Orgueil et modestie

Crédit photo : Frédérique Martin

A force de s’aimer trop soi-même, avec cette complaisance et ce sans-gêne pleins de prudences infâmes, l’homme a fini par empêcher toute la création de respirer vers lui. Il se trouve maintenant posé sur la terre comme une chose à tout étrangère, lui qui s’était voulu son dieu ; ignoré de tout un monde qu’il voulait méprisé, seul et mourant tandis que partout ailleurs la vie monte et s’élève, partout poursuit son élan.
Entre le monde des hommes et le monde des mondes, il y a désormais cette immensité de vide : l’orgueil. Plus froid que tout le silence, plus creux que le néant et plus grouillant de monstres qu’une évocation diabolique : l’Orgueil.

Fragments – Armel Guerne – éditions Fédérop

L’article que j’ai consacré dans ce carnet à l’écrivain Armel Guerne, vient de paraître dans le n°16 de la revue Les cahiers du moulin. A cette occasion, je relis ce passage des Fragments et me revient en écho, une phrase de Femme vacante 
« L’exigence est la plus haute forme de l’orgueil ».
Il faudrait entrer dans le détail fastidieux de l’expérience pour relater d’où viennent ces mots et comment ils se sont imposés. Or la preuve est faite que la vie sans fard donne de médiocres histoires. Mais quoi, rien n’interdit d’en retirer quelques avantages, dont celui de ne plus être dupe.

La boursouflure du moi, voilà ce dont il est question. Cette flatulence cérébrale, est avant tout la marque du mépris stupéfiant dont elle tire sa substance. Vertu de pacotille, elle autorise à exiger d’autrui la conduite irréprochable, la dévotion parfaite et le sens de l’abnégation qui lui font cruellement défaut.  On peut ainsi  accabler la société, les cons, ses amis, ses ennemis (qui peuvent être les mêmes), le cousin Fernand ou la pucelle d’Orléans, d’invectives glaireuses qui jaillissent des crevasses intimes où elles ont épaissi. On obtient de cette manière, un auto portrait saisissant, pour peu qu’on prête attention aux anathèmes de toutes sortes qui ne manquent jamais de fuser chez l’impétrant.

Le manque d’assise intérieure ne suffit pas à faire l’orgueilleux, on serait submergé dans ce cas. S’y rajoutent une mollesse de tempérament, une frilosité constitutive qui conduisent à reprocher comme un grave manquement ce qu’on est incapable de donner soi-même. Le tout à l’abri de la sainte exigence dont il est bon de se rengorger en omettant de se retrousser les manches. Refuser tout net de descendre en rappel pour inspecter les lieux, c’est aussi suspecter les regards ou les mots de vouloir révéler le cloaque privé. C’est à coup sûr confondre le message avec le messager et se condamner au qui-vive. Au bord de la congestion, il ne reste plus que le piédestal pour trouver un peu d’air et la sentence pour évacuer le fiel. Tous les dindons le savent, qui en abusent.

De qui se moque-t-on ? Il paraît qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné. Mais on vous en prie, ne vous restreignez pas ! A l’orgueil, on peut opposer la fierté d’avoir conquis sa singularité et l’humilité de reconnaître ses manques, ses faiblesses et ses empêtrements. On s’abstiendra cependant, de céder à la modestie qui est le masque derrière lequel vibre l’envie pitoyable de regards admiratifs et d’acquiescements inconditionnels. Fausse par nature, elle ne sert qu’à mentir, aux autres comme à soi-même. N’être que soi, donc, mais l’être entièrement.

L’orgueil est toujours mal placé, inutile de l’aider en lui offrant le couvert. Il sépare, blesse et tue avec constance, personne n’est épargné. Une fâcheuse disposition à l’admiration, doublée d’un manque de discernement, conduisent à le croiser de manière persistante. Il change de visage, jamais de méthode. Ce serait utile de s’en souvenir lors d’une prochaine rencontre où coulerait le jus de nos méprises. Il en faut du temps, du courage et de la lucidité, pour lâcher la clinquaille et réserver ses élans. Dont acte.

Cet article a 135 commentaires

  1. J’ai relu ton billet plusieurs fois. Je n’ai pas complètement compris en quoi l’exigence est la plus haute forme de l’orgueil (du moins je n’ai pas reconstitué tout l’itinéraire qui te mène du second vers la première). En effet, il me semblerait — c’est une hypothèse personnelle — que l’exigence, je parle de l’exigence envers soi, peut mêler à l’orgueil d’autres éléments tels que l’angoisse, des sentiments d’infériorité, des méconnaissances aussi à l’égard du domaine où on l’exerce, voire de l’ignorance. L’exigence est une façon de « gérer » sa peur. Dans ce cas, c’est un défaut de justesse ou de capacité à se regarder avec un oeil juste. La société de compétition où nous vivons pousse beaucoup d’individus à se sous-estimer, donc à être « sur exigeant ». Cela devient même — parfois — un instrument de management, de dressage, en intériorisant ainsi des dominations (plus besoin de corps social hiérarchisé de façon formelle). Il est vraiment difficile entre tous les coups de flipper donnés par le « monde » pour un être jeune (en vieillissant, c’est de moins en moins excusable) de se situer de façon juste, sans excès d’orgueil ou de modestie.

    Mais, l’objet de ton billet est davantage l’exigence à l’égard des autres. Faites ce que je dis. Là, je balaie devant ma porte, sans fausse modestie, la critique est aisée et je m’y suis livré avec délectation, j’ai tenu le ministère de la parole, j’aurais honte à évoquer certains de mes propos il y a dix, vingt ou trente ans. Sans doute maintenant encore. Etre juste, voilà la difficulté. L’être avec soi permet de l’être envers les autres. Là, je crois que nous nous rejoignons.

    Merci pour Armel Guerne, j’avais lu ton billet précédent mais n’avait pas visité le site qui lui est consacré : sa bio invite à la modestie.

  2. @ Gilles : Nous nous rejoignons complètement sur la seconde partie. Qui n’a pas eu de bouffées d’orgueil ? Je suis certaine, pour ma part, d’avoir approché de plus ou moins près, toutes les nuances de la palette humaine.
    Pour la première partie, tu as mieux compris que ce que tu sembles croire. Il y a l’homme, ses peurs, ses craintes, ses effondrements et il y a le monde qu’il a construit, qui s’emballe et fait pression sur lui. Avoir un regard juste, être lucide, affronter ses peurs, chercher à se connaître et à se comprendre pour habiter son propre espace, sont des alternatives à la réponse d’orgueil. Je n’ai pas dit que c’était facile, je sais que c’est le contraire. Mais je tiens la facilité pour une tentation sans panache. Dans cette aventure – la plus grande à mon sens que nous ayons à vivre – les capacités de rencontre et d’ouverture sont essentielles. L’orgueil est un des obstacles rencontrés, et il est loin d’être le seul. Il s’agit de trouver ce lieu en soi profondément fertile et stable dont nous sommes faits. Il s’agit de savoir « qui on est » et partant de là, reconnaître aux autres le droit d’être « qui ils sont ». Sacré programme, tu ne crois pas :0)

  3. Eh ben, c’est plein d’ mots que j’ai pas compris, mais j’ai cru saisir que l’orgueil c’est pas bien et que la modestie, c’est top…
    Le texte de Guerne est pas terrible… « l’homme a fini par empêcher toute la création de respirer vers lui. Il se trouve maintenant posé sur la terre comme une chose à tout étrangère », et si j’osais, j’ dirais que c’est même un peu con passque l’Homme est un morceau de la nature et quoiqu’il fasse, il le reste… son comportement n’est pas plus aberrant que celui du castor créant des barrages pour assurer sa survie… c’est du même tonneau… L’Homme avec plus de moyens neuronaux, mais qui font partie de sa nature.
    L’Homme est ce qu’il est, et ce qu’il devient est dans sa nature. D’ailleurs, des formes fixes n’existent pas dans la « nature »…
    A part que le castor est trop con pour se rendre compte des incidences de ses barrages sur son environnement, alors que l’Homme s’en aperçoit…
    L’orgueil, c’est de penser que l’Homme est séparé de la nature.
    J’ suis pas sûr d’avoir tout compris de ce que je raconte mais débrouillez-vous avec… 😀

  4. @ En effet Monch, vous n’avez pas tout suivi, notamment en ce qui concerne la modestie. Complètement à côté de la plaque. Un mot que vous ne connaissiez pas peut-être ? :0) Sinon, pour la place de l’homme dans la nature et sa différence neuronale avec le castor, je suis d’accord.

    PS : Et Mano Solo, vous ne descendez pas en flamme la chanson de Mano Solo, ses textes tout pourris, sa musique de daube et son interprétation gueulardo larmoyante ? Vous faiblissez Monch, vous faiblissez. Ou alors vous m’aimez bien et ça vous inhibe parce que vous avez compris que j’adore cette chanson :0)

  5. @FM. Un artiste (peintre, écrivain, etc) modeste, ça n’existe pas… ou alors, il devient balayeur. 🙂

  6. @ Monch : Vous confondez modestie et humilité. Ce n’est pas du tout la même chose. La modestie n’est que de l’orgueil mal assumé. Des artistes modestes, il y en a pléthore. L’humilité, par contre, c’est autre chose ! Savoir ce qu’on vaut sans se draper dedans. L’artiste doit être en équilibre permanent et si, il peut être humble. Il le doit même, ce qui lui évitera d’attraper la coucourde.

  7. L’humilité est faite pour les pélerins… 🙂

  8. Y m’ semble que vous confondez orgueil et arrogance…

  9. Quant à la coucourde, elle ne s’empare que des pauvres d’esprit…

  10. Moi j’dis que Monch’ peut s’la péter d’avoir réussi à faire dire Coucourde à Frédaime.
    Le reste on s’en tape, c’est du blabla.

  11. Bien souvent, modeste et humble sont employés l’un à la place de l’autre. Mais ton texte est dense et il va falloir que je relise plusieurs fois avant de tout assimiler. Et encore, si j’y arrive! Et là, il n’est pas question de modestie ou d’humilité. C’est une constatation.

  12. Les cris de la foule se sont fait de plus en plus nombreux et forts avec l’internet, la place publique est devenue trop bruyante, seuls les forts en gueule et les tribuns peuvent dorénavant se faire entendre…
    On est pas près de faire la différence entre toutes les formes d’égoïsme possibles: plus on ira vers devant, plus on en découvrira de nouvelles et plus y’aura des gens pour venir les dénoncer…
    Déjà, dès qu’on est deux ça commence…

  13. @ Monch : ça risque pas, avec vous j’ai un maître :0) Vous habiteriez pas en plein milieu du chemin de compostelle, vous ?

  14. @ Babeth 31 : Ces deux attitudes sont à l’antipode l’une de l’autre, elles n’ont en commun que les apparences.
    @ Vinosse : Cela a toujours été le cas, les forts en gueule, etc… Les moyens ont changé, mais pour le résultat, tout est pareil. Je ne prétends pas faire de découverte, mais j’avais envie de partager deux ou trois réflexions sur le sujet avec vous tous et lire ce que vous en pensiez en retour.

  15. @ Anna : Mais y s’la pète. Il hésite radicalement entre deux modèles : le melon et la pastèque :0)

  16. @FM. Merdalors, j’ pourrais donner des l’çons de modestie à n’importe qui, et je m’ fais traiter d’ prétentieux !…

    Franchement, ce sont des questions sans intérêt, à mon avis.
    Tout ça, ce sont que des mots vides.
    Et puis, entre la pastèque et le melon, j’ préfère la pastèque passqu’elle est féminine. 🙂

  17. @ Monch : Ce sont au contraire des questions fondamentales qui ont un poids considérable dans nos vies quotidiennes et dans les relations que nous entretenons les uns avec les autres. Ne me faites pas le coup du modeste ( un faux cul de première). Je ne vous traite absolument pas de prétentieux, mais arrogant parfois… avouez que sans vous fouler…:0)

  18. @Monch’ : Frédaime vous embête ? Vous voulez que je lui casse la gueule ?

  19. @Monch: Nom d’une jolie petite pastèque! Elle est bien bonne! Enorgueillissez-vous: la modestie vous va à ravir!

  20. @ Anna : Social traitre !
    @ Babeth 31 : Bis.

  21. @FM. Moi, arrogant ? Non. Pour ça, faut avoir le sens de la hiérarchie… Je l’ai pas. Pour le reste, un peu d’ respect (qui n’est pas le béni-oui-oui) suffit. Après, on entre dans le prêche et le sermon.

  22. @ Monch : Mais vous n’êtes pas sérieux, j’espère ! Si le respect suffisait, ça se saurait. L’orgueil interdit le respect, c’est le mépris son atout souverain. (Vous n’avez qu’à dire que je vous emmerde et que je suis une précheuse, tant que vous y êtes). Ecrire, c’est aussi prendre position, donner à voir, partager. Vous êtes en train de m’en faire le reproche ?

  23. @FM. Houlà, me dites pas que votre orgueil se réveille à cause de mes petites réflexions anodines…
    L’orgueil est une colonne vertébrale pour tous : vous y compris. Vous avez le front d’être ce que vous voulez être— sinon, le monde et la société vous auraient déjà écrasée… Tout part de soi : dès lors qu’on admet ça, on peut le comprendre chez les autres. Premier pas du respect. Le respect, ça n’a jamais été de baisser les yeux ni d’exiger que les autres les baissent.
    Ecrire, chère FM, c’est écrire. Prendre position est un corollaire, voire un hasard… du moins, c’est ce que je pense…
    Et je ne vous fais aucun reproche, qu’est-ce que vous allez imaginer ?… On confronte des idées, c’est tout.
    Et pis, faites gaffe, passque j’ pourrais bien app’ler la De Sandre et accepter sa proposition de tout à l’heure… 🙂

  24. @ Monch : Tout part de nous, je n’ai pas dit autre chose, il me semble. Votre première phrase c’est un peu genre : « Il n’y a que la vérité qui blesse ». Mon expérience est différente. J’ai assez baissé la tête devant des orgueilleux pour les différencier des autres. On appelle ça l’humiliation, Monch, je suis sûre que vous connaissez vous aussi.
    La fierté est une colonne vertébrale, l’orgueil est une scoliose. Ecrire pour moi, c’est prendre position, c’est dire et donner à voir, peu importe la forme qu’on choisit, c’est le fondement.
    Je me suis redressée, cela coûte assez cher, ce n’est pas pour baisser les yeux, ni pour l’exiger de qui que ce soit. L’humilité, c’est d’abord de soi à soi que ça se passe. Quant au respect, j’y suis attachée pour moi comme pour les autres, il suffit de me connaitre un peu pour le savoir. Vos réflexions ne sont pas anodines, sinon, je ne prendrais pas le temps de débattre avec vous. Nous échangeons ici jour après jour, cela crée des liens et autorise des échanges plus poussés. Sinon, on en resterait aux civilités d’usage. (Vous aussi, faites gaffe. Mâme de Sandre va nous coller deux claques, ça va pas tarder).

  25. Coucourde, kezako ?
    Il y a tout plein d’artistes modestes.

  26. pfouu! si on peut même plus être orgueilleux !! 🙂

  27. J’ai mal aux reins, je suis tout plié, c’est de l’orgueil ??????

  28. Des claques ? Qui veut des claques ? Une tête ? Deux têtes ?
    Je suis d’accord avec Fredaime: La fierté est une colonne vertébrale, l’orgueil est une scoliose.
    Et avec Monch : Tout part de soi : dès lors qu’on admet ça, on peut le comprendre chez les autres. Premier pas du respect.
    Et je rajoute mon grain de sel : si tous les orgueilleux se donnaient la main, ça permettraient aux autres de leur passer les menottes.

  29. @ Vinosse : Non, c’est de l’arthrite :0)

  30. @ Bonsoir Zoé : Ben moi je veux bien une claque ou deux, j’ai toujours peur de manquer :0)
    @ Gilles : Une coucourde = la grosse tête

  31. @ Arf : Pouvez toujours essayer :0)

  32. J’en connais qui ont un peu l’orgueil de leur fierté… mais on va dire…

    Et pis, y a pas plus orgueilleux que les modestes.

    Sinon, FM, pour Mano Solo, c’est bien vu…

  33. Spieglein , Spieglein an der Wand ,
    Wer ist die Schönste im ganzen Land ? ….

  34. @ ZOE : Cette saleté de Blanche-neige qui fait sa rougissante au fond du bois :0)

  35. Zoë écrit :
    avril 19th, 2010 at 9:15
    Des claques ? Qui veut des claques ? Une tête ? Deux têtes ?

    Y’en a peut-être qui préfèreraient les coup de règle sur les doigts ???

    C’est mieux quand on a le choix, plus pédagogique…

  36. @ Vinosse : Il faut alors y rajouter le célèbre « Coup de pied au c.. » sans lequel la panoplie du parfait éducateur ne serait pas complète (le coup de badine c’est bien aussi avec paroles cinglantes et insultes basiques).

  37. Bonjour Frédérique.

    Ne pensez-vous pas que l’humilité (ou la modestie), à l’instar de l’orgueil (ou de l’arrogance), ça ne sert à rien… ?

    Sinon, je voulais dire que j’aime bien votre air FM – oui, bon, ça va…

    (Ah oui, j’ai bien apprécié les sorties de Mon chien, si je puis dire. Elles m’ont fait (ré)fléchir.)

  38. @ Christophe : Non je ne le pense pas. Mais il y a effectivement des moments où on se demande à quoi ça sert tout ça. Et cela englobe plus vastement toutes nos entreprises humaines. Il y a effectivement des jours où l’humilité, l’orgueil, les livres et la séquence des jours ne trouvent plus ni leur place, ni leur sens.
    Sinon, j’ai l’air et j’ai aussi la chanson :0)
    (je peux écrire un billet sur Dieu, le livre de Michel Rachline « Le bonheur nazi ou la mort des autres », ou encore sur le clown Zappata, de manière à ce que Monch puisse intervenir avec la sagacité qu’on lui connaît). :0)

  39. Mince, j’ai encore tout faux!
    Mais je crois que nous ne parlons pas tous de la même chose. Pour ma part, étant freudien (grosso modo), je ne crois pas à une construction raisonnée de l’homme par la psychologie. Celle-ci est bien trop sommaire et à vrai dire impuissante.
    Par ailleurs, je ne connais pas d’artistes, de créateurs au sens large, qui n’aient un minimum d’égo. Voir Picasso par exemple.

    Mais peut-être parle-t-on ici aussi de la vie en société? En ce cas, c’est la société (des parents, de la tribu, à la nation) qui fait l’homme civilisé.

    Bon, bon…

  40. @ Depluloin : Nous avons tous un égo, ce n’est pas à partir de là que l’on crée. Je ne suis pas Freudienne (j’ignore même ce que cela veut dire), je ne sais que vous dire à ce sujet, si ce n’est que les explications de Freud me paraissent simplistes et orientées. Tout ce qui s’interroge sur la nature humaine, sa complexité et ses raisons d’agir peut aider à nos (re)constructions intimes. Il s’agit de vérifier dans son quotidien si le réel se vit autrement quand on agit autrement. Bien sûr qu’on se construit, Depluloin, bien sûr qu’on participe à ça et que nous ne sommes pas juste les jouets du destin, de la chance, du hasard ou de je ne sais quelle divinité de foire. C’est d’ailleurs le seul pouvoir que nous ayons, agir sur nous même, ou tenter d’agir pour aller dans le sens qui nous correspond.

  41. @Frédérique: je ne sais pas si je vais continuer à fréquenter ce blog! J’ai vu que l’On m’avait traitée, ainsi qu’Anna d’ailleurs, de « social traître »; et pourquoi pas serial killer tant qu’On y est?!?! Bon…. je m’en vais

  42. @Frédérique: »Bien sûr qu’on se construit……seul pouvoir que nous ayons, agir sur nous-mêmes… »
    J’adhère tout à fait à cela. J’ajouterai que ce pouvoir est très puissant pour peu qu’il soit exercé correctement. Mais ceci est un autre débat.

  43. @ Babeth 31 : Ah ?! T’es reviendue ? J’ai eu peur, t’étais sortie avec toute ta dignité, j’ai cru que t’étais allée dormir chez Pluplu. (et « sérial mother », t’en penses quoi ?)

  44. @Frédérique: j’suis r’viendue parce que j’t’aim’bienquandmême. J’aime bien m’draper dans ma dignité: c’est mon orgueil à moi! En toute humilité bien sûr!
    C’est pas l’heure d’aller dormir chez les gens!

  45. @ Babeth : Et la sieste alors ?

  46. Mouaaaaaaaaaahhhh!! Babeth, « social traître »!!! Ah j’ai raté ça!! Ah il y avait de quoi se draper dans sa dignité! Bientôt, il faudra venir avec sa toge et ses tongs ici!! (D’ailleurs, je vais m’entraîner à me draper moi aussi, on sait jamais!) 🙂

  47. On s’ connaît par et à travers les autres, mais on crée surtout à partir de soi. C’est une certitude. D’ailleurs pour ça que les artistes ne sont pas interchangeables, ni remplaçables… Ce que Shakespeare a écrit, seul Shakespeare pouvait l’écrire. Impossible que quelqu’un d’autre y arrive. C’ qui signifie bien que Shakespeare a écrit surtout à partir de son ego.
    Un créateur sans ego c’est un fonctionnaire travaillant sur des plans pré-établis. Mais ça n’existe pas. Le créateur est inutile. Faut qu’il arrête de se justifier.

  48. @ Depluloin : Et n’oubliez pas votre auréole, trés important, j’y tiens.
    @ Monch : Toujours pas d’accord avec vous. RAS de ce côté.
    L’égo existe, pas de doute là-dessus, mais ce n’est pas le lieu de la création. Avoir un égo, de l’égo ou tout ce que vous voudrez, n’implique pas que ce soit la seule chose dont on est pourvu et que cela nous mène sans réaction possible. Et moi, la création, je ne la sens pas là du tout, physiquement, je veux dire, quand j’écris (entre autre). De même, ce n’est pas avec ou sans égo, c’est avec un égo plus ou moins démesuré, gonflé, âbimé, alambiqué, saucissonné ou tout autre adjectif de votre choix.

  49. @FM. Vous n’allez pas m’ faire croire que vous êtes dépersonnalisée quand vous écrivez ? Que vous n’êtes qu’une courroie de transmission ? Ce serait une vision idéaliste, et presque mystique, de la création… Cocteau (que beaucoup n’aiment pas mais que j’aime bien) parlait d’expiration et non d’inspiration… Ça m’ paraît assez juste, pour pas dire tout à fait juste. Ce que FM écrit, seule FM peut l’écrire. Même si ça vous dérange, vous êtes une égotiste quand vous créez. Et si votre cerveau dit non, ça n’empêche pas l’écrivaine d’agir comme une egotiste, tout en se défendant de le faire. Après, tous les prétextes sont bons pour se mettre devant une page blanche— même les plus tortueux. 🙂

  50. @ Monch : Vous devez savoir mieux que moi ce que je ressens quand j’écris et d’où ça part. Quant à ma vision de l’écriture, je déclare forfait avant même de commencer. Je ne dois pas trouver les bons mots pour me faire comprendre. Une autre fois, peut-être.

  51. Frédérique, si je puis me permettre, j’imagine que vous voyez dans l’égo – ou le moi – quelque chose d’immorale. De toute façon, le processus créateur se déclenche à partir d’une collusion entre nombre d’éléments. Un seul vient à manquer et vous obtenez un artiste moyen, tous, une personne sèche et sans âme – ou presque -, j’en connais. (Mouvement de la toge)

  52. @ Pas immoral, Depluloin, mais encombrant et encombré. C’est vrai la collusion de plusieurs éléments qui concourent à la création (et je l’entends au sens large). Après, tout est dans le capitaine. Qui conduit le bateau, c’est ça qui m’interesse. Et en ce qui me concerne, je sens que le chef d’équipe n’est pas dans mon ego. C’est un outil, au même titre que la main le cerveau ou le stylo. (vous avez un faux pli, là, derrière, sur votre toge :0)).

    @ A tous : Mon scribe personnel me signale qu’ego ne prend pas d’accent. Pardon pour la faute récurrente, déjà que j’ai oublié le S de Juda dans un commentaire récent. Je ne suis pas loin du déshonneur total. Mon ego en prend un coup (ou mon orgueil je ne sais pas trop) :0)

  53. « Il y a en nous quelque chose qui sait. » Armel Guerne

  54. Flûte! J’allais demander où était notre sociale-traitre bien aimée! Pardon, Babeth, mais j’en ris encore!!

  55. Moi ça m’f’rait chier que quéquin fasse les mêmes choses que moi…Pareillles… Identiques…(identité)

    D’ailleurs j’y casserais la gueule.

  56. @ Vinosse : Et vous auriez raison ! Ce n’est pas supportable ! (mais je vous rassure, ce quéquin n’est pas né).

  57. Il est où, que j’l’avorte ?

  58. Ce n’est pas Blanche-Neige , c’est la Reine qui dit cela .
    Ce qui m’interesse là dedans c’est l’histoire entre la reine et son miroir . Entre l’humanité et son miroir ….. L’humanité reine du monde : L’humanité se prend pour la conscience du monde : Etat d’anthropie maximale : L’humanité fait un monde à son image : Voilà le miroir du monde mis en place : L’humanité voit DIEU conscience du monde en son miroir-monde : L’humanité admire ce DIEU fait à son image-conscience du monde : Ce DIEU orgueuilleux domine le monde .
    L’humanité orgueuilleuse par son DIEU est modeste face à son DIEU . Mais l’orgueuil de l’humanité devient plus forte de jour en jour . Toujours plus belle en son miroir-monde , l’humanité rattrappe enfin son orgueuil puisqu’enfin elle domine le monde et peut alors abattre son DIEU . DIEU est mort , avec sa mort l’orgueuil se libére enfin totalement et s’effondre le miroir-monde et s’effondre l’image : état d’entropie maximale : La fin du monde est proche ! Alors on redécouvre la modéstie et on se dit qu’on ne peut pas se passer d’un DIEU à notre image mais notre image est brisée : DIEU est mort oui mais nous pouvons encore sauver le monde , mais porquoi le sauver ? pour sauver le miroir . Miroir de la nature à présent déifiée , voila le nouveau DIEU : La nature ! Oui un DIEU-Nature et non plus un dieu glorieux vaniteux . Un dieu modeste plein de repentir mais toujours à notre image puisque le monde est toujours notre miroir .
    Papa-dieu est mort ? Tant mieux ! Voici venir le reigne de Mamman-DIEU Mamman-Nature qui va nous sauver modéstement de notre orgueuil passé . Toujours un monde-miroir où nous regarder . Rien d’autre . Orgueuilleux ou modestes , c’est toujours et ce n’est que notre image que nous voulons cotempler en regardant le monde …..

  59. @ ZOE : Je sais que c’est la reine mère qui dit cela, mais moi, je répondais à la question qu’elle posait. Et la plus belle dans l’histoire, c’est Blanche-neige, ce n’est pas le reflet de la Reine dans le miroir.
    Pour le reste, j’ai un peu de mal à vous suivre. L’humanité en elle-même est un conglomérat d’individualités. C’est comme la Société, ça n’existe pas vraiment. La société, c’est vous, c’est moi. Quant à la notion de Dieu, elle change suivant les cultures et les époques. En hongrois par exemple, il existe un pronom pour désigner Dieu – Ö – qui n’est ni masculin, ni féminin, mais les deux à la fois. Quand je parle d’orgueil et de modestie (qui pour moi sont les deux faces d’une même pièce) je me place du point de vue individuel en tant qu’attitude plus ou moins marquée suivant les tempéraments, l’éducation, le culture, les choix que nous faisons dans nos vies…

  60. Oui , c’est vrai , j’ai une façon de penser assez bizarre il semblerait . Bon , ce n’est pas grave puisque ma façon de penser me conviend . Généralement j’évite d’en parler . La plupart du temps les discussions que je peux avoir débouchent sur des querelles sémantiques , mais il est vrai qu’ayant des problémes avec la langue en général , je me suis inventée ma langue à moi . Je comprend ce que les gens disent , mais assez souvent ils ne comprennent pas ce que j’ai envie de dire . Question d’habitude finalement . Cela ennervent beaucoup la plupart des gens qui alors veulent m’éduquer à bien comprendre . Cela m’ennervait aussi beaucoup , mais à présent , moins , et bientôt plus du tout parceque je découvre des idées qui me font progresser . Là je trouve que je progresse un peu en maths . C’est un language les maths . Comme je suis nulle en maths également alors il me faut tout réinventer à ma façon , tout retraduire dans mon language à moi et aprés reretraduire mon language en language maths et ça marche assez bien . Mieux que pour la philo par exemple . J’ai réussie à penser des choses en Maths … et cela avait été pensé par des mathématitiens , alors ça m’a remontée le moral . Je me suis dit : je me pose les bonnes quéstions . Là j’ai eu une idée qui me passionne vraiment , mais c’est trés spécial comme idée . C’est rapport aux horizons …. Bon , j’adore ….. Mais j’aurais bien besoin d’un prof pour éviter les grosses erreurs qui cassent tout . Voila ….

  61. @ ZOE : C’est toute la difficulté du langage en ce qu’il est impuissant à retranscrire le monde intérieur. Je ne sais plus qui disait en substance qu’écrire, c’est savoir que c’est impossible et le faire quand même. Voilà ; être compris(e), c’est impossible, mais on essaie quand même. C’est quoi votre idée sur les horizons (si vous avez envie de partager, si c’est possible) ?

  62. C’est en rapport avec le concept de referentiel(s) .
    LA VERITE est toujours à l’horizon .

  63. @ ZOE : Moi je suis nulle en maths et je l’assume complètement. Ce que vous dites là (je plaisante bien sûr), me rappelle le slogan d’une célèbre série : la vérité est ailleurs. Ben, certes, mais ZOE a trouvé où !
    Pourquoi toujours à l’horizon ?

  64. Oui ! pourquoi ? ….. LA VERITE ! …. Toujours à l’horizon .
    Insaisissable simplement et pourtant elle existe .
    J’ai révée un jour d’un vieil homme qui me disait un secret .
    Son secret il l’écrivait avec la pointe de son baton à la surface de l’eau d’une riviére , et moi je lisais ce secret qui disait LA VERITE ….. LA VERITE existe . j’en ai lu le secret !
    Mais voilà …..

  65. La suite de mon réve était encore plus étrange …..
    J’allais ensuite , aprés avoir lu le secret , dans un verger magnifique où ne poussaient que des arbres de Paradis .
    En ces arbres se trouvaient des fruits étranges semblables à des oeufs translucides et en chaque oeuf il y avait un humain . Ces humains n’avaient plus de mains , les animaux du verger les leurs avaient prises et ils s’enfuyaient avec ces mains dans leur bouche . Et moi j’étais là , trés belle . Et alors j’ai su mon nom ….. Mais mon nom est mon secret .

  66. Elle est à cheval sur une ligne de fuite…

  67. @ Vinosse : Ne faites pas l’âne :0)
    @ ZOE : Je ne sais pas interpréter les rêves, mais je connais quelqu’un qui…

  68. @ZOE. Ben, moi aussi, j’ai un secret… chuuuuut !…