Le goût des choses – 2ème partie

La commande est un exercice périlleux. Pourquoi s’y prêter, dans ce cas ? Parce qu’elle est payée, parce qu’on a été choisi, parce que c’est une aventure, parce qu’elle sera publiée… ? Des raisons, il peut y en avoir à la pelle et leur ordre n’est pas immuable. Reste le véritable défi qui consiste à faire jaillir la liberté d’un carcan. Sous la contrainte, naissent des textes qui n’auraient pas vus le jour autrement. C’est le cas de  En quête de Job, que je n’aurais pas écrit sans la commande et le projet artistique qu’elle sous-tendait. En revanche, pour moi,  toutes les raisons de répondre à une proposition s’annulent dès lors que celle-ci ne rejoint pas une nécessité qui lui préexistait.

Poursuivons le goût des choses – si vous le voulez bien :

« Dans la rue Amélie, on engloutit des boites de choucroute, de pâté ou de raviolis. On cuit des steaks hachés, on beurre des pâtes, on noie le riz dans de la sauce tomate. Quelquefois, des amis nous invitent à partager des poulets qu’ils ont fait rôtir en oubliant de les vider. On arrive le dimanche soir, les bras chargés des courses pour la semaine auxquelles nos mères ont rajouté les œufs, les confitures et les salades qui amélioreront l’ordinaire. Dans la rue Amélie, on travaille, on rit, on se chamaille, on se réconcilie. On est amies, on a dix-neuf ans, on croit que c’est pour toujours. On refait un monde qui en a vu d’autres, on s’y met à plusieurs, on se persuade à coup de vin rouge qu’on sera différents. Oui, on a dix-neuf ans dans la rue Amélie et on assaisonne toute la vie au piment éblouissant de la liberté.

« La foudre m’a surprise rue de la Colombette. Pour économiser le prix des bus, je fais quatre fois par jour le trajet entre la rue Amélie et le Jardin des plantes où se trouve mon école d’éducatrice. Je marche vite, je ne crains pas l’effort ni la fatigue. Et là, au milieu de la rue, dans une belle échoppe de maraîcher, une barquette de framboises me saute au cou, le rouge aguicheur et le prix indécent. Vautrées dans un écrin de bois blanc, elles s’offrent sur un lit de feuilles vertes impuissantes à celer tant d’impudeur. Les sybarites me narguent, évaluent mes possibilités, ricanent de mes petits moyens. Le prix en est enflé de vanité. Ce n’est pas l’heure, c’est irraisonnable, insensé, honteusement luxueux, et pour toutes ces raisons, je m’empare de la barquette et la paye avec hauteur. Puis, tout en dévalant la rue, je dévore une à une les effrontées, les broie avec délice, les écrase entre mes dents, pour déboucher la barquette vide sur le boulevard, et continuer mon chemin la langue rouge et parfumée. Je n’ai pas le mauvais goût d’éprouver des regrets. Framboises et coup de folie, même plaisir acidulé, petit délire piquant, fête minuscule dérobée au quotidien.

« C’est un pub, au fond de la rue Bayard. Un pianiste y célèbre sans se lasser Barbara, Brel et Brassens. J’y viens toujours accompagnée. J’y bois des Margaritas frappés dans des coupes aux bords couverts de sel. On chante à en épuiser la nuit, on désire par-dessus tout qu’elle ne finisse jamais.

« La rue Sesquières a la saveur des retrouvailles. Le soir s’étire, mon père grimpe les escaliers dans le noir et j’actionne la minuterie pour lui. Nous ne nous sommes pas vus depuis des années. Il lève les yeux vers moi et dit :
– Tu es là où se trouve la lumière.
En quelques pas, il franchit le dernier espace qui nous séparait encore, m’enveloppe dans ses bras et son grand manteau de laine peignée. Par cette étreinte, je retrouve son odeur, le grain de sa peau et la douceur de l’embrasser.
Bien longtemps après, empoignée par la nostalgie, je voudrais revenir habiter rue Sesquières, sortir une fois encore sur le palier, entendre le bruit des pas de mon père et connaître à nouveau le goût de le retrouver. »

…/…

Je n’ai pas oublié ce que je vous ai promis, de l’inédit, ce quelque chose qui n’a pas encore vu le jour et qui justifie – à mes yeux – de reprendre ces fragments. Ce sera pour la prochaine fois… sinon – pour le simple retenir de toi, pour le simple devenir de moi –  qui voudrait me suivre dans ces rue où  je bats de l’aile ? 

  

Cet article a 128 commentaires

  1. J’ai pas lu mais je suis le premier!! Hé hé! … Alors là… hein! Ma maman va être fière de moi!!! (Maman!!!!!)

    Frédérique, j’ai lu – non. Je vais au lit et je lis demain. (I restait une bière miraculeuse dans le frigo alors je l’ai bue. Ne le dit pas à maman, elle va encore s’inquiéter pour rien.)

  2. Je vais te lire plusieurs fois, tiens. Là il est 7h du mat. Je n’ai pas le temps de commenter mais je reviens plus tard.
    (Je parie que Gibi a déjà laissé un com’, il est rapide çui-ci, pfiou !)

  3. Bien sûr que je vous suis … Et ce père qui dit « tu es là où se trouve la lumière » … J’en rêve encore !

  4. Comme d’habitude …. comme un évidence …. de simples mots posés sur cet écran. La banalité au travers de ceux-ci devient nouvelle (sic !) ou chronique, pour glisser lentement sur les chemin d’une histoire, un roman …
    Une barquette de framboise qui devient un objet de convoitise, de plaisir, et qui prend soudain une dimension quasi charnelle au travers de tes mots …

    Vous avez dit talent ? Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire… Oh! Dieu!… bien des choses en somme.
    En variant le ton,-par exemple, tenez:

    Admiratif : « Ces mots là sont des diamants bruts que vos mains aguerries savent rendre si beaux … »
    Envieux : « J’aurais aimé avoir ce talent là … mais aurais-je su l’utiliser ?… »
    Flagorneur : « La beauté a toutes les excuses, mais quand elle est alliée au talent …. »
    Ebahi « ….Euhhh… »

    Même si c’est un peu court, je me contenterais d’un simple :
    Merci …

    Bonne journée

  5. Il y a des passages vraiment très bien écrits, les autres me touchent moins pour la simple raison que je déteste la nostalgie. Vous écrivez fort bien le désir et la gourmandise. Mais bon… tout ça n’enlève rien aux qualités de ce texte ciselé. Quant aux illusions de la jeunesse, je ne comprends pas bien ce que ça veut dire. J’ai la sensation de vivre un présent permanent.

  6. Je commence par un tout petit, un minuscule chipotage. Cette barquette de framboises qui te saute au cou et sur laquelle j’ai déjà accroché. L’image me paraît inappropriée car elle signifie que tu possèderais déjà cette barquette alors qu’elle ne fait que susciter ton désir. Mais je reconnais que c’est du pinaillage.

    Mon commentaire est surtout pour cet épisode des retrouvailles. Il m’a mis de l’humidité dans les yeux. Je suis père.

  7. @ Depluloin : Vous n’aviez personne d’autre à cette heure à qui faire le coup de prems :0) (une bière ? Vous auriez mieux fait de boire un lait chaud avec du miel. Les mères, vous savez, elles s’inquiètent beaucoup, c’est dans leur nature).

  8. @ Perspicace Anna : Oui, Gibi se lève à l’aube, et on lui a greffé un ordinateur dans le cerveau pour qu’il soit plus efficace. Mais dites donc, vous vous levez et vous sautez sur vos claviers, ma parole !

  9. Et mon com’ ? Tu le valides à quelle heure ?

  10. @ Kouki : C’était une minuterie, Kouki, c’est impossible – dans ces conditions – de rester dans la lumière.

  11. @ Kameloot : C’est un retour en fanfare :0) Il y a bien longtemps que tu n’étais pas venu rôder dans ces taillis et tu surgis le heaume de travers et un bouquet de fleurs à la main. Que dire ? Entre Kameloot, j’ai plaisir à revoir les vieux amis, le temps qu’il leur plait d’être là. Merci.

  12. @ Anna : Ben, il est validé et j’y ai même répondu. T’as pensé à ouvrir les yeux depuis que tu es levée ? :0)

  13. @ Monch : Je crois que ce texte de souvenirs vous évoque autre chose parce que cela fait deux fois que vous me renvoyez des thèmes que je ne crois pas avoir abordé : pour le première partie vous parliez de l’émerveillement de l’enfance et là des illusions de la jeunesse. Ce sont des fragments, des instants de vie qui me sont restés, mais pour autant je n’en tire pas d’enseignement général. C’est mon kaléïdoscope, un aspect de ce qui me colore. On y trouve de la joie, de l’amour, de l’élan, du chagrin et de la nostalgie… C’est un bouquet voyez-vous, mais les illusions de la jeunesse, vous les trouvez où ? Ne faudrait-il plus se souvenir de rien parce qu’on est dans un présent envahissant ? Je navigue de l’un à l’autre sans problème, ils coexistent même, car le passé fonde une partie de mon présent. Et puis je suis d’une grande fidélité.

  14. J’aime bien ta capacité à donner la dalle avec ce texte. Colette me fait le même effet.
    Je t’ai dit qu’il était chouette ton texte ?

  15. @ Gibi : C’est une image assez bizarre, je te le concède. Elles sont sur l’étal et quand je passe devant elles, elles me sautent au cou, elle m’abordent si tu préfères. Mais je voulais pousser l’anachronisme jusqu’au bout en les traitant comme des femmes -prostituées de surcroit – et non pas comme des fruits.
    Tu es père, en effet. Garde tes enfants dans la lumière, Gilles, comme tu l’as fait jusqu’à présent. La nostalgie qu’évoque Monch et qui le dérange si fort, c’est une émotion comme les autres. Elle a sa place et elle sert aussi à dire l’impalpable douleur que l’on porte à ceux qui peuvent l’entendre. C’est important de trouver cette lecture, parce qu’à travers ces fragments, il s’agit de partage – toucher le père en toi par exemple. Merci.

  16. Ah Frédérique, il faut que je change mon « Toulouse par rues » tout déglingué depuis longtemps et la terreur m’étreint: « est-ce que cela va pouvoir attendre que tu publies le tien?  »

    Au fait, tu marathonnes quelque part?

  17. @ Anna : Non, pas encore, mais j’attends avec impatience une de ces fines lectures de dix pages comme tu en as le secret :0)). Tu as la dalle ? Ben qu’est ce que ça va être quand t’auras senti ma cuisine ! Il va falloir t’attacher pour que tu patientes jusqu’au repas :0)

  18. @ Magali : J’avais soumis « En quête de Job », mais il m’a été répondu qu’un »autre projet, similaire, avait été retenu ». Donc, point de marathon pour moi. A la place, je vais aider une amie dans son déménagement. Nous porterons ses cartons de livres – c’est une forme de marathon.
    Pour la publication de « Mon Toulouse rue par rue », j’ai peur que tu sois obligée d’acheter un intermédiaire. Le temps que j’apprenne à me repérer, la moitié de la ville sera rebaptisée. Je peux faire le guide dans l’hyper centre – demande au Gibi – mais après, je ne réponds plus de rien.

  19. Ah, j’ai pas la même lecture que Monch’, j ne sens pas de nostalgie, juste des instantanés gourmands, vivants et joyeux. Les élans de la jeunesse sont-elles des illusions ? Pas certain. Il semble que la jeunesse savoure mieux la vie, mais c’est plus un état d’esprit qu’une disposition physique, à mon avis. J’ai toujours pensé que vieillir, c’était d’abord se limiter mentalement, plus ou moins volontairement.

  20. « les élans ….sont-ils », scusi. :0)

  21. @ Sophie K : Il y a aussi de la nostalgie, mais pas que. Ne pas perdre de vue, qu’il s’agit d’un texte complet que j’ai choisi de vous faire lire en trois parties scindées. J’ai donc mis l’accent dans mes articulations, sur certains passages, certains moments en les isolant de leur contexte et de la suite. Le tout était trop long pour une lecture de blog continue et je voulais aussi aborder le sujet de la commande, sur lequel personne d’ailleurs ne rebondit. Hors, Monch, Depluloin, et toi Sophie – et d’autres sans doute – avez cette expérience. J’aurais bien aimé savoir comment vous la vivez. Si vous avez des anecdotes à partager…

  22. Une commande ????
    Où ça ???
    C’est pour moi alors !!!

  23. Ah ! Mention particulière au passage du père : tu es là où se trouve la lumière ! Superbe!

  24. @ Vinosse : Des framboises, vous en avez ?

  25. @ Arf : Merci Arf. Vous lirez ma réponse à Kouki pour l’éclairage :0)

  26. « On est amies, on a dix-neuf ans, on croit que c’est pour toujours. On refait un monde qui en a vu d’autres, on s’y met à plusieurs, on se persuade à coup de vin rouge qu’on sera différents. Oui, on a dix-neuf ans dans la rue Amélie et on assaisonne toute la vie au piment éblouissant de la liberté. »

    « Bien longtemps après, empoignée par la nostalgie, je voudrais revenir habiter rue Sesquières, sortir une fois encore sur le palier, »

    FM, c’est vous qui employez le mot de nostalgie dans un texte qui parle vos 19 ans… et vous avez beau utiliser un présent de narration, ça ne change rien à l’affaire, je dirais même que ça accentue l’effet nostalgique. Et que vous ayez dans cet extrait coupé au moment le plus intense en nostalgie, c’est même en relation directe avec cette phrase où vous n’aurez pas le mauvais goût d’avoir des regrets. Bien sûr, vous parlez d’une barquette de framboises mais c’est une phrase qui résonne plus loin. FM, vous êtes une nostalgique, c’est votre texte qui le dit. Pas moi. 🙂

  27. Pardon, Vinosse, mais j’étais là avant! (C’qui faut jouer des coudes en ce bas monde!)

    Mince, pas encore lu! hu! hu!

  28. Ecris plus court et je ferai dix pages de com’ 🙂
    Monch’ c’est pas pareil, il écrit comme moi.

  29. @ Monch : Loin de moi l’idée de réfuter. Bien sûr que je suis capable de nostalgie, je ne dis pas le contraire (ce serait un mensonge éhonté). Mais cela ne fait pas de moi une nostalgique pour autant, car qui me connait sait que je répète à l’envi « Pour rien au monde je ne reviendrais en arrière ». Ensuite la question ne portait pas sur cette notion, mais sur les « illusions de la jeunesse ». Le texte est écrit au présent pour renforcer le passé, certes, mais aussi pour donner accès à ce que j’étais « à ce moment-là ». Sans mentir, je peux avoir le regret « de ce qui n’a pas été », certes. Histoire personnelle dont le seul interêt est la substantifique moelle que je peux en tirer. Mais par contre, je préfère à tous les niveaux, la femme que je suis devenue, à l’enfant, la jeune fille et même la jeune femme que j’ai été. Là encore, j’ai mes raisons :0)

  30. @ Anna : Nan. (c’est assez court ?)
    @ Pluplu : Personne ne peut vous remplacer :0)

  31. @FM : parfait. L’inspiration me vient déjà 🙂

  32. @ Anna : Certes. (je ne voudrais pas couper ton élan créatif).

  33.  » Le texte est écris au présent pour renforcer le passé, certes, mais aussi… »
    Faudrait pas un « t » à « écris » ?
    Mââme la Métresse ?

    Je vous apporterai des framboises demain…

  34. @ Oui mon petit Vinosse, c’est bien possible en effet. Mais la Mêcresse l’a fait exprès pour voir si tu suivais. C’est bien mon petit, amène un seau de framboises, tu as une trés trés trés longue liste à te faire pardonner et la Mêcresse est gourmande.

  35. Ah, l’expérience sur les commandes… Héhéhéhéhé. Elle est très mauvaise en ce qui me concerne quand on m’impose un texte, ou des dessins, sur un thème qui ne m’inspire pas. Jeunette, j’acceptais, pourtant, fallait vivre, mais le résultat n’y était pas. Maintenant, soit je dis non, et j’explique pourquoi, soit j’arrive à négocier des voies plus personnelles. Quand je n’y parviens pas, je dis « oui, oui ! » mais je n’en fais qu’à ma tête, j’impose ma vision, et bizarrement, elle est quasiment toujours acceptée en aval.
    Têtue comme une mule, quoi. 🙂

  36. @ Sophie : Tétue et talentueuse, sinon, tes projets ne seraient pas acceptés ! Cela rejoint ce que je dis sur la nécessité de trouver en soi un point de résonnance avec le projet proposé. Mais comme tu le fais remarquer si justement, il faut aussi vivre. Cela oblige donc à développer ses capacités de négociation et de persuasion. Interessant ce que les contraintes (de commande, mais aussi du principe de réalité) nous amènent à découvrir de nous.

  37. Une barquette… pas un seau, elles seraient écrasées !!!
    Franchement !
    Allez voir à Lloydd Georges dans ma boutique…

  38. @ Vinosse : Vous avez raison, il convient de traiter ces fruits fragiles et délicieux avec un peu plus de tendresse. Une grosse barquette alors (genre cagette, vous voyez ?). J’y vais de ce pas.

    PS : Ils sont magnifiques vos fruits rouges, il faut vraiment que je passe commande et que je montre votre site à mon jardinier en chef. On peut vraiment les mettre en terre toute l’année ? (ce n’est pas une raison pour tergiverser).

  39. Je ne ressens pas de la nostalgie dans ton texte si ce n’est pour le palier de la rue Sesquières; mais là tu as tes raisons qui ne sont pas contestables. Et je te rejoins quand tu dis préférer la femme de maintenant à celle d’hier, non d’avant-hier. Celle d’aujourd’hui a tout pour forcer l’admiration (si m’dame) et les souvenirs évoqués sont tous emplis de gourmandise; ils sont goûteux à te mettre l’eau à la bouche comme la barquette de framboises que te promet Vinosse; l’enthousiasme souvent propre à la jeunesse est livré intact. Presque, on sent les odeurs, on entend les bruits de la rue Amélie et de la rue Sesquières. Frédérique, tu écris de mieux en mieux!

  40. FM, je parle votre texte, pas de vous. Vous, j’ vous connais pas. Pas encore du moins. 🙂

  41. J’ai à peine commencé mes expéditions vers les PROS…
    Incroyable!
    On voit des foires aux plantes partout, où se vendent que des godets et on me demande encore si l’on peut planter…

  42. @ Babeth 31 : Je me demandais où tu étais :0) C’est gentil ce que tu dis, on devrait tous avoir une babeth chez soi.
    @ Monch : Mais Monch, mes textes et moi, on est inséparables :0)
    @ Vinosse : Pardon, mais les fruits rouges, je ne suis pas la spécialiste ! Ne vous moquez pas, je me demandais si ce n’était pas un peu tard. Ils sont bien tentant,en tout cas, nous sommes en train de nous pencher sur la question.

  43. Ben, en quelque sorte, j’étais dans le pâté!

  44. @ Babeth 31 : Mouahahahahaha ! (délicieux, entre nous soit dit)

  45. @FM. Que vous croyez. Me dites pas que vous pensez ça vraiment? Votre texte est plus clairvoyant que vous alors. 😀

  46. Je me souviens.

    Ce jour là, je me sentais d’humeur gastronomique dans cet appartement que j’habitais rue Malcousinat. J’avais acheté un excellent chianti et des fèves fraiches aux halles du marché Victor Hugo. Pendant que cuisaient les précieuses graines et que chambrait le vin, je hachais méthodiquement de l’ail, du persil et du basilic pour les faire revenir avec le morceau de choix que je me destinais.
    Il s’agissait du foie de ce concierge importun qui avait eu l’outrecuidance de me présenter sa note une fois de trop.
    Ce fut le dernier diner de qualité que je fis en France. Il était temps pour moi de partir.

    Good bye Toulouse.

    Hannibal L.

    Voilà, c’était juste un petit clin d’œil, histoire de te souhaiter un bon week-end.

    A la semaine prochaine, au Crous.

    JF L

  47. @ JeF L. Tu devrais venir plus souvent, ce concierge n’a eu que ce qu’il méritait. J’ai deux ou trois adresse à te communiquer pour des soupers fins dont tu devrais te régaler. A mercredi Hannibal, laisse tes grands couteaux en cuisine, le déjeuner sera servi sur place.

  48. @ Monch : N’avez vous jamais constaté que nos textes vont plus loin que nous :0) (Vous voulez que je vous envoie un peu de verveine pour vos insomnies ?)

  49. Moi j’ai du tilleul tout frais cueilli!

  50. @FM. Les vôtres, FM. Les miens sont des rapports de police.

  51. @ Babeth : Le tilleul c’est bien aussi.
    @ Monch : (voulez-vous un envoi groupé ?). Des rapports de police ? Des instantanés, crus et poétiques à la fois – ce qui n’est pas donné à tout le monde. Une écriture distanciée mais qui saisit. Oui, c’est ça, vous pratiquez le saisissement. Je parle de votre poésie, bien sûr. Je ne connais pas votre prose et pour les livres d’enfants, c’est tout autre chose.

  52. @FM. Si j’ pratique le saisissement, vous pratiquez le ravissement.

  53. @ Monch : C’est la plus jolie chose que vous m’ayez dite à ce jour. J’en suis saisie et ravie.

  54. Monch’, j’espère que vous parlez du ravissement au sens où FM l’entend sinon je vous flanque une bonne raclée, et ce s’ra pas la peine de gueuler vot’ mère.

  55. @ Ads : Devrais-je m’inquiéter et me faire Hara Kiri tout de suite ?

  56. @FM. N’ prêtez pas l’oreille à AdS : elle débloque suite à un encombrement neuronal. Y paraît qu’ ça la rend nerveuse et violente.

  57. @ Monch : Seriez-vous en train de croiser le fer tous les deux, dans un des ces duels qui caractérisent votre relation passionnée et tumultueuse ? 🙂

  58. « Si j’ pratique le saisissement, vous pratiquez le ravissement. »

    Cette phrase est à montrer en exemple pour l’étude dans tous les ateliers d’écriture de la planète: question lèche c’est un sommet !!!

  59. @ Vinosse : Cela s’appelle un compliment, Monch n’est pas le genre à « faire de la lèche ». Il est assez souvent en désaccord avec moi pour qu’on ne le taxe pas de complaisance.

  60. @ Monch : Non, pas ça ! J’avise que je supprimerai sans préavis tous les commentaires scabreux, libidineux etc…

  61. @FM. Mais où voyez-vous du scabreux, du libidineux, etc. C’est juste une profession de foi. Vous avez quelque chose contre les professions de foi ? 🙂

  62. Ai-je entendu le mot « scabreux »?! Pauvre Mon chien qui était si près du but! M’est avis que c’est Anna (ah! ah! quel tempérament!) avec l’aide non négligeable de Vinosse!!

    (Toujours pas lu avec ça! Mais j’ai bien un mois devant moi?:)

  63. @ Monch : profession de mauvaise foi !
    @ Depluloin : Dites, vous comptez lire ce deuxième opus avant la Saint glinglin ? C’est trop long, vous voulez un résumé, peut-être ? (vous avez DEUX jours, pas un de plus et après… au rapport).

  64. « Puis, tout en dévalant la rue, je dévore une à une les effrontées, les broie avec délice, les écrase entre mes dents, pour déboucher la barquette vide sur le boulevard, et continuer mon chemin la langue rouge et parfumée. »

    J’aime bien ce passage, même s’il est limite au niveau de la moralité courante. 😀

  65. Saint Glingling, profession de foi… ce langage religieux me dépasse! Deux jours, c’est parti! 🙂

  66. @ Monch : De quoi ? Qu’est ce ? Une innocente phrase dans laquelle je mange des framboises (heureusement que vous n’avez pas lu mes dernières nouvelles. Il y a des passages… hautement framboisiens !).

  67. @FM. Vous aimez les framboises ? Ça ne m’étonne pas d’ vous.

  68. @Frédaime : en effet, Monch’ semble ne pas savoir à quel point tu peux avoir la plume framboisienne, et par Belenos ça me fait bien rigoler 😀

  69. « Le soir s’étire, mon père grimpe les escaliers dans le noir et j’actionne la minuterie pour lui. »

    C’est toujours comme ça. Et quand ce n’est pas comme ça, c’est comme ça autrement.

  70. @ Monch : Je les adore. Vous en doutiez ?
    @ Ads : Belenos a supplanté Zeus, on dirait. Il a un grand nez ? Il aime les framboises ?

  71. @ Christophe : Vous croyez ? Cela peut aussi aller autrement. Il suffit d’être deux à le vouloir.

  72. @AdS. Vous lisez Astérix ?… « ça me fait bien rigoler » Ça c’est une phrase qu’elle est claire…

  73. Ah enfin! … Frédérique, vous êtes « là où se trouve la lumière »! Et aussi, entre autres : « fête minuscule ». Je sais pourquoi je retardais le moment de lire, me voici en larmes de toutes sortes! … Bon, je vous laisse, vous avez du boulot je vois! 😉

    @ Babeth : le tilleul frais c’est la saison? Ah, ce que c’est de ne plus se promener dans les vertes allées!

  74. @FM : (réponse au com’ de 3h41) : Monch’, c’est un amour avec du poil autour. <3

  75. @ Pluplu : Vous ai-je dit à quel point vous étiez attachant ?
    @ Ads : Un nounours ?

  76. @FM : Un ours :o)