Le monde court à sa perte !

Par souci de discrétion, je ne peux citer mes sources, mais je tiens à relater le dialogue dont j’ai été le témoin direct voici quelques jours, très exactement à la verticale du dernier flocon de neige que nous avons balayé.

– Il y a de plus en plus de catastrophes naturelles dans le monde.
– Oui, c’est vrai. Il faut s’attendre à du grabuge dans les années à venir.
– En plus de la crise, ça va pas nous arranger.
– Ben c’est à cause de la couche d’ozone, la fonte des glaciers, la pollution, tout ça…

Cet échange ébouriffant, au contenu révolutionnaire, je vous le livre en avant-première ! Il a eu lieu entre deux hommes qui étaient eux-mêmes entre deux portes ; celles de leurs 4×4. Deux gaziers ordinaires, charmants au demeurant, mais qui ne savent plus presser une orange sans l’aide d’une usine ou ignorent qu’en plus de ses ailes et de ses cuisses, un poulet compte aussi des abattis : tête, tripes, cul. Ces hommes sont mariés à des femmes qui ne font pas la relation entre leur poids et ce qu’elles mangent, la disparition du thon rouge et leur sushi du vendredi, le poil des animaux et leur col de fourrure. Parfois, quand ces couples partent en week-end au Maroc ou en Tunisie – où il y a de plus en plus d’arabes, vous ne trouvez pas ? – ils s’entretiennent gravement de la fin probable du monde qui est annoncée sur internet.

Ne mélangeons pas la vache qui pète et celle qui rit, quand bien même les deux expulsent de l’air. Evitons aux tableaux de bords en polyamide et aux carrosseries en polyesters insaturés de recevoir trop de substrats de pensées en arrêtant par exemple de maudire le trou du ciel tout en benzopyrénisant comme des émirs. Ou en renonçant à ce faciès de mangeoire à foin, que partagent ceux qui s’ébaubissent devant la ferme des calamités. Pourquoi ? Pour gagner du temps sur la wification intersidérale, les liposuccions du cortex, la désertification pubienne et la sodomisation de Lucilia Sericata.

Santa Lucilia

A quoi l’utiliser, ce temps ? A se poser la putain de question – qu’est ce que j’y peux ? – et surtout, à trouver le moyen d’y répondre.

Elle s’appelle Karima de son prénom, Karimouche pour le public. Emballage d’origine, c’est le titre de la chanson éponyme de son premier album. Elle a une sacré pêche et elle y croit : « Je veux garder mon humour. Moi c’est l’Homme que je choisis ».
Moi aussi, Karima, moi aussi. Mais on est bien d’accord, pas n’importe lequel !

 

Les paroles sont ici

Cet article a 121 commentaires

  1. Je l’ai vue en spectacle à Lyon il y a deux ans. Elle a du jus, de la rage, de l’humour, des textes très bien. A voir sur scène si tu as l’occasion.

  2. Voici un remède qui cautérise quelques plaies en montrant des expériences positives et des êtres humains qui n’attendent pas la fin du monde assis sur leurs moignons…
    Le film de Coline Serrault (« Solutions locales pour un désordre global » va sortir bientôt) Je l’ai vu: Absolument formidable, informatif, virulent et revigorant. Et tendez l’oreille, la musique est formidable.
    La bande annonce ici:
    http://www.solutionslocales-lefilm.com/

  3. FM, vous vous emmerdez pour rien. Vous préoccupez pas de l’avenir de la planète. A plus ou moins longue échéance, la planète n’a pas d’avenir. Et puis, vous vous faites bourrer le mou par les grands lobbys « écolos », comme d’autres se le font bourrer par les grands lobbys « industriels », qui sont souvent les mêmes. Artus Bertrand se faisant financer par ceux-là mêmes qui accomplissent ce qu’il « dénonce »… L’industrie est en pleine mutation, le Capital s’adapte à la mentalité qu’elle contribue à modeler, pour pouvoir travailler en paix avec la bénédiction de tous.
    Al Gore en est le messager le plus cynique.
    Quant aux paroles de la chanson, elles sont une enfilade de lieux communs et de poncifs. Et mal écrites en plus. Puis les prêcheurs me gonflent. Quelle que soit la cause.
    Sinon, y a du soleil, c’est déjà ça.

  4. @ Gilles : J’ai en effet vu que Kalimouche est une lyonnaise comme d’autres chanteuses dont j’ai parlé dans ces pages. Alors, Lyon, vivier de talents ?

    @ Joël : Merci du lien. Coline Serrault est venue à Toulouse et a été interviewée à ce sujet par Christian Moretto sur TLT et sur radio occitanie. C’est effectivement à aller voir et à revoir. La fin de la bande annonce donne bien le ton : « Bientôt quand on passera à table, il faudra se souhaiter bonne chance au lieu de se souhaiter bon appétit » ! Faites passer.

  5. @ Monch : :0) Le jour où vous aimerez ce que je propose, les cochons bios voleront dans des pyjamas en coton équitable :0)

  6. @FM. (Femme de Mauvaise foi). Sur votre dernier billet, j’ai dit que Cécile Larroche avait une très jolie voix. Bon, dans un répertoire qui me passionne pas, mais elle a une jolie voix. Le bio et l’équitable, c’est vrai que j’ m’en fous. Mais je peux vous expliquer de quelle façon le commerce « équitable » est en train de paupériser des populations et de définir de nouveaux conglomérats agro-alimentaires ; comme je peux vous apporter les documents qui prouvent que le commerce « équitable » profite aux mêmes qu’auparavant : les filières de distribution ne sont modifiées en rien, les ONG sont des pompes à fric, et OXFAM ferme les yeux et négocie son intervention dans certains pays en fonction des certains impératifs. De la poudre aux yeux pour la presse et les foules agenouillées.
    J’ suis intarissable sur le sujet. Renseignez-vous sur la façon dont le label bio est attribué dans la pratique et pas comme on dit qu’il est attribué.
    Je maintiens et je persiste : vous êtes très GENTILLE. 🙂

  7. Je ne sais pas si MCA a raison sur tout ça, c’est possible, mais ça n’empêche : on trouve des moyens de lutter à son échelle en pêchant de l’énergie où on peut, que cette énergie soit dans le fait de répéter inlassablement ce qui n’est encore qu’une évidence pour peu d’entre nous, ou dans le fait d’écouter des jeunes chanteuses engagées (ou de vieux chanteurs comme Ferré). S’il faut vitupérer pour avancer, vitupérons, peu importe que ça fissure ou non le mur des cols blancs. Parce que sinon, il ne reste plus que le nihilisme, état que je persiste à croire sans intérêt, car immobiliste.
    Je préfère croire en la gentillesse (qui n’est pas un gros mot) que sombrer dans le cynisme du « tout se vaut ».
    En revanche, c’est vrai que le « blob » mondialiste et politiquement correct récupérant tout, c’est pas fastoche fastoche de s’y retrouver. Perso, je pense que le commerce équitable est tout de même une des solutions, et tant mieux s’il parvient à passer par les filières traditionnelles de vente (il n’existerait plus autrement). Bref, la nuance, ô MCA, ça ne nuit pas forcément, tu sais ?
    :0)

  8. @ Monch : Vous prônez sans arrêt le nihilisme le plus total. Rien n’est possible dans ces conditions. Je suis peut-être gentille, mais je ne suis pas cruche pour autant. Je n’ai jamais cru aux grands mouvements d’aucune sorte car dès qu’il y a du fric et du pouvoir, les dens longues, sont là. Mais, je crois aux individus, aux initiatives privées et à un mouvement collectif souterrain. Vous êtes probablement plus calé que moi sur les questions écologiques et sur bien d’autres, je n’irai pas vous chercher sur ce terrain. Mais je vois les effets de l’agriculture traditionnelle dans ma campagne, je sais différencier les fruits et légumes bio des autres, par leur qualité gustative et nous devrions comparer nos résultats sanguins pour voir si mon alimentation et certaines de mes convictions (que vous appelez bourrage de mou) sont oui on non payantes. Je suis entourée de gens qui ont des cancers a des âges variés et de plus en plus graves. La sur-industrialisation de ce que nous appelons encore « la nourriture » fait partie intégrante du problème. Donc oui, il faut s’y atteler, même si rien n’est parfait, même si à terme nous sommes tous condamnés à crever. C’est ce que je crois Monch, sincèrement. Et je ne suis pas que gentille, faites moi le plaisir de croire que je réfléchis aussi par moi-même, autant que faire se peut.
    Les verts ne sont pas plus angéliques que les autres, vous croyez que je ne vois pas leurs ambitions mal dissimulées. Mais il y a parmi eux, des gens qui ont la volonté de changer le monde, de le rendre plus juste et d’en assurer la continuité. Des gens ordinaires, Monch, qui vivent selon des valeurs et croient à la force du collectif, sans pour autant manifester de voracité personnelle. Je soutiens financièrement une initiative privée dans un village d’afrique, pour la scolarisation de tous les enfants, la constructions de puits et de ponts et l’indépendance financière des femmes. Vous allez sans doute me dire que je me fourre le doigt dans l’oeil et que je contribue à la paupérisation des plus démunis, non ?
    Pour conclure, si chacun fait un pas dans la bonne direction, c’est ça de gagné Monch. Un pas, un geste, chacun de son côté, tous les jours. (Ben là si vous aimez pas la prêche, vous êtes servi ! ça vous apprendra. :0)).

  9. @ Sophie : Nos commentaires se sont croisés, je le dis pour celles et ceux qui croieraient que nous nous sommes concertées. Je dirais comme ça, à vue de nez, qu’on est assez d’accord. :0)

  10. On ne change pas le monde en conservant le système intact. D’ailleurs, depuis l’ temps, je vois que pas grand-chose a changé. Ou plutôt, les choses se modifient, prennent une autre forme et restent pareilles. D’abord, « équitable » relève d’une pensée morale, et n’a rien à voir avec le Droit.
    Je me répète que je suis certain qu’un écolo dans un coin, ou que le militant de base est sans doute convaincu (comme certains militants communistes avaient et ont toute ma sympathie) il n’empêche que la structure agissante est complice de ce qu’elle dénonce. Les critères de culture « équitable » sont des critères lourds voire impossibles à supporter pour de petits producteurs, si bien qu’ils sont obligés de se vendre ou de se ruiner pour les atteindre, donc ils perdent leur autonomie alimentaire pour satisfaire la « morale » des consommateurs occidentaux conscientisés. C’est un fait. Quant aux tripotages divers des ONG, n’en parlons même pas. Je vous renvoie à une affaire qui devrait secouer les esprits : bon nombre d’ONG servent de canal de fric pour des organisations terroristes.
    Et pour finir, OXFAM (que je connais assez bien) contribue à la mise en place d’un travail non rémunéré, travail en noir, sous couvert de bénévolat. Un système légal d’exploitation de la main-d’oeuvre… Les Magasins du Monde sont tenus par des « gratuits », alors que les équipes directrices et les relations publiques sont largement payés et bénéficient de voitures de fonction. (C’est un exemple).
    Et je peux aligner les exemples qui vérifient que le système se contentera très longtemps des « bonnes volontés » qui l’alimentent en croyant le détourner.
    SophieK. Les filières de distribution ne perdent rien à distribuer… c’est toi qui te fais avoir, et le producteur. N’oublie pas que le distributeur n’est pas neutre, il est coté en bourse, il est acteur du système et il n’y a aucune gloire a être « pris en charge » par lui parce qu’il est le vrai gagnant au bout du compte. Demande à Vinosse pourquoi il se « distribue » lui-même. J’en ai jamais parlé avec lui mais j’imagine bien pourquoi.

  11. Difficile, Frédérique de rester de bois à la lecture de tout ça. Sur le fond : tu as raison d’affirmer : un pas , un geste … dans son quartier, à sa porte, petits riens qui ne sont pas rien … à l’heure du repli sur soi, du zapping affectif … Sur la forme : j’avoue avoir été séduite par ton texte …! Écriture époustouflante et si efficace ! J’aime ça … Bises

  12. @ Monch : Raison pour laquelle les Amap existent. Une distribution directe du producteur eu consommateur résoud en partie ces problèmes. Moi aussi je me répète, les initiatives privées ont plus de chance d’être saines que les autres, car elles ne génèrent pas de gros profits, il n’y a pas de niche où puisse s’installer le coucou.
    Je ne remets pas en question la validité de ce que vous dénoncez. L’écolo de base doit être informé de ces choses pour s’y opposer. Militer pour le commerce équitable, l’agriculture bio, la déconsommation ou encore une meilleure répartition des richesses… ce n’est pas la porte ouverte à tous les abus. Si on s’en réfère aux communistes, ne soyons pas aussi aveugles qu’eux quand ils ne voulaient pas croire au totalitarisme des pays de l’est. Il y a beaucoup plus d’électrons libres qu’on ne le croit, ils ne s’étalent pas dans les journaux, c’est tout. Ils sont discrets, parce que c’est comme ça qu’on construit et qu’on dure.
    Pour quoi vous ne vous servez pas de vos connaissances pour informer, Monch ?

  13. @ Tiens Daniel, où vous cachiez-vous tout ce temps ?
    @ Merci Juliet, les petits riens ne sont pas rien. Je crois au contraire qu’ils sont tout. A certains moments de ma vie, j’ai eu besoin d’aides diverses. J’ai croisé la route de gens qui m’ont soutenue, qui ont fait le lien, qui ont effectué ce geste, ce pas qui étaient nécessaires. Je sais donc à quel point cela compte. Et réciproquement : donner, recevoir – recevoir, donner. Il y a une véritable générosité souterraine à laquelle il me paraît naturel et joyeux d’apporter ma contribution. Ce qui n’interdit pas la lucidité.

  14. @FM. Je le fais mais d’une autre façon.
    Ceci dit, je suis pas nihiliste, j’ suis boucher-charcutier. Parfois, je fais dans l’abattage, le désossage et l’équarrissage. C’est pas un boulot gratifiant, les gens s’ bouchent le nez, mais faut l’ faire. :))

  15. @ Monch : Ce que vous dites m’évoque une algarade publique où je me suis faites injurier par une « copine » pour avoir remis en question la conduite des casques bleus dans je ne sais plus quel conflit. Vous avez raison, il faut le faire ce boulot, c’est rarement gratifiant. Je crois comme Sophie K qu’un peu de nuance ne saurait nuire à l’exercice, cependant. On ne peut pas juste jeter des bombes et rabâcher aux gens qu’ils sont de fieffés crétins. D’expérience, ça ne fonctionne pas, on ne sait pas pourquoi, mais les gens se braquent. C’est idiot, n’est ce pas :0)

  16. Oui, j’ai jamais compris moi non plus pourquoi les gens n’aimaient pas qu’on les traite d’andouilles.
    C’t’un mystère insondable.
    (Mouhahahahahahaha !)

  17. Oh, ils n’ont qu’à s’ braquer… au moins y f’ront kekkchose plutôt que de s’ regarder l’ nombril en croyant qu’ils sont au centre de tout. Un jour, faut bien dire aux idiots qu’ils le sont. Garder le silence n’arrange rien.
    Y a que c’est plus mouvementé, et que ça rapporte des ennuis, mais bon…

  18. @ Il y a aussi que tout le monde n’est pas un abruti en puissance et qu’il faut savoir être indulgent(e) avec les limites, les incompréhensions et les manques de connaissance d’autrui. Vous ne pouvez pas dire par exemple que je me crois au centre du monde simplement parce que je ne connais pas toutes les arcanes de la distribution (et qu’en plus je me permets d’avoir un avis) :0) Je n’ai pas vocation à un savoir encyclopédique, mais je ne refuse pas d’apprendre pour autant. Je peux même dire que je suis curieuse et attentive, mais voilà… j’ai des lacunes. Alors, cela fait-il de moi une sombre crétine pour autant, ou juste un être humain avec certaines compétences, dispositions et le même capital d’heure par journée que les autres ? Nous investissons tous dans des domaines différents et du coup, nous en laissons d’autres en jachère. Mais qui peut prétendre déterminer quels sont les axes essentiels et ceux qui ne le sont pas. C’est toujours une affaire de point de vue, donc de partialité.
    (En plus vous m’agacez à faire votre cerbère enragé, alors que vous même, hein, la gentillesse, on sait ce qu’il en est vous et moi… 😯 )

  19. @ Sophie K : Sait pas moi, se vexent peut-être. Avec une andouille, faut s’attendre à tout ! … :-# )

  20. @FM. Comprends pas le dernier paragraphe. 🙂

    @SophieK. Ah toi aussi, t’as eu la même expérience ? Note que s’ils étaient intelligents, y aurait pas b’soin d’ les traiter d’idiots. C’est d’ leur faute. Y font rien qu’à provoquer ! 😀

  21. @ Monch : 😯 😯 😯 😯 😯 😯 😯 😯
    C’que vous mimez bien la stupi… pardon stupéfaction (ahahahahah)

  22. @FM. J’adore vos compliments. 🙂 🙂 🙂 🙂

  23. Moi ce que je dis toujours, c’est qu’on n’arrête pas le progrès.

  24. Ben suis tout d’accord avec Monch qui argumente mieux que moi, voilà !

  25. J’ai horreur de ces smileys,
    on dirait des grains de maïs
    … Aux OGM.
    (ben oui il court à sa perte…
    L’être humain n’est pas bon,
    il est même plutôt c.. ).
    Suis pas loin de penser comme monch.
    … Si je pensais.

  26. Comment ça 23 commentaires ? Mais où étais-je ? Très beau billet, Frédaime, et très bien écrit.
    Monch’, vous avez raison sur certains points. YAB et Hulot sont des tartuffes de première, et le commerce équitable, pareil, je peux fournir plein de docs sur la connerie monumentale que c’est.
    Mais nom de dieu, je préfère mille fois (minimum) manger sans saloperies chimiques et antibiotiques tant qu’à faire. Et les gros pollueurs et les dégueulasses me sortent par les trous de nez. Et Vinosse a raison de se passer des distributeurs. (Et la guerre c’est caca et la pauvreté c’est laid) 😀

  27. Quoi ? C’est pas vrai ce que je dis? Je suis hors sujet? Au moins suis bref! (Je ne vise personne bien entendu…)

  28. Oh la la, j’arrive à la fin du grand débat de la journée…Et je suis d’accord avec tout le monde, non, pardon, j’entrevois tous les points de vue détaillés et argumentés et exemplifiés (mon chien aussi est très fort, et ce n’est pas -que- de la flatterie, dans le décorticage de tout ce que l’on s’obstine à faire de « bien pensant »…vieux relents de judéo-christianisme attitude?? et dans tout ce qu’on a tort de « bien penser »).
    Moi, je suis une puce parmi d’autres (ça change du grain de sable…), je pique, je m’énerve contre ce « monde de merde » (cf « le grand détournement »), et/mais, je tente aussi de faire le « moins pire » possible (j’espère que vous êtes sensibles à ma maitrise de la langue…c’est ça les nouveaux profs en lycée professionnels…et ça va pas aller en s’arrangeant hein « monch »? ;-))
    Nous sommes beaucoup à osciller entre le pur désespoir, l’impuissance insuportable, le poids atroce, indiscible des malheurs et horreurs du monde et le printemps qui pourtant renait (pléonasme quelque part…) avec ses bouffées de beauté fragile.
    Toujours sur le fil ténu, à tenter un équilibre dans ce déséquilibre…
    Je suis pour les graines à planter, certaines poussent, d’autres non, mais au final, récolte il y a avec parfois de belles denrées pour nourir le corps et l’âme.
    Plantons nos graines, soyons « modestes », sachons nous satisfaire d’avoir la force de cultiver notre jardin (ce n’est pas de moi …;-))
    Mais gardons aussi la rage et l’immodestie de croire que peu à peu le jardin peut s’agrandir, grâce à nos compostes collectifs…
    Aujourd’hui, après un « cours » sur la « poésie engagée » (c’est très bien pensant) et une séance de rappel historique du contexte de parution du « déserteur », j’ai tenu une classe d’incultes (pas leur faute…j’assume le mot, pas péjoratif, un constat de l’état de méconnaissance de mes élèves) en haleine à leur expliquer basiquement les guerres d’indépendance et les conséquences que nous en subissons encore aujourd’hui (racisme et compagnie…la « racaille qui crame les bagnoles »).
    Je leur ai suggéré de tenter la non généralisation, c’est très dur de pas tout mettre dans des cases, je leur ai suggéré la connaissance des faits avant de porter un « jugement » (quel qu’il soit)…Bref, je me suis « lâchée » et j’ai joué mon « humaniste à deux euros ».
    A la sortie, une jeune fille est venue me parler, elle était si heureuse: nos esprits et nos émotions s’étaient rencontrées, c’était…magnifique de la voir soulagée de n’être pas la seule à penser ce qu’elle pensait, de partager avec elle. Les « retours sur investissement » en direct sont rarissimes dans mon boulot…
    Je vous raconte ma vie, juste pour dire que j’ai vu aujourd’hui une fleur pousser sous mes yeux, à peine la graine plantée…et sans OGM ni engrais chimiques…
    Et je me suis dit que j’étais la plus heureuse des enseignantes, et j’ai vu l’importance de ce que je tente de « transmettre ».
    La puce va poursuivre son travail, grain de sable dans l’engrenage pour tenter de faire crisser la « grosse machine qui nous oppresse »…
    Merci pour vos nourritures locales et variées, et pardon pour les longueurs…Parfois, j’ai du mal à faire court…

  29. @ Agatateabag : Pourquoi faire court, si on a des choses à dire et de la place pour le faire. Moi aussi j’aime voir pousser les fleurs, c’est rare et c’est émouvant.
    @ Depluloin : Vous n’êtes jamais hors sujet :0)
    @ Anna : Tu devais rôder encore :0) Montez donc une coopérative avec Monch, il y aura Kouki, Luc… et moi, tiens, j’en serais.
    @ Monch : Vous avez un fan club, voyez qu’équarisseur c’est pas si mal, finalement :0)

  30. Tout est dit et l’on vient trop tard. Je dirais juste que si Monch peut être juste dans ses analyses il est chiant dans ses formules parce qu’elles donnent l’impression qu’il nous prend pour des courges. Et sur le sujet de ce jour, du document j’en ai plein mes valises et j’ai pas attendu que ça devienne des slogans à la mode. Pour résumer, on va pas attendre assis sur nos culs la fin du monde. Donc on a raison de s’organiser pour résister car comme dit Miguel Benassayag, resister c’est créer.
    Merci Frédaime pour ce billet bien troussé. Et la chanteuse, je découvre, elle est intéressante. (Mais ça vaut pas Juliette mouahahah!)

  31. @ Zoé : Il n’est pas trop tard et je te rajoute à la coop qui est en train de se monter. Toutes les infos percutantes sont les bien venues. Et non, pas question de rester à se gangréner le fondement en attendant le jugement dernier (même en compagnie de Juliette remouhahaha).

    @ Monch : Je ne suis pas un curcubitacé, je suis une femme liiiiiiiiiiiiiiiibre (et bien le bonjour chez vous) :0)

  32. Ah moi je me gangrène pas le fondement en compagnie de Juliette, perso. Je refuse tout net.
    (Ou alors ce sera très très très très cher la minute !) (mouhahahahahahahahhahahahahahaha !)

  33. (On cause à peine de résistance que déjà se pointe la torture. Tsss.)

  34. Je vais étaler ma science toute neuve (merci Gilles), Sophie K vient d’atteindre le point de Godwin (qui n’a rien à voir avec un certain point G, ne pas confondre !) :0)

  35. @Frédaime :le point de Godwin ? Ben quand ? j’ai du rater un des ses commentaires.
    @Zoë : tu connais Benassayag ? 🙂
    (j’l’ai écouté en conférence à Toulouse salle du Sénéchal y’a deux trois ans environ.)

  36. @Frédaime : à mais toi aussi tu connais Bena ?
    (Le point de Godwin c’est quand au cours d’une discussion sur un forum ou un fil de commentaires y’en a toujours un qui finit par évoquer Hitler ou le nazisme)

  37. @ Anna : Je suis en train de l’écouter, je le découvre grâce à vous. (J’ai compris pour le point de Godwin, c’était une blague que je faisais à Sophie – Résistance, 39-45, torture etc… Bon c’est nul puisque je suis obligée d’expliquer. C’est nul, c’est comme ça).

  38. @Anadeus, vi, je l’avais écouté en compagnie de Florence Aubenas à Myris au moment des luttes contre la révision du statut des intermittents. Lutte utile parce que sans cette résistance, y’en aurait plus de statut. Et je l’ai lu.
    Et pis Miguel, qu’est-ce qu’il est beau! 🙂
    @Fredaime, toi aussi tu crées une coopérative politique ? Quant à Soph, le point de Godwin, mouahahah! (Ca m’a permis d’enrichir ma culture). On lui prêtera un casque pour qu’elle écoute du Rina Ketty, Monch l’a initiée 🙂

  39. @ Zoé : Pour la coop, je lance l’idée, mais je n’ai pas les épaules (ni l’ambition). Que de la gueule, on dit par chez nous ;0)

  40. Je recommence : on n’arrête pas le progrès. Nous avons changé de millénaire pour entrer probablement dans une autre civilisation. Il faut bien s’en rendre compte. Plus que quiconque je me suis trouvé à la charnière. D’une génération où seul James Bond avait un téléphone portable, et voilà qu’en un peu plus de dix ans…

    Avec les locomotives à vapeur ont apparus de nombreuses théories qui nous font sourire aujourd’hui (les vaches allaient avorter, etc…)

    Qu’on le veuille ou non, notre monde tient pour l’instant par la grâce d’une superpuissance militaire. Sans elle, je ne sais pas… Les secousses vont être encore nombreuses, ça c’est certain!

  41. @ Depluloin : Je crois plutôt que le monde tient par la grâce du vivant qui crée encore du lien. Sans ce tissu-là, c’est la technologie et la brutalité qui nous aurait engloutis. Si l’homme se détournait de l’homme, il ne resterait plus rien de possible. Mais même dans les pires moments de crise, il s’en trouve toujours pour résister. Ce moment d’apocalypse dont Armel Guerne parle dans ses poèmes, n’est pas arrivé. Je vous renvoie à ce que j’écrivais dans cet article (qui paraît dans les Cahiers du Moulin, ce mois-ci) : http://www.armelguerne.eu/contenu/les-cahiers-du-moulin

     » Armel Guerne ne parle que d’une seule chose – l’anéantissement de l’homme par l’homme. Et que s’est-il passé durant quelques dizaines d’années qui sont une fraction de seconde ? Une accélération du chaos, un mouvement de précipitation qui paraît inexorable.
    Alors, que nous reste-t-il ? Des femmes et des hommes qui se mettent en marche seuls, qui avancent seuls, qui continuent de croire, envers et contre toutes les manifestations de la déchéance, qu’être ici, jetés dans ce monde, c’est précisément rester droit, rester digne et résister. Que les raisons de leur cheminement soient spirituelles, politiques, intellectuelles, religieuses ou humanistes importe peu. Ces gens tiennent langage commun et patiemment, ils entrent en rébellion, pour rappeler que le changement du monde passera par le changement du cœur de l’homme.
    Notre héritage vient de cette longue lignée qui se hisse au-dessus des cultures et des époques, des sexes ou de la couleur des peaux, et qui va, magistralement, fièrement et sans désarmer des choses visibles et qui n’existent pas, aux choses invisibles et qui existent.*
    . »
    * Saint Jean de la croix

  42. Rina Ketty main’nant. Rhâ, on veut ma peau (nan, c’est sympa, Rina, mais une fois par an. Là c’est juste bien, quoi).

    Pour Godwin, je proteste énergiquement. Je ne touche jamais à ses points, je ne le connais pas assez.
    :0)

  43. @ Sophie K : C’est un point sensible ? :0)

  44. @Zoë. T’as l’obsession des courges dès que j’ fais des commentaires… Elles sont bios au moins ? 😀

  45. Et puis, De Sandre métamorphosée en je ne sais quoi, j’ai jamais dit que j’ voulais avaler des saloperies et des antibiotiques à chaque repas…

  46. @ Frédaime : c’est un point noir, surtout.
    :0)

  47. @Monch: vous êtes un incompris!!!! ON vous oblige à vous défendre! ON n’est pas gentil avec vous! Quelle soupe!

  48. @ Incognito : Ah ah ah ah ! Pas bête, Pas bête, vous zabuzez eine pétit peu, neine ? Arch !

  49. Non, juste envie de mettre du désordre: c’est trop sérieux! Ya plus moyen de rigoler dans ces conditions!!!Mdr

  50. @ Pasbête : Fini la rigolade, zou ! Maintenant, c’est du lourd, c’est du sérieux, on fait bouillir les méninges.

  51. Certes mais qu’est-ce que l’Homme seul? Sans famille, sans sa tribu, sans une société? Dès lors nous sommes dans la politique. Charles Maurras l’entendait ainsi lorsqu’il proclamait : « Tout est politique! » ou « Politique d’abord! ».

    Adam et Ève étaient au paradis, ils n’étaient que deux, et ont-ils mené une « bonne » politique? Je crois que non.

  52. @ Depluloin : Heu… Adam et Eve ? Vous plaisantez ?

    Il me semble que ce qu’en dit Zarifian pourrait peut-être éclairer ma réponse :

    « La question politique, la seule d’une certaine façon, est celle de la liberté dans la pluralité, de la pluralité à partir de la liberté. La politique traite de la communauté et de la réciprocité d’êtres différents. Elle les organise en tant que pluralité. Et dès que le sens de cette pluralité se perd, la politique se perd elle-aussi, elle ne devient qu’exercice d’une souveraineté étatique. La politique se dissout dans le politique. La politique prend naissance dans l’espace qui est entre les hommes, donc dans quelque chose de fondamentalement extérieur à l’homme. Elle prend naissance dans l’espace intermédiaire, celui de la relation. Ce n’est pas en partant de l’homme (de sa supposée essence) qu’on peut comprendre l’existence d’un sens de la politique, mais bien en partant d’une pluralité qui n’existe que comme tissu de relations entre individus absolument différents ».
    http://multitudes.samizdat.net/Qu-est-ce-que-la-politique

  53. Depluplu! Depluplu! C’est Depluplu!

  54. @Monch’ : vous n’l’avez pas dit, mais vous n’avez pas dit le contraire non plus 🙂
    (Mon pseudo est raccourci en diminutif pour les feignasses, mais c’est toujours le même)

  55. @ Ben non Luc, c’est la déesse Anna, tout simplement.
    @ A tous : Il faut lire Luc de toute urgence, son billet est… comment dire… je cherche mes mots… il est VRAI. Voilà, c’est ça.

  56. @AdS. (j’aime pas votre « nouveau pseudo », ça fait bonne sœur). Vous m’ cherchez des crosses ou quoi ?…

    @Depluloin, récitez-nous un bout de l’Ode au Soleil de Maurras… j’ sens qu’ ça vous démange… 🙂

  57. @Monch’ : (mais qu’il est couillon !) ça ne se prononce pas « Anadéousse », ça se prononce « Anadeusse ».
    Ben mon colon, la Frédaime dans l’genre soeur Sourire comme raccourci de pseudo ça s’pose là et vous mouftez pas sur le coup, et moi vous m’tartinez un début d’poème. Ah ben ouiche, y’a plein d’poids et autant de mesures moi j’dis !

  58. @ Anna de sandre : Frédérique, rique, rique, s’en allait tout simplement, lali lala lère lala

  59. @La bonne soeur qui sourit : mouahaha ! La vraie frangine qui souriait s’en est allée elle aussi… Oui, tout simplement elle aussi… hinhinhin.

  60. @ Anna ? Aurais-je sauté une marche ? (Ou même deux ?). On parle de quoi là ?

  61. @AdS. Je l’ lis comme je veux, vot’ pseudo mystico-catho… Non de dieu, y m’ fout des boutons !

  62. @Monch’ : ah flûte, je voulais l’enlever mais vu l’état dans lequel il vous plonge, je va