Le goût des choses (Fin)

Mais la commande, c’est aussi un grand malentendu. Entre ce qu’on attend de vous et ce que vous allez donner, c’est l’angoissante gerçure du rendez-vous manqué. Au final, il faudra bien que les deux parties arrivent à s’entendre, ou alors c’est que le contrat sera rompu. Auparavant, les tergiversations seront à l’honneur : Il y a le thème qui n’est pas abordé sous l’angle qu’on avait espéré, le traitement qui est à revoir, le lieu, la forme, le style ou – plus grave – le fond qui n’est pas tout à fait… c’est-à-dire j’avais imaginé… je pensais…je voyais… Ah, nous y voilà. On vous passe commande, vous avez carte blanche… mais.

Ce « mais » n’est pas défini au départ de l’aventure ; avant c’est l’enthousiasme, c’est l’élan, tout est possible – on vous fait confiance. C’est à la lecture que ça se gâte. Il faudrait modifier l’histoire, changer l’époque, le genre, le contenu, ou peut-être les circonstances ; enlever ceci, rajouter cela, rabioter ou au contraire étendre. Enfin bref – ce n’est pas tout à fait ça.
On se retrouve comme un couple qui confronte l’enfant réel à son double rêvé : ce n’est jamais le modèle qui avait été commandé ! Dans le texte qui nous occupe, il manque un paragraphe entier. Il ne collait pas avec le reste du projet. Il apportait un bémol, une touche trop sombre pour un beau livre, un hiatus. J’ai cédé – c’était ça ou rien – en regrettant que le goût des choses soit devenu bancal, qu’ il ait perdu en saveur ce qu’il avait gagné en tranquillité. C’est pourquoi je remets le paragraphe à sa place et vous livre la dernière partie intégrale qui n’a pas été lue jusqu’à présent. En pariant que vous saurez accueillir l’orphelin.

« Toulouse porte sa rocade comme une ceinture vénéneuse. C’est la nuit, en se rabattant, un type ivre, idiot ou inconscient a envoyé une voiture dans le décor. C’est celle d’une chanteuse locale, son mari conduisait. Le voici devant moi, gisant sur le sol, sexe échappé de la braguette entrebâillée, bouche entrouverte, yeux mi-clos, dans l’indécence absolue de la mort. Je dévisage ce cadavre qui était un homme juste avant – quelques minutes, une heure à peine – l’acharnement des ambulanciers à le réanimer, son absence totale de coopération, la chair qui tressaute sous l’outrage, l’air grotesque de l’autre conducteur, et – vingt-cinq ans après – j’entends encore parmi les voitures qui déboulent, les camions qui rudoient l’air et leurs violents coups de klaxons, les cris déchirants de sa femme qui l’appelle, tandis que ma bouche déglutit avec peine une salive au goût de sang, de fer et de sel mélangés.

« En partant du plateau de Jolimont, direction la Roseraie, il y a par là une rue dont j’ai perdu le nom. On est dans cette heure de flottement souverain, qui n’est plus de la nuit sans être encore du jour, et je viens de raccompagner une amie jusque chez elle. Je rejoins ma voiture où mon chien m’attend sur le siège arrière avec la constance inusable des grandes passions. Une moto est garée tout à côté, un garçon nonchalamment appuyé contre elle. Il est bien plus grand que moi, le corps athlétique, un beau regard encadré par de longs cheveux blonds. Je m’approche de lui, il prend mon visage entre ses mains et pour quelques minutes – rejetant loin de moi le prince charmant et son inévitable jumeau le crapaud – je ferme les yeux dans cette rue au nom perdu et je goûte à l’ivresse absolue de son premier baiser. »

Crédit Photo Istoar

Cet article a 93 commentaires

  1. Et toc, je suis le premier.

    Parfois (souvent ?), c’est au sein du couple que l’un des deux trouve que l’autre ne correspond pas du tout au modèle qu’il a commandé au père Noël.

    En matière de gestion de projet informatique, il y a un dessin fameux qui a beaucoup circulé dans les directions informatiques et chez les clients de sociétés de service : http://la-gestion-de-projet.colas-fournier.com/wp-content/uploads/2010/01/metaphore_gestion_projet_balancoire_arbre.jpg

  2. @ Gilles : Et toc, je n’en suis pas étonnée. Illustration trés juste de la situation ! Pour le couple, la relation parentale, et toutes relations de cet ordre, le modèle commandé est rarement disponible. Trop demandé, justement :0) Mais la poupée Barbie, je ne suis pas fan de toute façon. Toutes pareilles.

  3. La commande, connais pas, sauf pour des peccadilles, et j’ai jamais rempli les conditions. J’ suis totalement incapable de ce côté-là.

    « Je rejoins ma voiture où mon chien m’attend sur le siège arrière avec la constance inusable des grandes passions. »

    Eh ben, FM, cette phrase vous révèle bien davantage que toutes celles que vous avez écrites sur ce billet. Pleine d’illusions malgré tout. 🙂

  4. Je voulais copier-coller « c’est l’angoissante gerçure du rendez-vous manqué » dans ce com’ pour te dire que c’est une chouette image, mais tout ton article, y compris ton extrait est magnifique. J’adore quand tu écris comme ça.
    (Gibi commence à m’agacer un tantinet…)

  5. @ Monch : Cette phrase a été écrite bien avant que je vous connaisse 🙂
    Plus sérieusement : des illusions, je ne crois pas – je ne peux rien promettre. Mais de l’espoir, de la joie, de l’élan – oui, Monch. Malgré tout, envers et contre tout. Et je ne cèderai pas cela, pour rien au monde.

  6. @ Ads : Ce Gibi est terrible, pourtant tu te lèves tôt (moins que Monch cependant, qui lui tombe du lit comme les pommes tombent de l’arbre). Je suis contente d’avoir remis ce texte dans son intégralité. La commande, avant qu’on m’en passe, j’ignorais ce que c’était et là je rejoins Monch, j’étais pleine d’illusions. Maintenant, cela va mieux. Quelques commandes plus tard, je suis encore tentée par l’aventure (c’est effrayant aussi), mais je sais d’emblée qu’il s’agit avant tout d’un malentendu, qu’il faut réduire au maximum. C’est fort bien illustré par le Gibi.

  7. C’est « premier baiser » qui fut refusé ????

  8. @ Vinosse : Oh non, c’est le cadavre au sexe indécent.

  9. Et tu as dû cacher ce zob qu’ils ne sauraient voir?! Réfléchissons. Est-ce que l’indécence, c’était le sexe, ou bien le fait qu’un monsieur presque people car mari d’une chanteuse locale ne portait pas même un string riquiqui sous son Levis?

  10. @ Magali : Tu n’y es pas. L’homme en question a été déshabillé en partie par les pompiers pour lui porter les premiers secours. Il n’y avait rien de salace à découvrir, juste l’impudeur de la mort et l’urgence des premiers gestes qui ont exposé l’intimité que cet homme devait tenir secrète comme la plupart d’entre nous.
    Ce qui ne « collait » pas avec le reste du livre, c’était de montrer Toulouse sous une lumière crue. Les « beaux livres » sont faits pour donner une « belle » image, et ces quelques lignes étaient comme une verrue au milieu d’un corps lisse. C’est un choix éditorial qui se comprend. Si les autres auteurs qui ont écrit sur les autres sens, s’étaient aventurés eux aussi dans des ruelles plus obscures, peut-être cela aurait-il été jouable. Mais là, c’était trop incongru.

  11. Oh je m’apprêtais à faire un commentaire long pour dire combien j’aime ces deux derniers paragraphes puis je suis resté accroché à votre comparaison avec les enfants, que j’ai beau retournée dans tous les sens, je trouve toujours inappropriée. On a beau avoir rêvé son enfant, l’original est toujours mieux non ?

  12. @ Arf : C’est une allusion aux difficulté « d’attachement » que peuvent éprouver des parents quand ils sont devant cette confrontation. Pour ma part, je n’ai pas connu cela, mais vous avez des mères qui sombrent dans de profondes dépressions et des pères qui démissionnent. Donc, le problème n’est pas de savoir si l’enfant réel est toujours mieux – je le pense – c’est de comprendre comment et pourquoi cette confrontation peut être aussi mal vécue.
    Plus largement, je fais référence à la racine du désamour : on n’arrive pas à faire coïncider « l’image  » de ceux qu’on aime avec leur « réalité ». C’est important de savoir cela car c’est une prise de conscience qui peut aider à passer du fantasme de la relation à la relation réelle. Et puis vous savez, ne pas porter ses enfants au pinacle, reconnaître ses désenchantements, leur voir des imperfections, admettre ses ambivalences… tout ce maelström de la vie affective, me paraît plus juste et plus constructif pour eux (et pour nous) qu’une admiration brute et intouchable. Ce qui n’exclut pas un amour inconditionnel, mais ancré dans le réel.

  13. Ça en fait des hommes à la braguette ouverte – dans le même texte! Je comprends mieux la censure! Pardon, Frédérique, mais votre première séquence est si bien écrite, décrite, que j’ouvre sitôt mon parapluie! (Quand je serai grand, j’serai motard!!)

  14. @ Depluloin : Vous y voyez double, vous avez bu ma parole ! Il n’y en a qu’un seul, mais imprimé dans ma mémoire comme vous ne pouvez pas l’imaginer. Cette confrontation nocturne à la mort, la violence feutrée du moment, les cris de la femme appelant son mari. C’était déchirant et peut-être qu’une partie de mon aversion chronique pour les rocades et autoroutes vient de cette nuit-là. Je faisais un stage au SOS de Toulouse pour rédiger un mémoire sur les prisons. Les inspecteurs – je vous raconterai un jour la vie des ces hommes-là, le temps que j’ai passé avec eux et qui a changé mon regard – m’on amenée dans un bar au milieu de la nuit pour prendre un remontant. J’avais dix-huit ans et je ne savais pas que cette rencontre en préfigurait d’autres qui ont jalonnées ma vie.

  15. « indécence absolue de la mort » > »ivresse absolue de son premier baiser »
    Rien de tout ça n’est absolu. Mais c’est rigolo de le lire. En fait, tout ça est juste naturel et normal. Mais le contraste entre les paragraphes est amusant. Ça me rappelle les diptyques : d’un côté le Paradis, et de l’autre l’Enfer. Ils auraient dû laisser le paragraphe, puisqu’il était l’antithèse complète du suivant, ce qui le renforçait d’autant plus. C’est comme dans un débat : le dernier qui parle a toujours raison. Et ici, c’est « l’ivresse absolue du baiser »…
    Bon, pour la suite de l’analyse, plus tard. Y a des trucs à dire. Notamment sur la symétrie absolue.

  16. Respect, Frédérique! Pour moi, les morts n’ont d’autre vie que celle qu’on la leur prête. C’est ici que naissent les fantômes…
    (Les soldats aguerris disaient : le premier mort, c’est facile, on ne sait pas ce qu’on fait; le deuxième c’est autre chose; et si l’on a réchappé du deuxième, le troisième on n’hésite plus… Pas de morale ici, rien à dire!)

  17. Mais Frédérique, laissez donc mon ami tranquille – le pauvre.

  18. @ Depluloin : Les morts ont leur propre vie et ils m’accompagnenet tout autant que les vivants. J’ai dans mon bureau, la photo d’un ami (15 ans déjà) pour lequel j’ai écrit un texte -« l’appel »- qui figure dans « Papier du sang » et un poème qui sera dans mon prochain recueil. Il est avec moi, je lui parle, il m’accompagne. Je nediscute pas du bien fondé de cette attitude, de sa véracité, ou de son implantation dans une croyance quelconque. Je trouve réconfortant et doux d’aimer les morts et de les voir si présents longtemps après qu’ils aient disparus.

  19. @ Monch : C’était absolu dans l’instant. La symétrie… vous m’interessez. Pour l’analyse, il est où le divan, docteur Monch ?

  20. @FM. C’est toujours absolu dans l’instant.
    @D’accord avec Depluloin : la mort est une connerie qui n’existe pas— c’ qui existe, c’est l’absence de vie.

  21. @ Monch : Vous faites comme vous le sentez avec vos morts. C’est affaire de ressenti et de conviction personnelle. J’entends tout ce qu’on peut me dire à ce sujet, je comprends bien que les avis divergent. Je dis ce qu’il en est pour moi et j’évite le ton péremptoire – c’est comme ci, c’est comme ça – parce que je ne détiens pas de vérité « absolue ». Pour vous c’est une connerie, pour moi c’est autre chose. Mais ce qui est sûr, c’est que vous n’en savez pas plus que moi sur le sujet. Donc, nos deux opinions se valent.

  22. Ben, vous posez le problème de travers, si j’ peux m’ permettre : c’est comme si vous me demandiez de prouver la non-existence des Martiens. Bien évidemment, je ne pourrais pas, parce que la non-existence ne se prouve pas. En revanche, la mort n’est pas un ressenti : c’est un fait physique. Et si j’osais, j’ dirais que mes morts se portent bien. Y bougent pas : ils tiennent bien leur rôle. Et y sont pas près de redémarrer.

  23. @ Monch : Je reprends à mon compte ce qu’écrivait Braque : « A celui qui demande des preuves, il ne faut pas en donner. Sinon, il a les preuves, mais il n’a pas la vérité. »
    La mort est une réalité physique incontournable. La subsistance ou non d’une vie après la mort, la relation on non avec les morts est affaire de personne. Et là c’est vous qui sous entendez que parce qu’on ne peut rien prouver, les morts sont morts et un point c’est tout. Je dirai même que vous faites preuve de cette magnifique mauvaise foi qui vous caractérise par moment. Vous voulez avoir raison, tandis que je vous parle de mon seul point de vue que je ne cherche en aucun cas à vous faire adopter (ni à quiconque d’ailleurs). Vous ne « savez » pas comment je vis les choses, vous savez juste comment vous les « vivez » ou comment vous ne les « vivez » pas, vous.

  24. Heu… non, il aurait fallu dire: CHTOC!

  25. Tor-Ups a la vérité.

  26. @FM. Le cycle est pareil pour tout le monde. Ce sont les compréhensions du cycle qui varient : un tel croit qu’il se réincarne dans une grenouille, l’autre pense que son esprit se retrouve accueilli par 40 vierges au paradis, etc. L’être humain invente mille stratagèmes pour pas avoir peur, mais au bout du compte, pour vous comme pour moi ça s’ termine de la même façon. Couic. Et ça ne m’ fait pas plaisir, mais quand réfléchit c’est pour essayer de comprendre pas pour se faire plaisir.
    Et puis, mauvaise foi vous-même ! 🙂
    On parlera pas d’ ça autour du « cubi »… rien qu’ de choses sérieuses, pas de ces foutaises de mort/pas mort.

  27. @ Tor-ups est sage, Tor-ups écoute et comprend tout.

  28. @ Monch : Si je vous suis bien, tous ceux qui pensent différemment de vous dans ce domaine, tous ceux qui croient en autre chose qu’aux asticots, tous ceux-là sont des affabulateurs pétris de trouille qui inventent pour se rassurer. Tandis que vous Monch, sans peur et sans reproche, parce que vous regardez la mort en face et que vous ne voyez pas au-delà des apparences, vous êtes dans le vrai.
    Interessante manière d’envisager les choses. Il nous faudra plus d’un cubi pour en venir à bout. Commencez donc à vous entraîner.

  29. @ Gilles : une reconversion professionnelle en vue 🙂
    @ Vinosse : tchlinck.

  30. @FM. Oh, comme vous résumez bien ma pensée, chère FM. 😀
    Ben ouais, et j’ vois pas d’autre raison de penser à un autre monde. Le monde n’a pas de sens. Point. Il a commencé, il s’arrêtera, et puis c’est tout. Mais c’est pas triste, c’est comme ça. Je n’ai pas parlé des apparences, j’ai parlé du monde physique. Les apparences, c’est un flou jeté sur le physique. Et puis, FM, trop facile d’employer ce mot-là pour me sortir ensuite le p’tit raisonnement : « Faut pas se fier aux apparences ! Dans la vie, vous vous fiez aux apparences ? » Ah la la… faudrait établir un vocabulaire de base…

  31. @ Je salue l’apparition de la squaw des fourrés et sa sagesse millénaire. Je laisse la petite grenouille s’empétrer dans sa grande épée et répondre elle même.

  32. @ Monch : J’essaie de reformuler pour voir si je vous comprends bien. Le petit laïus sur les apparences, je ne crois pas vous l’avoir sorti nulle part. « Les apparences, c’est un flou jeté sur le physique » c’est une jolie formule, mais que veut-elle dire au juste ? Je ne sais pas si votre vision du monde est triste ou pas – c’est vous qui réfutez cette émotion par deux fois – elle est catégorique et permettez-moi de vous répéter que rien, absolument rien, ne vous permet d’avancer de tels arguments, si ce n’est votre conviction personnelle, qui en vaut une autre. Vous parlez du monde physique, certes. Vous dites qu’il s’arrête là. Moi je dis qu’il va plus loin. Ni vous, ni moi ne sommes en mesure de prouver ce que nous avançons, à part en dégainant des exemples à la pelle qui n’ajouteront, ni ne retrancheront rien à nos positions mutuelles. Êtes-vous d’accord sur ce point avec moi ?

  33. @FM. Vous ne pouvez pas prouver, moi je l’ peux. J’ai une preuve irréfutable : y a jamais personne qu’en est revenu. Vous pouvez me prouver le contraire ? Si oui, j’ dis plus rien.

  34. @squaw défourrée. C’est bien comme ça. Mais trop de pemmican gâte la vue. Ce n’est pas une épée. 😀

  35. @ Monch : Se reporter à la citation de Braque. Sinon qui c’est qui se prend pour Saint Thomas, celui qui ne croit que ce qu’il voit ? Je ne sais pas si vos contradictions vous apparaissent, mais quand même, c’est un peu fort de café – comme dirait l’autre. Quand au fait que jamais personne n’en soit revenu, il y a un paquet de gens qui prétendent le contraire. Oh, mais j’oublais… ils affabulent, ils inventent, ils se trompent. Sacré Monch.

  36. Vous aimez qu’on vous raconte des histoires. Quant à la citation de Braque (peintre que j’aime beaucoup) elle est con comme la mort ! Ça veut dire : « Boucle-la et crois tout c’ qu’on t’ raconte… » Enfin, pas pour rien qu’il peignait et qu’il a pas fait philosophe. C’est sûr qu’il aurait moins réussi.

  37. @ Monch : Mais tout le monde est con comme la mort aujourd’hui ! Il vous arrive de mettre un bémol, de vous dire que vous ne détenez pas la science infuse, que peut-être même – à peine si j’ose écrire ces mots – vous pourriez vous tromper, Monch ? Parce que l’erreur est humaine, parce que vous aussi vous avez des peurs, comme tout un chacun. Ou sinon ça se saurait. Vous n’aimez pas qu’on vous raconte des histoires, qu’on puisse vous surprendre, vous préférez les écrire, c’est plus sûr. Moi, je n’ai pas peur de douter, de ne pas savoir, d’écouter, d’imaginer et de croire. Et d’ailleurs, je vous aime bien, avec vos certitudes inébranlables, vos emportements à la machette et vos phrases définitives. Je n’ai pas peur de votre réalisme, il ne m’attriste pas. C’est vous et je l’accepte. C’est votre évidence, vous y avez droit comme j’ai droit à la mienne.

  38. Mais bien sûr, FM, je comprends très bien que l’erreur est humaine, et il m’arrive de me dire que vous vous trompez, comme tout être humain sur cette planète. Moi non, vu que j’ suis d’essence divine et que j’ai pas besoin de la science pour avoir la connaissance— suffit que je l’énonce pour que ce soit une Vérité. 😀
    Ça vous rappelle rien ? Mouahahahahaahahhaah !!!
    Et pis, j’ai pas b’soin d’ preuves à vous apporter, sinon vous n’auriez pas la Vérité.

    Mais moi aussi, j’ vous aime bien FM, malgré TOUT. 🙂

  39. @ Monch : Je n’en doute pas. Il m’arrive même de me dire que vous enviez ma foi de charbonnier du haut de votre essence divine 🙂

  40. @FM. Tiens, je m’ faisais justement le raisonnement inverse ! 🙂

  41. @ A tous : Attention – concours de coucourdes !

    @ Monch : Vous vous trompiez complètement (comme souvent, n’en faites pas une habitude non plus), moi je vous plains ! Vous savez comme je suis gentille (en plus du reste).

  42. Oh mais, FM, je ne vous plains pas du tout. Je suis pour la libre pensée et pour le libre choix des chaînes. Faites comme vous l’entendez… Quant à la gentillesse, je préfère aller au-delà des apparences ! Vous savez comme je suis : je ne peux pas me satisfaire de ça.

  43. @ Monch : Pour ma gentillesse proverbiale, vous en avez des preuves tangibles. Voilà qui doit satisfaire le vieux sceptique que vous êtes (quand je dis vieux, c’est pour qualifier la profondeur de votre scepticisme. Pour le reste, je ne me permettrai pas), vous n’avez pas besoin d’en douter.

  44. oh Monch pas petite grenouille du tout Monch hibou des neiges qui veut prendre nos yeux

  45. @ Squaw minuscule : Monch grand parasite des steppes.

  46. Monch grand marcher avec grandes échasses
    mais grandes échasses restées dans la boue

  47. Il a fait des citations, Braque ???
    C’est de lui ce ci-dessus cité ???
    Punaise, mais où allez vous chercher tout ça?
    Dans un recueil ???

    D’toutes façons, c’est des conneries c’qui dit (ou qu’on lui fait dire): c’est avoir peu de considération pour la vérité que de la traiter ainsi !

  48. @FM. Je plaisantais, chère FM. Je sais que vous êtes vraiment GENTILLE. 😀

  49. @squaw. Moi, rat des champs d’épandage. 🙂

  50. @ Vinosse : Oui, Braque fait aussi des citations. Je trouve ça au grè de mes lectures.
    @ Monch : Vous plaisantiez ? Non ! C’est pas possible ! Vous, un homme si sérieux, si respectable, si… (je manque de superlatifs).

  51. @ Wakatanka : C’est pas comme ça que vous réussirez à faire sortir la petite squaw des fourrés.

  52. @squaw. Je marche sur terrain sec. Et sans échasses. J’aime pas les prothèses.
    @FM. … sciant ?
    @Vinosse. Y a un bouquin de citations, des amers qu’il disait… « le jour et la nuit » si je m’ souviens bien. Un titre dans ce genre, en tout cas.

  53. @FM. D’ailleurs, à propos de Braque, un truc m’a toujours laissé rêveur : pendant la guerre de 14-18 lui et tous les peintres cubistes étaient souvent employés dans les sections « camouflage » et ils devaient peindre des bâches pour dissimuler les canons aux yeux des espions en « saucisse »… Curieux, non ? Je crois même que lui, ou peut-être Lhote, a trouvé un moyen de camouflage en utilisant des motifs abstraits au lieu de se fatiguer à la vraisemblance…
    Vous ne trouvez pas ça intéressant pour le fil ? 🙂

  54. @ Monch : Je m’esclaffe ! (le bouquin de citations, j’ai pas ça en magasin. Je lis des livres entiers. Vous êtes sciés, n’est ce pas ?).

  55. @ Re-Monch : Voui, voui, voui, trés ! Vous par exemple, je ne vous ai pas encore vu, pourtant je ne doute pas que vous existiez. Invraissemblable cette naïveté, non ? (je me re-esclaffe).

  56. @FM. Je parle d’un bouquin de Braque écrit sous forme d’aphorismes. Je l’ai lu en entier. Et puis, vous avez tort : je n’existe pas. J’ suis un conglomérat d’aliens. Mouaahhaahahha !!!

  57. Comme baffe, esclaffe prend deux F: aller-retour!

  58. @Vinosse : pour un commentaire de linguistique je préfère Alain Rey.

  59. Ben moi je rigole en vous lisant.
    Voilà.
    Voilà.
    C’est bien.
    Sinon, oui, dommage qu’ils aient enlevé ce paragraphe de ton texte, effectivement, Frédérique… Ah, la trouille de déplaire à « l’invisible » ! ;0)

  60. Les cadavres discutent. Ça m’ rappelle Ensor. Ahahahahaha !!!

  61. Alain Rey…. N’importe quoi… me comparer à ce plouc!

    Ou alors Julie Larousse…pour faire plaisir à qui vous savez!

  62. @ Sophie : Ne prononce pas le-mot-qu’il-ne-faut-pas-dire ou qui-tu-sais va faire une attaque en règle, avec arguments, contre arguments, tirs chirurgicaux, ablations sauvages et dictionnaire en douze volumes pour la cautérisation.
    @ Monch : ????
    @ Vinosse : Tous ces ploucs… on devrait les étouffer à la naissance.

  63. Ah! ah! quel bon moment on passe chez vous!! c’est passionnant, drôle, et intelligent!! Que du beau monde!! … Vous n’avez pas un petit coup de mou, Frédérique, en fin de journée?
    Enfin, ça vaut vraiment le coup ces commentaires, à lire à la suite, c’est très drôle! (Bientôt une radio liiiiiibre?:))

  64. @ Depluloin : Une radio libre, ça c’est une bonne idée :0) J’ai pas grand chose à faire en plus en ce moment, ça tombe bien. On l’appelle comment ? (et finissez le dessin que je vous ai commandé, sacré nom de D…oin)

  65. @ Monch : Un autoportrait réussi. Mais vous avez une petite mine.

  66. @FM. Y en a deux sur l’image… moi, j’ suis à gauche, et vous à droite… 😀

  67. @ Monch : Vraiment ? J’ai beaucoup changé depuis ce cliché. Comme le vin, je me bonnifie en vieillissant.

  68. @FM. Vous, changée ? Mais non… Vous êtes restée pareille : l’œil vif et le teint frais.

  69. @ Monch : De mieux en mieux, je vous dis. C’est épatant !
    @ Vinosse : J’ai pas reconnu votre soeur jumelle, là ?

  70. Ma fille cadette…

  71. @ Vinosse : Mouahahaha ! Gagné.

  72. Frédérique: sortez enfin cet amas de com’s de votre sac à main !

  73. @ Vinosse : Mais quels commentaires ! Il n’y a que vous et moi ici, ce soir. C’était un tout petit sac à main :0)

  74. Hum… vous les avez effacés… On va enquêter!

  75. @Vinosse : Je suis innocente, Monsieur le commissaire. on vous aura menti, on cherche à me discréditer !

  76. Pas eu le temps de lire tous les commentaires de ton gang. Mais ton texte m’a fait plaisir, surtout pour le contraste entre le mort sur l’autoroute (les cris de sa femme, comme si je les entendais!) et le beau motard qui te vole un baiser.
    Plein de mimitiés, frédaime

  77. Nous plaiderons non-coupable!

  78. @ Babeth 31 : Mon avocat, enfin ! Tu vas voir Monsieur le juge, comment elle va t’arranger mon avocate. C’est un as du barreau (de chaise. Comme ça, celle-là, c’est personne d’autre qui la fera).

    @ Zoé : Ah ah ah , le Frédaim’s gang – j’adore !

  79. @Vinosse: chat alors!

  80. @ Vinosse : Alors, chatisfait ?

  81. Alors chat dort ichi?

  82. @ Babeth : Ch’est chiant.

  83. Ça va les minettes ???

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