Frédérique MARTIN

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Archives du carnet pour novembre 2009

En quête de Job

Mercredi 25 novembre 2009 | 47 commentaires

Une belle semaine en perspective avec la sortie de En quête de Job chez Zorba édition.

job-papier011Le 2 décembre 2009, un apéritif officiel organisé par les associations du quartier des Sept deniers, fête la sortie toute chaude sous presse, du livre sur lequel nous travaillons en équipe avec Ouahide Dibane et Jean-Luc Aribaud depuis l’année dernière.
En quête de Job tourne autour de la célèbre usine qui se trouve au coeur  des Sept deniers à Toulouse. Entre le début des conflits sociaux en 1995 et la pose de la première pierre en juin 2009, une lutte a été menée à plusieurs niveaux, par d’anciens salariés, des associations de quartier et des habitants. En quête de job, sous une forme résolument artistique et pédagogique, raconte cette histoire dans un film et un livre.

” (…) Malgré les nombreuses difficultés rencontrées et les résistances de la municipalité de l’époque, l’évolution du dossier connaît une issue favorable. Le bâtiment Amiral promis à la démolition est protégé (labellisation au patrimoine industriel du XXe siècle), il sera réhabilité et transformé en un équipement public accueillant : des espaces sociaux et culturels pour les associations et pour la MJC, pour l’école des musiques vivantes de l’Association Music’Halle, une salle de concert, des espaces de convivialité d’expositions et de rencontres, une piscine.
Cette longue marche a permis de redonner un élan et un sentiment d’appartenance aux habitants du quartier, tout en ayant rapproché des associations et des individus dans une attente allant au-delà de la cause commune. Le bâtiment rénové portera cette démarche citoyenne, culturelle et artistique (…)”

Le lancement des travaux a eu lieu le 28 juin dernier avec la pose symbolique de la première pierre par le Maire de Toulouse, Pierre Cohen, entouré des représentants des collectivités locales et de la population.

 Le 4 décembre 2009, c’est la sortie officielle du livre, à l’occasion des 130 ans du SILPAC CGT de Toulouse. La soirée débutera à 17h30 par une conférence à la Bourse du travail (place Saint Sernin à Toulouse). Elle sera suivie du vernissage de l’exposition sur la rétrospective de 130 ans d’activité syndicale. A cette occasion nous présenterons le fruit de notre collaboration : pendant que j’officiais au texte, Ouahide Dibane réalisait le film et Jean-Luc Aribaud assurait la direction artistique.

affiches-en-quete-de-job

” (…) Mais Job, ce n’est pas qu’une histoire de lutte ouvrière. C’est aussi le combat de tout un quartier pour éviter l’implantation d’une opération immobilière délictueuse, au profit d’un projet mêlant logements sociaux et accession à la propriété, et pour sauvegarder le bâtiment Amiral afin de le remettre aux habitants du quartier dans un grand projet citoyen et culturel. Job, c’est une aventure humaine dans la plus pure tradition des combats homériques, qui a conduit des gens d’horizons différents, d’opinions dissemblables, de positions divergentes à se rassembler des années durant, pour obtenir la réparation d’une injustice. C’est l’illustration qu’il est possible de faire triompher la Vox populi. (…) afin d’aider ceux qui ont des luttes à mener, ce livre vidéo cherche à cerner les contours d’une question centrale :
Job, pourquoi ont-ils réussi ? “

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Pour définir le projet artistique, je laisse la parole à Jean-Luc Aribaud :

“…Cet ouvrage et le DVD qui l’accompagnera seront donc une oeuvre pour tous les publics et au service du plus grand nombre : pédagogique, elle pourra être un outil de travail et de référence pour d’autres citoyens en lutte; créatrice et innovante, dans la forme et dans le fond, elle demeurera fidèle à cette idée de culture populaire et de qualité qui a toujours animé les combats dont il est précisément question ici.
A la croisée du récit et de l’oeuvre d’art, résolument contemporain, le livre et son DVD auront la distribution et la valorisation qu’ils méritent (…). Si le but premier de l’ouvrage et de son DVD est d’inscrire toute une population dans l’histoire d’une ville, nous serions aussi satisfaits d’en faire un exemple pour d’autres que l’idée de citoyenneté démocratique concerne avant tout. Un exemple de lutte à suivre, à poursuivre, contre la toute puissance de l’argent et pour que demeure et triomphe l’idée d’un monde pour tous.”

Ce projet long et complexe trouve donc son aboutissement dans la sortie du livre-film En quête de Job, auquel je souhaite bonne route, tant il est vrai que les livres, une fois édités, échappent follement à ceux qui les ont conçus, comme les enfants trop vite grandis quittent leurs parents afin de conquérir le monde.

crédit photo Stéphane Giner

crédit photo Stéphane Giner

 La soirée sera clôturée par un dîner-spectacle avec le groupe Les grandes bouches (sur réservation uniquement auprès du Silpac CGT Toulouse). 

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Paroles du vivant

Mercredi 18 novembre 2009 | 67 commentaires
Crédit Photo Jean-Luc Aribaud

Crédit Photo Jean-Luc Aribaud

J’ai rencontré Jean-Luc Aribaud à Lourdes.  Il n’y a là aucune allusion du genre : « j’ai vu la vierge ». Non, mais bon. Quand je me suis assise dans ce restaurant,  je ne savais pas que se tenait en face de moi, celui que je ne tarderais pas à considérer comme l’un de mes poètes de prédilection. Je venais de remporter Le Prix Prométhée avec L’écharde du silence et lui le Prix Max Pol Fouchet avec Une brûlure sur la joue. Entre nous, soudée par le rire, une complicité immédiate que je souhaite indestructible. L’œuvre de Jean-Luc Aribaud est abondante et proteïforme : photos, vidéos, romans, poésie… C’est à cette dernière que je veux m’arrêter :

demain / soleil large/ et lune sombre
s’uniront sur tes terres dévastées/ fonderont des villes blanches
où/ dans une langue/ dont tu ignores les vocables
des enfants habillés de foudre/ dompteront des chevaux noirs

A la verticale du lieu vient de paraître aux éditions de l’Arrière-pays qui avaient déjà publié Les mondes illimités en 1999, recueil couronné par le Prix louis-Guillaume.

et comment dire
à qui veut bien/ se consumer dans mes yeux/ ce pic en moi
cette pierre éternelle/ cette pliure de la parole
où le néant élabore son origine/ prend possession de sa terre
et jusqu’à l’aube cernée de loups/ flambe ses herbes mauvaises

Je recommande tous les recueils de Jean-Luc Aribaud. Chaque page ouverte est une offrande, chaque lecture rafraîchit le poème et le ravive comme pour une première rencontre. Cette poésie, à lire et à relire jusqu’à l’usure, ouvre sur une nouvelle dimension où la parole s’élève à la verticale d’un monde qui lui, s’écroule.

je les attends/ ces familiers du vide/ assidus
scellés à l’arthrite des murs/ fronts bas/ mains tendues
je leur cède/ ma part de poussière/ ce que je sais
de la rocaille qui dure/ du temps/ qui ne les écoute plus

Où trouver le talent de faire partager la fièvre indomptable que m’arrachent ces textes ? Comment traduire cette vibration ardente, l’élan qui me pousse jusqu’à ma propre table et m’intime l’ordre d’écrire à mon tour ? Poésie de l’urgence, de la lucidité, écriture de qui ne veut qu’une chose, mais passionnément : tenir debout.

et nos voix prises/ dans le plâtre des peurs/ ne font que buée
vapeurs inconséquentes/ sur le verre sans joie
quand il faudrait chanter/ haut et clair
colchique dans les près/ comme les enfants éclairés
que la fin des âges/ n’inquiète guère

Le poète prend appui sur le paysage des corbières où le mensonge est impossible sous les giboulées de sauterelles, l’écorchure des sentes, le schiste impassible et l’incunable des genévriers. Il y puise la force de bâtir un recueil où les mots suivent une corde de lecture qui enlace le livre dans un seul et même baiser.

jusqu’au vertige infini des villes/ où le mensonge des murs
nous couvre comme un mort/ nous recouvre d’une durée aride
d’une parole inféconde/ et nous allons tout de même
cernés de crépuscules/ sans oracle/ le geste bas
funambules dans le ciel âpre/ dans l’illusoire d’une vie
comme si le poids/ qui nous courbe/ nous préservait de la chute

Quelle est la place des hommes, dans un univers dont ils se croient alternativement les maîtres et les victimes ? Comment ouvrir leurs yeux aux agonisants qui s’obstinent à les tenir clos ? Peut-on entendre la voix du poète comme celle du prophète ? Ce dixième recueil prolonge une œuvre exigeante et forte. En artisan de haut vol, Jean-Luc Aribaud  y interroge la bure de papier et vrille sans faiblesse les mots d’une langue à venir.

qui donc en nous plongera/ son encre de nuages/ sa canne d’or
et pour quelle pêche miraculeuse/ quelle dorade de mots
et qui donc/ de nos gouffres amers/ ramènera le poème sauveur

 

On lira aussi avec bonheur  l’article de mon ami Michel Baglin dans Texture. Ci-dessus, une vidéo poétique écrite et filmée par Jean-Luc Aribaud, voix de Marie Dilliès et musique de Patrick Arpaillange. Une fois celle-ci terminée, on peut accéder à d’autres du même auteur, ne vous en privez pas.

Recueils de Jean-Luc Aribaud :
Dans les marges de cendres, avec Phillippe Dours, N&B
Les mondes illimités, L’Arrière Pays
Celle qui attend, Filigranes
Instants de rien, L’Arrière Pays
Une brûlure sur la joue, Le castor Astral
Les langues noires, Collection Tram, A éditions
Ecrire où la muse est (collectif) N&B
Prophéties, Le Castor Astral
L’Appel des sources, Pleine Page
A la verticale du lieu, L’Arrière-Pays

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A la saint Martin…

Mercredi 11 novembre 2009 | 61 commentaires

Ce samedi sera consacré au salon Vivre livres qui se déroule à Toulouse durant tout le week-end. Je viendrai soutenir les éditions N&B en signant mon recueil poétique Papier du sang. Et nous accueillerons, comme il se doit, la dernière parution de la maison - Le croissant chaud  de Danielle Catala – par une lecture à 18H30. On pourra croiser et rencontrer John Berger, Marie-Hélène Lafon, Richard White, Pascal Dessaint, Laurent Mauvignier et bien d’autres. J’en profiterai pour passer du bon temps avec certains d’entre eux.

A commencer par Fabienne Ferrère qui sort le second opus des aventures du chevau-léger Gilles de Bayonne Car voici que le jour vient  aux éditions Denoël. Je ne peux rien en dire, je ne l’ai pas encore lu ! Mais je vais l’acheter les yeux fermés car j’ai déjà  Un chien du diable du même auteur, dans ma bibliothèque. Si vous aimez le souffle des aventures épiques, une langue riche et maîtrisée et les récits foisonnants, suivez le guide. Professeur de philosophie, Fabienne Ferrère établit que le lien entre cette discipline et le polar : « c’est la recherche de la vérité et l’interrogation sur l’expérience humaine. » Si après ça vous continuez d’hésiter.

J’irai aussi prendre livraison du dernier Alain Monnier, Je vous raconterai , paru chez Flammarion. Là encore, en toute confiance car j’ai dévoré plusieurs de ses ouvrages dont l’inestimable Survivance aux éditions Climats ou encore  Notre seconde vie. Dans la bibliographie d’Alain Monnier, ces deux romans entretiennent d’ailleurs des liens étroits dans l’exploration des mondes possibles à venir, et le dernier en date semble vouloir s’en faire l’écho, lui aussi.

Il y a des points communs entre Fabienne Ferrère et Alain Monnier. Une humilité et une sincérité réconfortantes, des écritures singulières, tenues et qui emportent le lecteur, un imaginaire débridé. C’est un plaisir renouvelé de les rencontrer, d’échanger avec eux et de les lire. Que voulez-vous cela suffit à mon bonheur.

Daniel Lesueur a consacré un article à Femme vacante sur le site de suite101.fr. Je l’en remercie doublement. Pour son enthousiasme d’abord et aussi parce que – comme il me l’écrit lui-même : « mes journées sont trop courtes entre l’écriture de livres, d’articles, le management de la chanteuse Tytane et l’enregistrement d’émissions pour France Bleu… », entre autres activités.

A propos de  Femme vacante, je voudrais évoquer Claude Fèvre. Comédienne, lectrice, Présidente de l’association Festiv’Art (dont le site foisonne d’infos), j’ai connu avec elle l’émotion de voir mon roman adapté au théâtre et grâce à son talent, j’ai redécouvert l’un de mes personnages, Adèle, transfiguré par le jeu de l’actrice. C’était il y a deux ans déjà, et depuis, nous évoquons la possibilité de donner une suite à cette aventure, de mettre en scène Adèle/Claude et Alice/Frédérique. Ce serait assurément une belle histoire, souhaitons-nous mutuellement de la réaliser.

Les similitudes entre Claude Fèvre et Daniel Lesueur ? Travailleurs acharnés et polyvalents,  ils préfèrent agir plutôt que promettre et engagent dans leurs existences respectives, un enthousiasme qui manque cruellement à d’autres. Longue vie à ceux qui savent allumer la leur.

A la saint Martin, mène la chèvre au bouquin !Je vois que c’est aujourd’hui la Saint Martin. Puisqu’on en est au stade des vœux, j’embrasse toute la mienne lignée, en espérant qu’elle me le rendra bien, (et par les temps qui courent, ce ne serait pas du luxe) en appliquant à la lettre ce merveilleux dicton  : A la saint Martin, mène la chèvre au bouquin. (et si possible, jusqu’aux miens !)

  http://www.deezer.com/listen-4254676

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Les vases communicants (4)

Vendredi 6 novembre 2009 | 71 commentaires

« …pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites… ». Ainsi sont nés les vases communicants. Aujourd’hui, Humeur noirte et Frédérique Martin s’invitent réciproquement.

Portrait-rabot

Un dernier trait gras, un peu de la suie du fusain, là, à la commissure des lèvres, relever la ride amère qui fait retomber le sourire en lassitude. Sourire, mais à qui déjà ? Plus haut, refaire au front des tranchées parallèles, sous l’épars roulis des boucles blanches, autrefois blondes, mais quand ? Tourner le visage de profil, ne pas se regarder plus d’une seconde, faire celui qui n’y est déjà plus. Allonger le cou, marquer l’étrangeté, la longueur des bras. Ici, à grand renfort de désosseur, débiter un à un les muscles qui sont comme les tendeurs élingués au porte-bagages, le fessier, inutile de s’attarder, l’œil de verre vous en tomberait, les genoux plus gros que les cuisses, les cuisses en barbelés de poils inexistants. Remonter, le ventre creux, la poitrine en cage, dedans l’hélice de l’inspire, du goudron pour l’entrée du Der des Der, une promesse d’ivrognavache, les clavicules réitérées d’un rêve de voilure. Repartir, la queue, les couilles, que dire ? Rien, ce délicat fardeau qui ne bruit plus qu’à sa seule approche, peu, la nervure oblique qui se fait, d’ensemencer, une idée mélancolique. Cet attirail auquel les amours faciles rendent la vie flaccide. Ne pas s’attarder, il est tard, les routes sont pusillanimes. La soif ne reconnaît plus que l’abord d’un seul puits. Descendre, aller, les mollets qui font se tordre les cols, les longues marches pourtant, les kilomètres de cambrousses, Paris, encore Paris, des nuits de traversées, en travers, en rage, en nage, en âge d’être assis, quelque part où on vous attend. Marcher jusqu’à plus soif pourtant, sans autre volonté que celle d’aligner les rues, les ponts, les quais, le bord des usines à vivre, toujours poursuivis par une armée de méfaits, pas tous reconnus. Le mollet, quel mot. Descendre encore, un demi-palier, rallumer la minuterie, les chevilles, les valdingues, le nez au ciel, à chercher ailleurs que dans les étrons, une voix qui puisse s’entendre à ne pas faire que gueuler sans savoir, et puis les lignes qui dévissent, le bord du trottoir qui s’élance et la gueule à deux pas d’un crissement de pneus. Les chevilles, quatrième saut, Force 10 rasant, DP Francazal, la gauche qui dit merde ! Baisée, bandée, défilé marche au pas, au chant, le brevet, la breloque, le béret, para. Papa !? T’as vu, je boite. Aller, regard au sol, les pieds. Là, mécanique, machines magnifiques, une fierté, deux salvateurs d’idées noires, deux bonnes empreintes pour les cadavres du temps. Mes pieds, tout ce qui m’appartient, le reste ? Du collage. Remonter encore une fois le nez, l’appendice signifiant l’absence de lignée. Un tarbouif à emplumer les nuages de soufre. Le tarin d’évidence, comme l’âme des bêtes au milieu de la figure. Deux tatouages, un sur l’avant-bras droit, un Centaure, trente ans, l’étoile chérifienne, un 5, un pentacle. Mon tatoueur ? Vincent Chartier, la gnôle, un bouchon de liège, trois aiguilles, de l’encre et du fil à coudre, deux heures, une tuerie. L’autre, sur l’épaule gauche, un ange Gardien, je vous dis pas son nom, c’est moi qui le garde ces temps-ci. L’ange, un seul trait de ciel sous la plume de Virginie Dollat. Puis plus rien qu’une silhouette inversée dans le miroir de la réalité. Un trait de fusain, là. Gras.

On s’éloigne, vue d’ensemble, un quart d’heure par face, pas plus, c’est de la bête de réforme. Bon.

http://www.youtube.com/watch?v=Apx-DYw-Zf0

Crédit photo Lephauste

Crédit photo Lephauste

 Les autres participants (et que les oubliés se signalent!) :

Ligne de vie et Balmolok
Biffures Chroniques et L’arbre à palabres
Enfantissages et La méduse et le renard
Annie Rioux et Philippe Maurel
Tentatives et Brigitte Célérier
Pierre Ménard et Joachim Séné
A chat perché et Kill me Sarah
Petite racine et Juliette Mézenc

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Excuse, tu m’fais mal.

Dimanche 1 novembre 2009 | 46 commentaires
Bronze - Maggy Masselter

Bronze - Maggy Masselter

 

Il y a des rencontres parfois, qui tombent pile au bon moment. Il y a des gens qui le disent mieux, qui le disent exactement comme on en a besoin. C’est le cas de BURIDANE avec son serment. La suite ce vendredi, chez Lephauste, où nous vasecommuniquerons.

  

 

Le serment tacite et beau d’apparence,
mets tes gants si tu veux le soulever du silence
Et comme dans ces rêves où tu pédales,
que tu cours comme un dingue,
et qu’t'avances pas d’un poil.
Je braille au fond, personne entend,
j’veux pas qu’on m’entende d’ailleurs,
je veux crever dans le p’tit serment.

Refrain :
Excuse tu fais mal,
j’veux pas dire mais tu m’fais mal
j’peux pas l’dire exactement,
j’peux pas l’dire selon l’serment
la peur, t’as peur oui,
de toi dans les miroirs
et de mon ombre sur le trottoir.

Tapi dans tous les coins, là toujours
le p’tit serment au besoin s’fera passer pour de l’amour
j’ai juré tout, craché l’enfer,
parait que l’enfant n’sera pas privé de son dessert
si je suis sage et si j’ai l’air heureuse
Mais j’suis pas dupe
et je vois bien qu’mes joues se creusent

Refrain :
Excuse tu fais mal,
j’veux pas dire mais tu m’fais mal
j’peux pas l’dire exactement,
j’peux pas l’dire selon l’serment
la peur, j’ai peur oui,
de toi dans les miroirs,
même de mon ombre sur le trottoir.

J’attends que ce truc te passe,
que ce truc te lâche,
que t’en prennes conscience avant que j’me fâche.
Je gère seule, tout, je m’en sors seule
et j’garde au fond ma cassée d’gueule
le gosse qui dort
qui faut pas que je réveille
les coups d’crosse et le haut de la marelle
tamponné “pas fragile” sur le paquet
l’emballage c’est rien, dedans tout peut sauter.

Refrain :
Excuse tu fais mal,
j’veux pas dire mais tu m’fais mal
j’peux pas l’dire exactement,
j’peux pas l’dire selon l’serment
La peur, la peur oui,
j’aimerais que t’évites les miroirs
quand tu m’vois tu changes de trottoir.
J’aimerais que t’évites les miroirs
quand tu m’vois tu changes de trottoir
Que t’évites les miroirs

Buridane - ”Le serment” – Album “Pas Fragile” 2008

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