un archaïsme de ma part, je l’admets…

  44. A vrai dire, j’ préfère les F&M… ahahahahahahahahahahahaha !!!

  45. Et la pièce peut enfin reprendre…

    (Frédérique, je vous imaginerais bien écrire une nouvelle ou un roman à quatre mains avec Javier Tomeo)

  46. @ Emelka : Je ne dirais pas non, mais je ne suis pas certaine que Javier Toméo ait cette envie-là. Et puis, serai-je à la hauteur ? c’est une autre histoire.

  47. @ Monch : Vous êtes un homme de goût 🙂

  48. @ Magali : Il y a un ou deux belges ici qui n’ont aucune envie de tomber en désuétude 🙂

  49. Qui sait… Etre à la hauteur, tout dépend si vous parlez de l’éventuelle collaboration proprement dite avec Tomeo (c’est votre histoire), ou de la réception par les féroces critiques et alertes lecteurs/trices. (j’aime bien votre utilisation du « serai-je », comme si l’aventure était déjà amorcée :))

    (pour ma part, une envie de lire L’écharde du silence )

  50. @ Emelka : Être à la hauteur de l’auteur partenaire. Et oui, je me projette aisément, d’autant plus que je suis une fervente adepte des collaborations et croisements artistiques multiples. Une envie de lire pareille – surtout ne la retenez pas 🙂

  51. Un clown s’est échappé du cirque, à l’entracte. Il remonte Vesturlandvegur, la plus longue rue de la ville. Tout au bout, au dessus des montagnes blanches, le disque de la lune est rongé par les scories qui s’élèvent du volcan. Le cirque est bloqué ici, en plein Intérieur Nord, l’île la plus septentrionale du monde, depuis le début de l’éruption. Il a fallu allonger la tournée. Repasser une seconde fois dans des villes aux noms imprononçables, aux bars habillés de bois, aux façades multicolores.

    L’écharde du silence s’est plantée dans la gorge de Marcus, le jour de la disparition de ses parents. Depuis, il ne parle presque plus. Seulement sur la piste. En costume. Il a l’angoisse des premières phrases quand il entre. Puis, à mesure que les enfants crient Marcus ! Marcus !, sa voix revient, il oublie qu’il est à la recherche d’une fourgonnette surmontée d’une enseigne en forme de toque rouge et de l’homme et de la femme qui en avaient fait la friterie la plus réputée de la région. Mais ce soir, alors que sa voix venait de trouver son ampleur, elle s’est soudain brisée. Dans le public, Marcus avait aperçu un couple de vieilles personnes toutes deux coiffées d’une toque rouge.

    Sur la glace autour de lui, tintent, cristallines, les perles transparentes de ses larmes gelées. Dans sa tête, il récite la liste de toutes les cités perdues par lesquelles il est passé avec le cirque, depuis quarante ans. Dans aucune il n’a trouvé ce qu’il cherche. Le bleu des voix à jamais perdues de ses parents. On avait cherché leur véhicule, dragué le canal, la rivière, bloqué les frontières plusieurs jours, en vain. Il avait été recueilli par une grand-tante revêche, une brabançonne restée vieille fille après la guerre et ses coucheries avec l’ennemi. Il s’était échappé de chez elle un soir d’hiver. Il avait douze ans et avançait lentement, la neige gelée ne permettait que de tous petits pas, mais il avait tenu bon, il était allé au bout de sa décision, il avait rejoint la place où était installé le cirque et, en pleine représentation, s’était glissé dans l’une des caravanes. Le cirque allait partout : un jour, dans la rue d’un village, sur une place, il apercevrait la toque rouge de l’enseigne du camion restaurant.

    Marcus fouille dans son costume de clown, à la recherche du porte-clef trouvé dans une poche du manteau de fausse fourrure de sa mère. C’est la seule chose qu’il aie emporté en s’enfuyant. Un porte-clef comme il s’en faisait tant à l’époque, une toque rouge avec, marquée dessus, Carbowaterstoemp et autres spécialités.

  52. J’ai rattrapé mon retard de lecture, je crois avoir compris mais à Oh13, je reporte hardiment le défi. Peut-être reviendrai-je en deuxième semaine 🙂

  53. @ Ah Gilles, belle histoire; tu es en pleine forme. C’est une participation poétique et singulière qui permettrait bien des échappées pour peu qu’on veuille pousser plus loin.

    @ A ceux qui s’y collent : Vous me gâtez.

  54. @ Zoé : Mais quand même, tu vas bien y arriver d’ici la fin de la semaine !

  55. Non ma Fredaime peux pas tutsuite. (t’as vu à quelle heure je me promène!) T’es pas allée sous l’arbre y’ a un p’tit commentaire qui te concerne voui!

  56. @ Zoé : Je me promène pas beaucoup en ce moment, j’ai du boulot par dessus la tête. Je vais aller voir ça. Mais tu peux écrire dans la journée et poster le soir. Allez, Zoé, tu peux le faire :0)

  57. Ah ben j’avais bien lu ce billet mais avais zappé l’invitation à participer à la fin. Voilà ce qu’il en est des lectures en diagonale.
    Allez, je m’y essaierai. Les titres des nouvelles, en tout cas, sont superbes.

  58. je joue pas – je me contente d’ouvrir de grands yeux, et puis la bouche pour crier Bravo

  59. @ Brigetoun : Mais pourquoi ça ? Il y a de la place pour tout le monde dans ce jeu, chacun est le bienvenu :0)

  60. Bah j’étais persuadé d’avoir commenté ce matin. Vortex dans l’omelette !

    Bon zou, je ferai un petit truc d’écrivaillon. Sinon, sont beaux les titres des nouvelles là.

  61. @ Arf : Parfois, vos messages partent dans la boîte à Spam, je ne sais pas pourquoi. Je viens d’aller le récupérer.

  62. Dois je y voir un signe de pollution involontaire ? Vais aller faire un bilan carbone tiens.

  63. @ Arf : Tant qu’il ne s’agit pas pollution nocturne… :0)

  64. Voili, voilou …

    La neige gelée ne permettait que de tout petit pas et pourtant elle avançait toujours. Seul le crissement de ses semelles l’accompagnait. Tout le reste n’était que silence. L’écharde du silence. Un silence qui vous reste planté là , en plein cœur et qu’il faut s’arracher pour revenir à la vie. Elle se sentait comme un artiste en souffrance, en attente prolongée, privé du rendez-vous avec le public. Un entracte qui n’en finirait pas. Elle marchait et rien ne parvenait à retenir son regard, pas même le néon de cette brasserie qui lui faisait de l’œil avec ces mots stupides  » carbowterstoemp et autres spécialités « . Elle croisa un homme bizarre. Il lui donna presque envie de rire, de briser le silence, d’entendre le bleu des voix. Un clown s’est échappé du cirque ? Mais l’homme la dépassa sans qu’elle ait pu vaincre l’angoisse des premières phrases. Alors elle se sentit plus seule encore . Bruxelles prenait des airs de citées perdues. Il lui fallut faire un effort pour se souvenir de ce qui l’avait poussée ainsi dans le froid ce matin, loin de cet hôtel « Intérieur Nord » , loin de cet homme qui dormait dans son lit. Elle arriva du côté de la porte de Namur. C’est là.
    Elle déplia de ses doigts engourdis le papier trouvé dans une poche du veston de l’homme endormi et lut l’adresse : « Chez Adrienne ». Un piano l’y attendait… Enfin.

  65. @ Juliet : Merci de me laisser cette trace de ton passage et ces mots qui t’appartiennent.
    Voilà à quoi cela me fait penser, mais c’est peut-être parce que c’est toi :

    « Qui est cette femme qui marche dans les rues ?
    Qui est-elle ?
    A quel rendez-vous d’amour mystérieux
    Se rend-elle ?
    Elle vient d’entrer dessous un porche
    Et, lentement, prend l’escalier.
    Où va-t-elle ?
    Une porte s’est ouverte.
    Elle est entrée sans frapper
    Devant elle. »

  66. Juliet, il est beau votre texte.

  67. Mince, pardon! Je sors! J’avais oublié que c’était réservé aux auvergnates ici!! Pourtant, j’adooooore les blogs dédiés aux patois de notre belle France!

  68. @ Alors Pluplu,on aggrave son cas ? Vous m’écrirez un texte avec les dix phrases obligatoires. Et que ça saute !

  69. in auvergnagnat’s lingüage? Bûûûuuune fêtes de Pâaââââââaaaaaques!! (Seigneur Marie Joseph!)

  70. @ Depluloin : Ils ne pourront rien pour vous. Comme dit Anna,vous avez un contrat sur la tête.

  71. Allez hop, ce fut ardu pour caser ces p… de carbonates belges, et du coup, c’est un peu tiré par le cheveux. Allez, maintenant, c’est écrit :

    Très étonné, je roulais dans mes doigts une boussole trouvée dans une poche. Sur sa tranche, était inscrit la mention « Carbowaterstoemp et autres spécialités », objet publicitaire d’un restaurant flamand, me disais-je. Je ne suis jamais allé dans un tel établissement, ce qui renforçait fortement mon effarement. Je continuais à la rouler dans ma paume cherchant dans ma mémoire une odeur de carbonates belges. Plus je vrillais plus son aiguille tournait, à une vitesse vertigineuse, ne se posant sur aucun des pôles. J’arrêtais, elle continuait. Déclinatoire de mon intérieur nord, sud, est ou ouest : elle aurait été placée là pour guider mes errements intimes. Géographie imprécise, s’il en est. J’en oubliais la recherche de sa provenance.
    Mes yeux, pupilles dilatés, suivaient ses mouvements frénétiques tandis que la rotation de l’aiguille provoquait un aliénant murmure strident. Plusieurs tours vers la droite puis vers la gauche, je tournais la tête comme un clown qui s’est échappé d’un cirque.
    Elle s’arrêta brusquement entre deux marques, entre l’ouest et le sud. J’étais happé par son magnétisme et sous l’écharde du silence, je me frayai un chemin imaginaire à la faveur de l’entracte qu’elle voulut bien m’accorder. Comme pour l’angoisse des premières phrases ou celle des premières fois, j’étais pétrifié mais je sentais que de cette direction, allaient s’ouvrir pour moi le champ des possibles, une carte nouvelle me permettant une réorientation, hors de toutes les citées perdues que j’avais tant parcourues. L’aiguille m’indiquait simplement le sens de la vie, de ma vie hors de toute notation scientifique cartésienne. La neige gelée ne permettait que de tous petits pas, avec cette indication, elle réchauffait ma route et me permettait des enjambées de géant. J’étais excité par cette découverte et même si le bleu des voix qui enflait ma tête d’azur limpide n’était que pure folie, j’étais transporté de bonheur.

  72. @ Arf : Un texte de circonstance, il me semble:0) J’aime que vous soyez parti en délire sur l’orientation et de là sur le sens de la vie. J’ai été obligée d’aller vous repêcher en enfer, mon anti spam n’aime pas votre pseudo (ou/et votre adresse email, allez savoir). Merci Arf.

  73. Voyons voir, avec mon vrai nom que j’ai ce que ça donne.

  74. @ Babeth : comme le club des cinq ? :0)

  75. @Frédérique: oui si l’on veut. Mais la bande va s »étoffer encore, ce n’est pas fini.

  76. @ Tout pareil Christophe. Je me demande si cet anti spam ne serait pas un peu sanchezophobe sur les bords :0)

  77. Bravo!! Ah, Frédérique! vos abonnés sont formidables! (Moi, j’ai un mot de mon médecin, je dois rester au frais chez Picard!) Un p’tit vase, Frédérique? Mouaaaah!!

    @ Babeht : Laisse ton balai, j’ai reçu une paire de baffes chez Luc, j’ai mon compte pour la semaine! 🙂

  78. Bonjour Frédérique.
    Après le club des cinq, voici le Numéro 6 (cf. « le Prisonnier »)
    Merci de nous avoir proposé de participer à ce jeu stimulant.
    @arf : merci à lui aussi : je serais sans doute passé à côté !

    Quand je mangeais encore à L’entracte de l’andouillette au genièvre, de l’anguille au vert et du potjevleisch, j’ai jamais eu l’angoisse des premières phrases. C’est bien après que ça s’est gâté. Quand j’ai dû quitter la région.
    Au poste frontière déjà, comme la neige gelée ne permettait que de tous petits pas, sortir de la camionnette de location pour ouvrir le haillon à un douanier hilare m’a d’emblée contrarié. La vision ensuite de notre nouveau bled au fond de sa cuvette en a rajouté une couche. Je ne parle même pas de cet appartement collé au périph Intérieur Nord, tout droit sorti d’un film d’épouvante après le passage d’un exorciste, et de cette bouffe infecte que les brasseries nous proposaient.
    Résultats : en quelques semaines je n’étais déjà plus qu’un bout de papier trouvé dans une poche après un passage à la machine et dans le sèche-linge : froissé, blanc, vide. Deux ans plus tard : déchiqueté.
    Mal du pays, nostalgie des citées perdues, heimweh, on dira tout ce qu’on voudra, moi ça m’a coûté cher cette plaisanterie : mon éditeur qui perd patience, mes lecteurs qui finissent par m’oublier, ma femme qui n’en peut plus de ce mec qui a trouvé refuge dans l’écharde du silence ou le bleu des voix, ma femme qui ne sait plus quoi faire face à mon rejet de la nourriture, ma femme qui soudain me dit, J’ai comme l’impression de vivre avec un clown qui s’est échappé du cirque, avant de claquer la porte.
    Mais quand mon psy s’est mis à me commenter la recette du Carbowaterstoemp et autres spécialités flamandes de sa mère, là j’ai compris que je venais de toucher le fond.

  79. @ Christophe (Kwakizbak) : Donnez nous l’adresse de ce psy totalement barjot ! Bienvenu dans le club des…. ? Vous n’êtes pas un numéro, vous êtes un être humain. (Entre nous soit dit, la nouvelle version du prisonnier ne m’a pas du tout convaincue. Et vous ?). Merci pour votre participation, je vois que les opinions divergent, que les histoires s’éparpillent dans tous les sens et que pour dix kopecks on est en train de monter tout un (petit) recueil plein de fantaisie.

  80. @ Pluplu : Qui a osé vous maltraiter ? (Une vase de nuit, alors. La question qui reste en suspend – vide ou plein ?).

  81. Je n’ai pas de bonnes nouvelles à vous apporter Frédérique : ce psy espérait tant jouer dans la nouvelle version du « Prisonnier » (décevante, oui) qu’il a tout laissé tomber. Il gère désormais avec sa mère le site d’une psyzzeria virtuelle. Je ne préfère pas lui faire de publicité. Vous comprendrez pourquoi.

  82. @ Christophe (Kwabizbak) : En en effet, ne jouez pas votre réputation sur une psyzza consolato, même avec oignons et fromage – le virtuel n’est pas meilleur que le surgelé. Shakespeare le disait déjà en son temps : beaucoup de bruit pour rien. Fuyez ce psy, on trouvera de quoi utiliser ses honoraires au mieux 🙂

  83. Tiens en causant vases, la liste des vases communicants de juillet se meurt. Allez donc participer !

    (@Frédérique test sans URL)

  84. @ Arf : Test réussi. Ben qu’est ce qu’il a contre votre Url, mon anti spam à la noix de pécan !

  85. Mon psy aimait Shakespeare lui aussi : « Pas d’Hamlet sans casser Dieu » il disait souvent. Il a bien fait de changer de métier.

  86. oui, une histoire sur le « fut » qui serait pris pour un « rut » ^^

  87. Bon demain je m’y met. Pas trop tard? Non mais t’as vu à quelle heure je suis rendue disponible à moi-même (excepté une tête dans le lac rien qu’à la tâche pfff). Et sur mon blog c’est la stagnation. Heureusement que j’y ai posté des fleurs et le chat. 🙂

  88. @ Zoé : Ce n’est jamais trop tard. Et pour ton blog, ce n’est pas grave. On sent que les rythmes ralentissent, nous sommes ailleurs, dehors et c’est bien comme ça aussi.

  89. Bonjour
    en passant chez Arf, j’ ai essayé ce petit jeu. Mon inspiration s’ est échappée par le bout de mes doigts sur un clavier
    et voila:

    La page blanche s’étalait sur la table éclairée par la lampe de bureau, comme une touriste en mal de bronzage. Pour la feuille de papier il n’était pas question de crayonnage, histoire de la faire changer de couleur, mais d’écriture. Profitant de l’entracte publicitaire entre le cours métrage et le film du cinéclub de la nouvelle chaine du câble CEAS, «Carbowaterstoemp et autres spécialités », je regardais par la fenêtre, pensant au propriétaire de ce restaurant branché qui était l’auteur de ce nom de chaine de télévision car bientôt on ne dirait plus que CEAS, en oubliant sa signification.
    Dehors, la neige était tombée à gros flocon enveloppant le monde de silence ouaté. Sous la fenêtre les enfants faisaient un bonhomme de neige.
    Distraite, j’écoutais les réclames comme pour éloigner l’angoisse de la page blanche, l’angoisse des premières phrases. Mon regard fut attiré par un mouvement, le petit homme marchait dans le jardin d’hiver. La neige gelée ne permettait que de tous petits pas. Dans son grand manteau qui recouvrait son habit de clown il ressemblait à ces femmes chinoises aux pieds bandés. Une interruption des réclames, et une voix robotisée annonça « un clown s’est échappé du cirque ». Le flot de publicité reprit. Mais je n’entendais plus. Je regardais le petit homme. Le stylo que j’avais trouvé dans une poche, se posa sur la feuille de papier immaculée, puis je laissais l’inspiration tant désirée m’aspirer. Prête, je la laissais s’écouler dans l’encre de mon stylo. J’imaginais l’homme et les cités perdues où il s’égarait, blessé par L’écharde du silence, dans un monde où la chaleur des mots avait disparu, remplacée par Le bleu des voix, bleues comme les glaciers de l’Intérieur Nord. J’oubliais les réclames de CEAS, le long métrage qui suivrait. J’oubliais le cri des enfants sous ma fenêtre autour du bonhomme de neige. J’avais oublié tout cela. Mon univers commençait avec, au milieu de nulle part, le petit homme perdu dans le jardin, recherché par toutes les polices du cirque et malmené par le silence.

  90. @ Mélodie : Et vous avez bien fait ! Je vois que vous êtes une habituée des jeux d’écriture qui sont pour vous, autant de prétexte à débrider votre imagination. Vous avez utilisé le clown échappé du cirque, au sens littéral du terme. Quant à cette chaîne CEAS, je serai curieuse d’en connaître les programmes. Merci Mélodie, pour votre participation.

  91. Ah mélodie, sympa d’avoir participé aussi. C’est mieux que de mater CEAS, encore un chaîne débile du câble ! 🙂

    @Frédérique doit y avoir encore un de mes coms avalé par votre aspirateur à « fut » ! C’est le futoir m’dame Martin !

  92. J’aime pas les contraintes 🙁
    Mais c’est un plaisir de lire tous ces textes.

  93. Tu vas être obligée de nous faire un recueil de nos textes avec les 50 premiers exemplaires tirés à part sur Velin de Tolosane 😉

  94. Il n’est pas minuit sur ce blog mais il est minuit passé à ma montre, je peux donc te le souhaiter, na !
    Joyeux anniversaire Frédérique !
    youpi ! champagne !

  95. @ Arf : C’est ça, futez-vous de moi :0)

  96. @ ADS : Ah quand même, pomponnette ! Toujours les mêmes qui feignassent.

  97. @ Gibi : Ah merci mon Gibi, on se fait la bise demain entre 15H30 et 16H15, au stade, devant la foule médusée :0)

  98. Heu… qui d’autre feindriait de feignnassier ici?

  99. @ Pluplu : Zêtes venu me souhaiter mon anniversaire ? Non, parce qu’on peut pas dire qu’ils se bousculent les copains. C’est dans ces moments là qu’on mesure à quel point on est seule. Snif, snif. Signé : Calimérette

  100. @Frédérique: poufpoufpouf!!!Repoufpoufpouf!!! Je suis toute essoufflée d’avoir couru (presque ventre à terre) afin d’arriver à temps pour te souhaiter un BON ANNIVERSAIRE!!! Fais sauter le bouchon! C’est comme si j’étais là!
    @Gibi: je suis tout à fait d’accord avec toi pour le recueil!
    @Depluloin: t’as souhaité l’anniversaire de Mâm’FM? Non? Et bien tu peux te dépêcher! Restent plus que 6h52 et aprés c’est déjà demain! Alors grouille toi!

  101. Seule? Mouaaaaaaahh! On peut plus en placer une chez vous! Meuh non meuh non!!

    Mais j’y avais pensé bien sûr à vos trente ans!! Mais figurez-vous que j’ai été foudroyé, moi et mon gâteau, une première fois gare d’Auterlitz, puis une seconde fois sur mon vélo vers Agen!! (Le gâteau est parti en vapeurs, ai rien plus faire!)

    Happy bith day tou you you you ou ou !! (Babeth !! au s’cours!!:)

  102. @ Babeth et Pluplu : Heureusement que vous êtes là pour mes trente ans :0) Bises à vous deux.

  103. Pétard 30 ans, vous faites beaucoup moins !

    Un bon anniversaire à vous et plein de bonnes choses qui s’écrivent, se disent, se mangent ou se boivent !

  104. Un 3 juillet ma soeur naissait, Jim Morrison mourrait et Kwakizbak buvait toute l’eau de la mer (Morte aujourd’hui). Je rajoute votre anniversaire à cet éphéméride déjà bien chargé.

    J’avais prévu d’ouvrir une bouteille de champagne ce soir, je boirai un verre à votre santé !

    Tante Auguri Federica !

  105. @ Christophe : Flatteur :0) (je suis faible, j’adore). Merci Arf.

  106. @ Christophe (Kwakizbak) : Merci beaucoup, le champagne -le bon – c’est un des vins qui ne se refuse jamais. J’ai mis de côté le lien vers votre site ePagine pour aller y voir de plus près. On en reparlera certainement. (Votre soeur serait-elle ma jumelle astrale ?).

  107. Je ne connais pas votre signe astral complet mais je pense que non. Elle est beaucoup plus âgée que vous, hélas pour elle, heureusement pour vous.
    Allez, ePaginez bien ! Moi, champagne bu (du très bon), j’ai maintenant rendez-vous avec Serge Gainsbourg et Joan Sfar !
    A bientôt !

  108. @ Christophe : Heu, si vous croyez vraiment que j’ai trente ans, serait temps de changer de cluquettes :0) Cancer ascendant balance et pour l’année, envoyez-moi un gros chèque et je vous dirais tout (en privé seulement). So long ! Moi aussi j’ai fini le champagne, toutes les meilleures choses ont une fin.

  109. Ben moi j’ai rien eu! C’est vrai que c’était pas mon anniversaire! Mais quand même! Je regrette de ne pas être allée faire un tour du côté de chez FM!

  110. @FM. C’était votre anniversaire ? Oh merde j’ai raté la fête ! Si j’avais su j’aurais contacté interflora… (je blague, bien sûr)…
    Bon, allez, bon anniversaire FM. 🙂

  111. @ Oui Môssieur Monch, c’était mon anniversiare et vous avez brillé par votre absence ! C’est à cause des pays folkloriques que vous semblez tant apprécier 🙂

  112. @ Babeth : Tu n’as rien eu de quoi ? Mais de quoi on parle là ? (sgrmlpttre).

  113. Ça va durer combien de temps votre anniversaire? Non parce que sinon je m’organise! Les fleurs, le champagne, les compliments, tout ça quoi! … Allo? … (Vous n’avez pas eu le cadeau de Luc? pas possible!!) hu! hu!

  114. Dites donc Madame de Lafayette ! C’est bien beau d’amollir vos augustes dans les commodités de la conversation, mais il serait temps de mettre à jour vos articles, n’est-ce pas ? 😀

  115. @ Pluplu : Si je l’ai eu, je suis allée vous remercier hier au soir 🙂
    @ ADS : La Frédaime, elle y arrive plus. Elle prend la pose en attendant que ça vienne.

  116. @Frédérique: mais On parle champagne!
    @AdS: bien parlé! « Amollir vos augustes » j’adore!
    @Frédérique: allez « La Frédaime »! Courage! Tu vas les avoir! A présent que les augustes sont ramollis (ou bien ramollos?), les articles vont valser!

  117. @ Babeth : C’est pas dix petits nègres, qu’il me faudrait, mais une bonne centaine !
    @ Luc : Tout pareil.

  118. Ah ba alors je vais en profiter pour dire une petite côneurie. Je peux dire une petite côneurie?

  119. @ Je vous en prie, Pluplu, faites donc 🙂

  120. J’attends, nous attendons la petite côneurie de Mr Pluplu!!!

  121. Elle était si petite…

  122. Pffffff… m’enfin! j’disais ça comme ça! … Tiens, j’aime le foot et le Tour de France!! Ça en fait deux pour le prix d’une!! Mouaaaaaaaahhh!! C’est pas une grôsse côneurie ça? … Non mais « j’aime le foot! » …

  123. @ Depluloin : Mais vous vous dégonflez ! Et ça c’est pas une…ni petite, ni grosse.

  124. Ben ça! Qu’est-ce qu’il vous faut??!!
    (Et merci de me rappeler que j’ai toujours été un élève moyen, que je le serai toujours, pas même foutu de dire une petite côôneurie! Z’auriez pas une corde? une enclume? une perceuse à percussion? Mouaaaaaahh!!)

  125. @ Pluplu : Et maintenant,vous voudriez me culpabiliser. Vous nous avez spontanément proposé un petite… On la veut ! (Et tant que vous y êtes, envoyez moi ce dessin que vous me devez depuis des liustres pour une série dont nous avons parlé ici même 🙂

  126. Et nous la chanter façon Lény Escudero ?

  127. @ Vinosse : C’est bien aussi. « J’ai perdu mon âme, en perdant Sylvie, j’ai perdu mon âme, en perdant ma mie… »

  128. Haaaaaa!! C’est Vinosse qui me l’a soufflée, ça ne vaut donc pas! (S’il n’avait pas aussi mauvais caractère, je lui demanderais de me remplacer! Mais bon… je ne suis pas suicidaire, pas encore…)

    @ Vinosse : Tout ceci, très respectueusement bien sûr!

  129. « S’il n’avait pas aussi mauvais caractère »

    Affirmation fallacieuse…

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