On ne remercie pas assez. On devrait pourtant, c’est une attitude saine et salutaire qui rappelle à un peu d’humilité et permet de rendre aux autres une place que les postures actuelles tendent à leur rogner sans vergogne. Car peut-on envisager un monde dans lequel on serait seul à clamer : « moi, moi, moi » ? Laissons cette ambition aux parangons de l’orgueil, et quand il n’y a personne à remercier en particulier, remercions quand même, pour une place de parking à l’heure de pointe, pour un bout de ciel bleu, pour le sourire d’un inconnu, pour la chance qui nous est offerte de vivre un jour supplémentaire…

Aujourd’hui, j’ai quelques remerciements en retard, non qu’ils ne m’aient tenue à cœur, mais parce que je n’étais pas encore en mesure de réaliser certaines prouesses techniques qui paraissent si simples à d’autres. Ce site n’aurait sans doute pas vu le jour avant les calendes grecques sans un certain Gilles Bertin. Je raconterai prochainement tout le bien que je pense de Gilles Bertin, rencontré voici douze ans grâce à une publication en commun, son texte Elle m’a pris  et le mien  Dina’s song. Les livres amènent des amis, le temps les valide, les épreuves les révèlent. Et Gilles Bertin est un véritable ami, qu’il en soit ici sincèrement remercié.

La fidèle Magali Duru a été la première à parler de ce site dans son blog et s’inquiétait d’un démarrage un peu lent. Auparavant, elle m’avait réservée une page quand je n’étais encore qu’une Sans Site Fixe. En attendant que Magali Duru ait fini d’écrire son prochain opus, on peut lire son recueil de nouvelles Les beaux Dimanches aux éditions Quadrature, dans lequel la nouvelle éponyme est chère à mon cœur. Je l’avais défendue lors du concours de la nouvelle du Crous puis lue lors de la remise des prix. Merci Magali, pour ce texte tout en finesse.

En suivant, je salue Françoise Guérin dont le blog littéraire s’est plusieurs fois fait l’écho de mes livres. J’imagine Françoise Guérin entourée d’une armée de chroniqueurs, dans un bourdonnement de ruche, assise derrière son bureau, observant avec ce regard et ce sourire si particuliers dûs à la pudeur. Aux éditions de l’Atelier du gué on trouvera son tout dernier livre Un dimanche au bord de l’autre. Merci Françoise, d’aimer si bien les livres.

Et puis, il y a Georges Flipo. Que dire de Georges Flipo qu’il n’ait lui-même révélé ? Peut-être qu’il est à vif, comme tous ceux qui prétendent créer, qu’il dissimule ses émotions et ses peurs les plus secrètes sous un humour à toute épreuve. Qu’il en livre quelques unes dans Le vertige des auteurs, et qu’il vient de mettre au monde son tout dernier enfant Le film va faire un malheur aux éditions du Castor Astral, le tout en priant pour que le monde lui réserve un accueil empli de tendresse. Il en parle dans son blog. Merci Georges, pour tes chaleureux propos et ta sincérité.

Et merci enfin, à toutes celles et ceux qui sont déjà venus ici, lire et laisser un mot. Je manque de temps pour répondre, mais pas pour me souvenir.
Oui, savoir dire merci est un art qu’on ne pratique bien qu’avec le cœur, puisque c’est au cœur, directement, qu’on est toujours touché.

8 Responses to Savoir dire merci
  1. Et c’est donc là que tu me touches, Frédérique.
    Merci de ce merci, magnifiquement exprimé, mais bien trop généreux.

  2. « Elle m’a pris » Un texte puissant de Gilles Bertin, c’est vrai. J’ai la chance de l’avoir avec Dina’s song (que j’aime aussi) dans la plaquette éditée à l’époque par la librairie « La Mandragore » de Chalon Sur Saône…

  3. Je vais faire plat, très plat : l’amitié avec l’amour et la paternité fait partie des piliers de la vie. Sans quelques amis pourrions-nous tenir le coup ? Je dis non ! Je suis assez loin dans ma vie maintenant pour l’avoir vérifié. Voilà, c’est dit.

  4. Merci, Frédérique, mais c’était un plaisir d’accueillir ta « Femme vacante » et le billet de Magali sur « L’Echarde du silence », dans les pages de MOT COMPTE DOUBLE.

  5. Je vais faire encore plus plat : je suis le seul cité qui ne soit pas revenu. Je voulais simplement te féliciter : tu dis très bien merci, tu le dis comme tu écris.
    Et te… ah zut, il n’existe pas de verbe pour exprimer l’idée d’exprimer l’amitié. On peut aimer, on peut détester, on peut adorer, mais on ne peut pas amificier.
    Je suis quand même passé pour t’amificier.
    Georges

  6. Il est trés bien, ce verbe, et pas plat du tout. En tout cas, il n’ est pas trés courant…et pour cause…
    Faudra le proposer à l’Académie le jour ou on se retrouvera tous chez les vieux schnocks. ( Même si j’écris comme un pied, j’en rêve!)
    En attendant, je l’emprunte sans vergogne et t’amificie moi aussi pour le bon moment que j’ai passé à flaner dans ce carnet.
    C’est bien Fred, continue.

  7. Ah, qu’il est sinueux le parcours pour arriver à vos commentaires, comme si cela était réservé à des initiés.
    Le net, ce n’est pas ma tasse de thé et je suis désolée de devoir me balader avec un trousseau de clés pour arriver à écrire un commentaire !
    Du coup, je ne sais plus ce que je voulais vous dire et je ne trouve pas le billet qui m’avait inspirée…
    j’essaierai quand je serai dans de meilleures dispositions physiques et mentales si pas intellectuelles.
    je vous souhaite une bonne journée


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