Oujda la douce : « Marcher dans la rue » (3/4)

Ce texte m’a été commandé dans le cadre de la convention entre l’Institut Français et la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. Ce projet international est destiné à l’ensemble de l’interprofession. Pour de plus amples renseignements, consulter le site de OLLA lire – Oujda la douce : « Vivre ici, rêver d’ailleurs » (2/4)

Marcher dans la rue

Entre deux interventions, il faut trouver de l’eau. Vaste préoccupation lorsqu’on est habituée à utiliser un robinet et à en voir jaillir ce liquide indispensable à notre subsistance. De mes séjours en Tunisie, après la révolution, je garde le souvenir de l’inconfort à se promener seule, du regard des hommes attablés aux terrasses, de la désapprobation de certaines femmes devant ma chevelure dénouée. Aussi, lorsqu’il m’apparait qu’il va falloir entrer dans un café où se trouvent uniquement des clients, mais aucune cliente, je prends mon visage le plus sévère et mon allure la plus déterminée. Je traverse au pas de charge, affrontant tous les regards et je désigne les bouteilles d’eau dans le frigo. On me sert avec gentillesse, je paye et sors sans encombre. Le lendemain, dans ce même café, nous irons prendre un thé entre filles, et on nous servira une boisson amère lestée d’énormes morceaux de sucre qui nous feront rire aux éclats.

Parlons de nos croyances négatives et de notre inclinaison à tout mélanger à la truelle. La Tunisie a son histoire et son passé, elle est l’amie du Maroc, mais elle n’en est pas la sœur jumelle. Oujda n’est pas Diar Soukra, pas plus que la France ne ressemble à la Belgique ou à la Suisse. Aborder un pays avec des à priori est la meilleure manière de passer à côté d’un territoire, de ses habitants et de sa culture. Le souk d’Oujda est un endroit paisible où tout un chacun peut faire son marché en paix. On nous y a salué avec amabilité, on nous a indiqué notre chemin lorsque nous l’avons demandé et on ne nous a pas harcelées pour nous vendre n’importe quoi. Je n’en tire pas d’autres conclusions que celle-ci : garde-toi de tout jugement.

Le lycée Omar

Il n’était pas question pour nous de laisser un membre de notre délégatio