CP F. Martin

CP : F. Martin

 

 

 

 

 

 

« La langue est la grande menteuse de la bouche », lui avait-il dit en se penchant sur elle, si près qu’elle avait pu distinguer les pores dilatés sur son front. Bois de cade, poivre et peau luttaient pour l’embaumer sans qu’elle veuille leur échapper. Est-ce qu’il en finirait jamais ?

Elle en était toujours aussi surprise. On ne se connaît pas – ou si peu, dans le meilleur des cas – on entre ; à peine les salutations d’usage et on passe directement au déshabillage suivi d’un rapprochement immédiat et de contacts plus ou moins appuyés. Une exploration lente et méthodique, comme s’il n’existait plus de sphère intime et que la pudeur avait été balancée aux orties.

« D’un rien, elle fait toute une histoire. Une véritable concierge. » avait-il poursuivi en souriant – dans le secret espoir de l’amener à la détente ? « Je m’allonge ? ». Un haussement de sourcil : « Oui, ce serait préférable ». Ça l’est toujours, pourquoi poser la question, ils n’allaient pas le faire debout. Elle lui tendit son bras dans un geste codifié, il le saisit avec une certaine douceur – juste celle qu’il fallait. Il ferma les yeux un long moment, semblant écouter quelque chose de si lointain, si ténu, qu’il avait besoin de toute sa concentration pour l’atteindre. « C’est très bien » finit-il par déclarer. Elle eut envie de s’étirer sans passer à l’acte pour autant. Elle sentit ses deux mains de chaque côté de son cou descendre sans hâte, tièdes et sèches, la pulpe des doigts lissée par des milliers de passages. Elle pouvait apercevoir les poils de son torse s’échappant par la chemise entrouverte. Avec certains, c’était carrément mieux qu’avec d’autres et – pourquoi le cacher ? – celui-ci avait sa préférence. Autant joindre l’utile à l’agréable.

Il continuait sans se presser, elle laissait faire. Parfois, quand il était penché ainsi, elle se retenait de lui passer les doigts dans les cheveux. Il y avait quelque chose de tendre dans sa lèvre inférieure, une malice dans ses yeux – surtout quand il riait – qui l’émouvait de manière fugace, comme un gonflement trop longtemps retenu, un soupir inexplicable. Mais cela pouvait aussi la prendre dans le métro, dans la rue, dans un café. Elle observait les gens autour d’elle, leurs mises informes le plus souvent, leurs visages fatigués, des chagrins mal dissimulés, la complicité d’un couple, un regard aimant, ou la main fine d’une femme effleurant sa joue avant de s’enrouler autour de son cou. Elle souriait alors, remuée, heureuse sans autre raison que celle de se sentir liée à des inconnus pour lesquels elle aurait pu avoir des gestes de pure consolation.

Il la fit asseoir et elle ne put s’empêcher de penser qu’il ne savait pas ce qu’il voulait, à changer sans arrêt de position. Il souleva sa chevelure pour mieux lui parcourir le dos. Et puis, ce fut fini. Il lui demanda de se rhabiller pendant qu’il écrivait quelques mots. Elle s’assit en face de lui, le considéra un long moment avant de lui demander :

– Combien je vous dois ?
– Six euros soixante, répondit-il en relevant la tête.

Elle trouva qu’il n’était pas cher.

92 Responses to Chez eux (2)
  1. Le lien entre érotisme et soins du corps … C’est l’intime …
    La technicité tiend à distance l’érotisme dans les actes térapeuthiques … Et je pense que le pouvoir de la technique médicale fait du corps quelquechose dont s’abscente le désir … pour y revenir cependant en cachette par les plaies et les plaintes …

    • @ Stéphanie : Le nombre de mèdecin et de patient(e)s qui concrétisent leur désir mutuel indique au contraire qu’il y a l’acte thérapeutique d’un côté (la raison, la maladie,la technique) et le désir de l’autre (le sourire, la voix, la peau, la silhouette, l’odeur) et que l’un n’arrive pas toujours à annuler l’autre. Ce qui est heureux, les deux – medecin et patient(e) – étant aussi des êtres humains.

  2. @FM : « ce qui est heureux » ? Heu… non, pas tout à fait… Comment te dire… C’est en fait un interdit absolu. La déontologie interdit toute relation sexuelle entre un thérapeute et son patient, car le patient est considéré dans ce cas comme étant en situation de faiblesse, et donc abusé. Il peut légalement porter plainte.
    Petit rappel ici :
    http://www.web.ordre.medecin.fr/rapport/sexuelles.pdf

    • @ Stéphanie : Je prends note que nous ne sommes pas d’accord. Je fuis comme la peste les explications totalitaristes qui montent en épingle ce qui n’a pas lieu de l’être.

    • @ ADS : Il faut arrêter avec le médecin tout puissant et le patient-victime. Les choses sont un peu moins pendulaires que ça. On peut aussi considérer le médecin comme le détenteur d’un savoir qu’il nous amène à partager. Le malade n’est pas obligé non plus de se soumettre et puis, lorsque nous consultons, nous ne sommes pas toujours à l’agonie. Loin de là.
      Quant aux règles, aux lois et autres rappels à la morale, ne s’agit-il pas aussi de prendre ses distances ? Tout doit-il absolument être réglé, de notre manière de nous lever jusqu’à celle de nous coucher ?

  3. Je ne suis pas d’accord avec toi : moi , je sens d’un coté l’agréssivité du corps , (agréssivité est pour moi un mot positif) et de l’autre la violence médicale qui veut réduire ce corps à la raison raisonnante de l’ordre . L’agressivité du corps reviend sans cesse par les blessures , les plaies , les excréssions et la souffrance et l’agonie … toujours niées , gommées par l’ordre totalitaire du social qui nie les corps individuels pour imposer son corps étatique-divin et sacrificiel : ce corps mis à mort , crucifié , cloué par l’interprétation scientiste et la chosification téchnologique .
    L’ordre n’est que meurtre et création d’un néant qui trouva son apogée par tous les totalitarismes … et s’il y a érotisme alors il ne peut être que contre tout ! … Oui contre tout ordre , comme un ultime défit de la beauté vouhée à l’anéantissement par le principe de meurtre qui fonde tout-orde social . Et je dis : puisque la fin justifie les moyens … alors l’érotisme ne peut être qu’au commencement …..

  4. Qu’est-ce que l’érotisme au delà des fantasmes ? … Concrétement . Et au delà des techniques sexuelles (?) ou d’accouplement ? … IL y a l’agréssivité du corps . Où est le corps dans la médecine ? … Qu’est-ce qu’un corps pour la médecine ? … En tout cas certainement pas quelque chose d’érotique . Mais quelquechose qu’il faut controler . Techniques de controle de l’intimité du corps individuel par le « corps-social » , voila comment je perçois l’ensemble des techniques médicales . Réduire le corps à un ensemble de fonctions organiques (dont l’érotisme ferait partie) . Et finalement réduire le bonheur (?) à l’homéostasie . Si l’érotisme existe , alors il ne peut être cause que de désordres … ou quoi d’autre ? un systhéme de fantasmes bien stéréotypés qui mettraient en ordre notre désir ? Alors l’érotisme est médicalisable également , d’ailleurs on a inventé la médecine du désir et on peut tout ramener à la biochimie , alors l’érotisme deviend quoi ? Une forme d’art avec ses codes ? …

    • @ Stéphanie : Je vous parle relations humaines, vous me parlez de LA Médecine. La fonction ne suffit pas à définir l’homme (ou la femme). Nous ne parlons pas de la même chose, voilà tout. Quant à l’érotisme, je ne crois pas qu’on puisse l’enfermer dans une définition – aussi savante soit-elle – car il échappe à toute tentative d’encerclement. Il dépend avant tout des individus. La boucle est bouclée.

  5. Parler relations humaines ? … Soit ! Mais votre réponse au sujet de l’érotisme est un peu un tour de pass-pass genre : « y a rien à dire car c’est impensable »… Je vous parlais du corps , en médecine , en philosophie , en art , et en toutes ces « choses »(?) humaines qui sont produites par les relations humaines … Qu’est-ce que « le corps »?……. Parcequ’on peut trés facilement définir un érotisme sans corps (et)mais si l’érotisme échappe à toutes definitions c’est bien parcequ’il ya le corps qui s’impose . S’il s’agit du (des) phantasmes érotiques alors ils n’en sont que les fantômes donc il est mort . Depuis des millénaires les humains se sont inventé des protéses pour supléer au corps : voitures , télé , machines diverses ne sont que des protéses au fond . Et on tiend le corps à distance réspectable et lorsqu’il reviend en scéne c’est médicalisé à outrance et même les phantasmes sont encerclés par le pouvoir des définitions psy … s . Vous dites parler de l ‘Homme ou la Femme . Au début de cette conversation (?) je vous ai parlé des animaux et c’est le corps qui s’impose en premier avec les animaux . Où sont les corps amoureux des humains ? … Je veux dire en vrai , ailleurs que dans les mises en scénes phantasmatiques et virtuelles … Et l’érotisme sans la beauté animale archaïque du corps c’est quoi ? … Et la place pour cette beauté parmis toutes nos protéses , c’est où ailleurs que dans la fiction artistique ? …… Et au bout du compte il ne réste que les plaies les blessures et « l’érotisation » des massacres par média interposés …..

    • @ Stéphanie : Je ne vous suis pas – et il ne s’agit pas d’un tour de passe passe – parce que je n’ai pas de définition, ni même de développement sur le sujet. L’érostisme se vit, il est dans la vie quotidienne, dans votre corps, comme dans celui des gens que vous croisez. Je ne suis pas tentée par un érotisme cérébralisé à l’excès. Boire, manger, dormir, caresser, voir, entendre, écrire, chanter, cuisiner, photographier, respirer… tout participe de l’érotisme. Cela passe par le corps et par le mental. Pour ma part – je le constate tous les jours, où que je sois.

  6. Oui ? bon , peut-être que j’ai complétement tord en fait ….. Et peut-être ce que j’ai écri là est complétement stupide …… Mais je trouve que votre idée de l’érotisme si elle n’est pas cérebralisée , soit , est cependant trés idéale voir utopique à mon avis , mais pourquoi pas .
    Moi , je vois bien l’immense majorité des gens sont « moches » (ésthétiquement parlant) et je ne vois pas où ils pourraient trouver leur érotisme si ce n’est dans le porno ou l’imagination fantasmatique .
    Le gouffre entre les représentations du corps et les corps rééls est évidente alors ? ….. Quoi pour les gens qui se vivent au quotidien comme moches voir trés moches et se détestent eux-même ? Quel érotisme ? ….. Je vous parle simplement des corps (et non pas décor) tels qu’ils sont ….. Sans aucune poésie parceque le quotidien l’a flinguée depuis longtemps la poésie amoureuse du quotidien …. Voilà

    • @ Stéphanie : Utopique, idéale… c’est possible, c’est bien mon genre 🙂 Mais l’érotisme n’est pas réservé aux seuls « Beaux », d’autant plus que la beauté en tant que telle n’existe pas. Ses critères diffèrent suivant les époques, les cultures, les individus. Ce que vous trouvez « moche » ne le sera pas pour un autre. Erotisme et esthétisme ne me semblent pas forcément liés.

  7. Je pense que votre discours est trops bienveillant envers les humains .
    Je pense qu’il existe des critéres ésthétique du « beau corps » qui dattent de plusieurs millénaires et qui ne varient pas ou trés peu suivant les lieux et les cultures car ils corréspondent à des necessités biologiques .
    Je crois que cela a été mis en évidence par certaines recherches scientifiques . Les humains obéissent plus que ce qu’ils le croient à des stimulations instinctives trés archaïques et le beau et le laid n’y échappent pas plus que d’autres rapports de forces . Bon , je vous trouve trés attachée à votre idéal d’égalité , mais en fait (s) l’égalité n’existe pas . Elle n’existe qu’en droits (téoriquement , et même pas , mais croyons le) , mais en faits il n’y a aucune égalité face aux réalités biologiques . Alors , à mon avis je pense que l’érotisme n’échappe pas aux exigences du biologique …. ou alors il doit tenir les corps à l’écart .
    Voila , c’est mon avis …. Mais cela peut évoluer ….

    • @ Stéphanie : Vous mettez le doigt sur une valeur à laquelle je suis profondément attachée : la bienveillance. Disons que je tente de compenser un manque phénoménal par un tout petit excès. La bienveillance est essentielle, je vous assure, pour soi comme pour les autres. Elle est à cultiver avec soin, dans un monde qui fonctionne si parfaitement sur le jugement et l’emballage à tout crin.
      Je ne vois pas où vous trouvez que je défends l’égalité, c’est plutôt la parité qui me semble à défendre, l’égalité en tant que telle n’existant pas vraiment, du fait de nos différences, du lieu de naissance, du milieu, de l’époque etc… Egaux en droits certes, absolument et sans discussion possible en ce qui me concerne, mais pas dans les faits, c’est certain.

  8. Ben, comme l’être humain est un paquet d’instincts et une montagne de neurones, j’ suppose que pour « s’accoupler » comme dit l’autre, il doit mélanger tout ça pour arriver à en faire autre chose qu’une distribution de sperme et d’ovules.
    Mais cette affaire de corps figuré comme une « machine » n’est pas neuve… à chaque époque, on a essayé de conceptualiser pour essayer de le comprendre… les idiots se limitent à la conception basique, puis les plus sensibles s’en servent comme tremplin. Descartes prenait le corps comme une machine (voir son texte les animaux-machines), plus tard on l’a vu sous forme d’automate, puis de robot (tout l’ monde a des références : ça va de la créature de Frankenstein aux robots d’Asimov) ; aujourd’hui, on regarde surtout le cerveau qu’on compare aux disques d’ordinateur. Ce n’est pas le réduire, c’est juste le mettre provisoirement sous une forme que l’on peut appréhender.
    Et la sexualité là-dedans : ben, dans le corps ET dans la tête. Surtout dans la tête que ça se passe.
    Quant à la médicalisation, ouais, mais elle s’occupe seulement de la mécanique, et tant mieux.

    • @ Monch : La médicalisation, oui, mais le mèdecin – pourvu qu’il voit un être humain dans le corps qu’il soigne – s’occupe de plus que cela et peut à l’occasion, voir plus loin que le corps. Mais je suis bien d’accord que la tête ET le corps ne sont pas séparables. Ils forment un tout et que l’un des deux disjoncte et c’est le tout qui est mis en péril.

  9. @FM. j’interdis à qui que ce soit d’entrer dans ma tête, médecin ou pas médecin. 🙂
    Mais ce qui m’ fait rigoler c’est que certains médecins peuvent le croire : en fait, ce qu’ils appellent autre chose, c’est la mécanique influencée ou affectée par l’environnement, qui est du mécanique lui aussi.

    • @ Monch : Ah bon ? Alors je sors, je savais pas 🙂
      On peut nouer des liens autres que médicaux avec un mèdecin (et là je parle d’estime réciproque, d’amitié ou autre) parce que ce sont des êtres humains derrière leur fonction. C’est ce à quoi je faisais référence.

  10. Mon boucher aussi est un être humain mais j’ lui demande de m’ filer un steak convenable et pas aut’ chose. Lui demande pas de devenir mon confesseur. Et s’il devient mon ami, j’ lui parle pas « boutique »… Pas sûr que le rapprochement favorise l’objectivité du médecin. Enfin, j’imagine… Mais comme j’ suis jamais vraiment malade (une santé d’ fer dans une peau d’ velours— j’en profite pour faire un peu d’auto-promo ), j’ suis pas bon juge…
    Y m’ semble que j’ vous ai entendue tousser… Non ?…

  11. Seul le corps est vrai . Le corps n’est ni mécanique ni érotique . Le corps c’est la nature à l’état brut , et les illusions rationnalistes ou poétiques ne résistent pas à cette vérité là . La médecine échoue à soigner les corps . L’érotisme échoue à les aimer . IL n’y a que la nature du corps . IL y a certainement plus de vérité dans la pornographie que dans l’érotisme . La poésie amoureuse ne résiste pas au quotidien .
    Seul le corps est vrai . On peut toujours farder la réalité , pourquoi pas , mais ce n’est que pour entretenir et sauver l’illusion du « bonheur » , ce grand bonheur des contes de fées et autres légendes produites par la poésie et la raison qui s’entendent trés bien pour créer des masques à la brutalité de la nature . Voila ce que je pense , seul le corps est vrai . L »érotisme et la raison ne servent qu’à le tenir à distance .

    • @ Stéphanie : Cela s’appelle « transcender » et c’est dans la nature humaine depuis que nous tenons debout. Quant au bonheur, je lui préfère la joie, qui est d’une toute autre qualité.

  12. Ou sublimer ? …. Non ? ….. Encore une fois je ne suis pas d’accord avec vous . Je pense que l’immense majorité des humains souffrent de « misére sexuelle »… Alors quoi ? Espérez vous vraiment qu’ils puissent choisir librement de transcender quoi que ce soit ? …. Ou alors il s’agit d’une transcendance obligatoire ….. Bon , je venais parfois chez vous et je signais « ZOE » , mais il y a une autre signature »Zoë » alors voilà j’ai signée de mon prénom . Moi , j’ai été « petite soeur des pauvres » comme vous vous en souvenez peut-être (c’est une métaphore , mais vous aviez compris je pense) Je n’étais pas chére et j’ai connue (au sens biblique) beaucoup d’hommes et croyez moi , la transcendance ou sublimation ils n’en avaient pas les moyens . Je n’ai aucune prétention et je ne me prend pas pour un service publique (Sevices publique plutôt?) mais la désespérance !!! de ces pauvres corps abandonnés …… Qui dans ma clientelle ? beaucoup d’hommes agés mariés (légérement pédophiles) des trés pauvres (qui puaient , ne vous en déplaise) Un prétre trés frustré et puis qui encore ? ….. Des pauvres « types? » gens en manque de quoi ? d’amour ? ou d’un simple soulagement sans doute ….. Seul le corps est vrai ! croyez moi ! car les pensées , les désirs , la tête , l’intéléct , le mental …. tout ça ce n’est que le corps .

    • @ Stéphanie : Je sais trés bien qui vous êtes, malgré le changement de nom et je me souviens aussi parfaitement de ce que vous aviez raconté au sujet de la prostitution. Votre expérience de vie vous conduit sans doute à voir les choses de cette manière, et je serai mal placée de vouloir vous en faire démordre. Mais c’est votre expérience, permettez que nous n’ayons pas tous la même et que nous puissions nous être forgé un autre point de vue. La misère – qu’elle soit sexuelle, sociale ou personnelle – inverse effectivement les priorités. Ne pensez-vous pas que celles et ceux qui lui échappe ont à faire avancer les choses par des reflexions, des recherches et des actions autres que nihilistes ? Croyez-vous que je suis sotte au point de ne rien connaître de la vie ? Imaginez-vous réellement que j’ai traversé le temps sans qu’il m’atteigne ? Je n’ai pas l’intention de me mettre en scène ici, mais je suis comme tout le monde, j’ai mes bagages moi aussi et une lucidité lourde à porter. J’ai fait le choix de croire en l’homme, quand même. Ni par niaiserie, par facilité (ce n’est pas le plus facile, croyez-moi), ni parce que la foudre du ciel m’aurait foudroyée. Par amour, Stéphanie, parce que nous avons si peu de temps et qu’il n’y a pas de plus belle façon de le traverser.

  13. La prostitution : est-ce le lieu où se rejoignent l’amour et les soins médicaux ? Oui médicaux puisqu’il y a détresse et souffrance et blessures ….. IL y a chez les prostituées quelque chose de Christique dans la déchirure de leur corps et aussi puisqu’elles se chargent des souillures du monde . « souillures » ou rejetés plutôt . Tout ce que l’on ne veut pas savoir et qu’on préferre « sublimer » de l’humain pour sauver la belle image . Y aurait-il quoi que ce soit de méprisable à souffrir ainsi de terribles frustrations qui sont aussi des plaies sanglantes ? …. Alors putain c’est quoi ? Putain comme ce pu qui suinte ! Moi ‘ j’aurai voulu avoir droit de citée et d’être reconnue et protégée par la citée . IL y a des réalités excommuniées …. L’envers de la transcendance sublime c’est l’enfer du mépris ……

    • Et je rajouterai : N’y voyez aucun mépris ou tentative pour vous donner la leçon. Simplement, si j’ai pu affronter des épreuves qui m’ont laissé la possibilité d’y croire, je m’en réjouie et je cherche juste à ce que ma voix ait elle aussi droit de cité, comme la vôtre.

  14. @Stéphanie. Vous avez vu une part de la réalité et vous en faites une affaire générale. Dans votre genre, vous êtes une sorte de Walt Disney : lui, tout était rose et vous, tout est noir. Dans une tonalité différente, vous êtes pareils. Extrêmement simplificateurs, extrêmement menteurs, extrêmement prosélytes aussi… Le monde est plus mélangé que vous ne le dites, plus divers. Et tout le monde n’est pas un prêtre frustré ou un vieillard légèrement pédophile.

  15. Je ne trouve pas vos réponses interessantes alors je laisse tomber . Je vous trouve dans la complaisance moralisatrice et ça ne m’interesse pas . En fait on ne peut rien se dire .

    • @ Stéphanie : A qui vous adressez-vous ? C’est la seconde fois que vous faites une sortie de ce genre, je vous préviens tout de suite qu’il n’y en aura pas trois. Je veux bien discuter, mais je refuse tout net qu’on vienne s’essuyer les pieds sur moi ou sur les gens qui fréquentent ma maison.

  16. @Stéphanie. Y a pas plus moralisatrice que vous. Si j’ peux m’ permettre. Vous voyez tout à travers un seul microscope. C’est même la caractéristique des fanatiques ou des obsessionnels. 🙂

  17. Chère Stéphanie, vous avez réussi tout un exploit : nous mettre du même bord, Monch et moi. Faites sonner le tocsin quelqu’un !

    En fait, depuis trois jours, je m’exclame devant l’inouïe, l’admirable, la déééraisonnable patience de madame la tenancière du lieu. À sa place, je vous aurais depuis longtemps désossée (littérairement) pour jeter votre carcasse (cybernétique) à ma petite minette, qui n’en aurait fait qu’une bouchée (métaphoriquement). La connaissant, elle n’aurait laissé derrière que vos atroces coquilles (elle ne les digère pas plus que moi), vos raccourcis logiques pitoyables (ça lui donne des gaz) et votre obstination de schizophrène en pénurie de cachets (elle n’en mange pas, elle est tombée dedans quand elle était petite, comme tous les chats, d’ailleurs).

    Je ne peux que vous remercier de nous avoir fait découvrir cet aspect quasi mystique de madame Martin et, surtout, de m’avoir donné cette leçon de vie. Je n’aurais jamais cru me retrouver un jour d’accord avec monsieur Monch.

    • @ Eric : Moi déraisonnable et quasi mystique , Mouahahahah, j’adore. En plus, je sonne le tocsin, plutôt deux fois qu’une, comme dit Monch : Je suis trop GENTILLE 🙂 Mais ce n’est pas grave, j’assume. Comment vas-tu grand dément du deux roues ? Ainsi tu viens en catimini assiter à mes matchs de catch ! (je ne savais pas que tu élevais une tigresse). C’est quoi ta prochaine grande escapade ?

  18. Mais si, voyons, madame Martin, j’assiste sereinement à tout ce qui se passe ici. Eh, eh, eh.

  19. La réalité n’est faite que de rapports de forces . Donc , il est évident que vous avez gagné , Madame Frédérique .

    • @ Stéphanie : Vous cherchez la bagarre et les limites comme une gamine, ne vous étonnez pas de les trouver. Il n’y a qu’à vous que cela arrive ici. Demandez-vous pourquoi au lieu de vous poser en victime. C’est la deuxième fois que vous me faites le coup, je vous le répète, il n’y aura pas de troisième fois. Vous êtes la bienvenue, mais apprenez à respecter les lieux. Sinon, passez votre chemin.

  20. Pas de probléme . Bon , rien ne vous oblige à publier mes com’s …
    Pour moi , les blogs ne sont pas du domaine publique , il vous est donc loisible d’écarter mes commentaires . En fait , au delà de tout moralisme , je pense sicérement que nous ne pourrons jamais nous entendre . Le « pourquoi » importe peu . C’est un constat ….
    Moi ; personnellement , il n’est pas possible de commenter mon blog .
    Parceque ce n’est pas le but pour moi d’avoir des commentaires . Mon but est de faire de la « PUB » pour la forêt … et lorsqu’on passe dans une forêt , les traces qu’on y laisse sont effémaires et donc je symbolise cela par le fait que si quelqu’un passe sur mon blog , il n’y laisse pas de traces …. Voilà l’ouverture de la chasse , les massacres vont recommencer . Mais les traces des meurtres s’effaceront ….
    Voilà , vous voyez ! Pas de problémes …. Chez moi c’est ailleurs et puis voilà ………

  21. … Et, ça va mieux, le dos ? …

    A+ JCP

  22. @ ADS : Parce que je suis imprévoyante, je mets tous mes oeufs dans le même panier :0)


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