Restons du coeur

Nous sommes déjà dans le temps de l’action, même si nous devons rester chez nous. Soutenir, aider, relayer, donner des forces, rester attentifs… sans compter toutes celles et ceux qui sont au taf pour que l’essentiel continue de fonctionner. Et tout cela, envers et contre l’angoisse que chacun.es de nous peut connaître de par sa situation personnelle. C’est là, sans aucun doute, que s’éprouve notre courage qui est d’avoir peur mais d’y aller quand même.

Il y a celles et ceux qui, sur le terrain, vivent une course contre la montre.

Il y a celles et ceux qui, de leur lieu de vie, continuent de contribuer à la vie sociale et à son organisation.

Et puis il y a celles et ceux qui cèdent, qui lâchent, qui sont dans le déni, qui se révèlent, qui confondent confinement et fermeture, qui ne sont envahis que d’eux-mêmes.

C’est ainsi qu’a toujours été la grande famille de l’Homme, gouvernée et dominée par son cerveau reptilien, par une intelligence au-dessus de ses moyens émotionnels, par le vertige de questions trop grandes pour elle. Les intérêts personnels et financiers, continuent de prendre le pas, c’est à eux qu’est donnée la visibilité, tandis que les liens profonds qui se tissent en continu et sont à l’œuvre depuis des mois, poursuivent leur avancée à bas bruit.

Alors où trouver la force, où puiser le courage ? Dans la conscience que rien n’est possible si on joue cette partie en renouvelant son abonnement à Magueuleland. Dans la perception que nous sommes au pied du mur et qu’il n’y a plus d’autre choix qu’affronter ce qui se passe. Dans le travail sans éclat, sans honneur et sans fanfare qui consiste à démultiplier les gestes à notre portée, à voir plus loin que soi.

Nous ne sommes pas en guerre, il faut cesser les jérémiades et les abus de langage. Les images de la guerre, nous les connaissons. C’est faire injure à ses innombrables victimes que se comparer à elles. Si nous avons un combat à mener, c’est contre nous-mêmes, dans un premier temps. Contre les peurs qui nous paralysent, nous sidèrent puis, en nous envahissant, qui nous poussent à agir et à nous exprimer en dépit du bon sens. Nous avons aussi un combat collectif, qui s’éternise et n’est pas encore prêt de trouver son achèvement. Nous avons enfin un renversement à opérer, en nous et hors de nous, comme je l’ai déjà dit en ce début d’année.

La peur est ma compagne de chaque instant, je vis avec elle depuis l’enfance. J’ai connu, et je connais encore, des accès de terreur que je ne souhaite à personne. J’ai été trahie, déçue, malmenée et désappointée par mon espèce. Les mots et la nature sont mes refuges. Mais lorsque le danger est là, l’autre est ma priorité. C’est ainsi. L’autre, sans lequel je ne suis rien.

Restons du cœur, le renversement ne fait que commencer. Le courage est en nous, allons ensemble à sa rencontre ! Et aidons-nous, car nous avons tous besoin d’aide pour l’entretenir ou pour le rencontrer. Petits frangins, petites frangines, restons du cœur, c’est un bien qu’on ne pourra pas nous voler. Bons baisers de Mémé Chocotte.

SOS.MAIRES : Pour une organisation collective locale durable.
Covid-entraid France : Un réseau de solidarité pour relier les groupes locaux et s’organiser.
Pour aider les associations : http://commentaider.fr
Pour aider les soignants : http://enpremiereligne.fr/process/je-peux-aider
Pour aider les personnes vulnérables avec la Croix Rouge : http://www.croix-rouge.fr
Pour aider les personnes vulnérables en Île de France : http://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdIp6mdAC-C4Gi8D2izke9MSxVWQ405GdWI1pxpGS9qK7brZg/viewform
Pour aider financièrement la recherche sur le Coronavirus : http://www.facebook.com/donate/2640469492857144/2777301715669739/
Si vous avez connaissance d’autres initiatives, n’hésitez pas à les relayer dans les commentaires, je les ajouterai à mesure.

Cet article a 17 commentaires

  1. Claire Massart

    Comme vous, ce mot de GUERRE me gêne. Nous sommes sidérés parce que beaucoup d’entre nous n’ont jamais connu de situation comparable. Il se passe des choses terribles mais aussi de belles choses. L’amitié reste et se renforce. On se trouve un peu bêtes et impuissants vis à vis des  » premiers de corvée  » : bien sûr, on pense à eux, on les encourage en pensée mais on sait que c’est peu.
    Alors, oui, retourner sans égocentrisme vers un centre de soi, courageux, tranquille. La peur est légitime, on lui laisse un peu de place, celle de l’humain. Après, on verra ce qu’on a fait de ce temps.

  2. Frédérique Martin

    Merci Claire, pour votre message. La peur est là, en effet, apprivoisons-là.

  3. Gilles

    Oui, la guerre, c’est bien autre chose, c’est la destruction de tout, les êtres qui s’entretuent, l’exode.

  4. Frédérique Martin

    Coucou Gilles, j’espère que tout va bien pour toi dans la maison de ton enfance. <3 Prends soin de toi mon ami.

  5. Annick

    Restons liés, et solidaires.

  6. Gwenaelle

    Une fois de plus, nos billets ont en commun quelques idées… 😉 Je crois que la peur, et l’anxiété sont des réactions normales, alors ne pas lutter, se laisser traverser pour mieux repartir ensuite. Et puis ne pas pécher par excès de naiveté : en tous temps et en tous lieux, il y aura des gens qui ne respecteront pas les consignes ou la loi. Mais ce n’est pas en déversant sur elles notre haine qu’on va faire avancer les choses. Merci pour tes mots bienfaisants!

  7. Frédérique Martin

    Merci Gwenaelle. Je n’ai pas pu suivre ton challenge jusqu’au bout, mais tu nous as gâtées avec tes propositions créatives et la qualité de tes supports. Merci pour ce beau travail et tout ce que j’ai découvert grâce à toi.

  8. Céline V

    Et moi je fais partie de ces gens qui n’ont pas peur mais ce n’est guère mieux car cela frôle l’inconscience parfois, même si ça me protège souvent. Mais l’inconscient travaille quand même et le matin aux infos je pleure. Et je reste chez moi, seule à en souffrir, par civisme et pour notre santé publique.
    Merci Frédérique car au delà de ton message tu m’as fait découvrir une chanteuse magnifique et très touchante.

  9. Frédérique Martin

    Chère Céline, comme cela m’attriste de te savoir seule durant ces journées si difficiles. Tu as raison de garder une certaine légèreté, c’est cela ton courage. Tu devrais enregistrer quelques lectures et nous les partager. Je t’embrasse.

  10. Ma chère Frédérique, tu es de ceux et celles qui me relient à ce qui m’est essentiel et que tu connais. Ton message a ouvert ma journée de confinée solitaire.
    Je veux te dire merci. Je ne te l’ai pas dit assez…
    Tu viens de me donner l’envie d’anticiper sur les mots que je poserai cet été sur Clara Ysé. Elle se produira en soirée de clôture au festival Barjac m’en-chante, au soir de mon anniversaire, de mes 70 ans… Ce n’est pas rien !
    Alors je te donne rendez-vous sur mon site. Dans la journée sûrement.
    Je t’embrasse fort. Garde toi vivante, vibrante, forcément engagée pour la beauté et l’espérance.

  11. Frédérique Martin

    Merci Chère Juliette. Je pense souvent à toi et à ta fille. J’espère qu’elle se remet et qu’elle est à l’abri chez elle. Tu me fais découvrir l’histoire de cette chanson et cela me touche infiniment. Elle sera là pour fêter ton anniversaire, oui, c’est un signe ! Alors au talent de cette jeune femme se rajoute son authenticité et c’est bien pour cela qu’elle nous touche autant.

  12. Vinçinou

    On pourrait inventer une autre expression, pour ceux et celles qui sont confinés, au chômage technique, infectés, non infectés :
    Non plus « avoir peur et y aller quand même » mais plutôt « avoir cette peur et rester debout face à elle quand même ».
    On ne va nulle part mais il faut bien trouver une force et une énergie différentes malgré cette situation inédite où l’incertitude est reine !

    Merci pour ce texte qui aide à réfléchir.

    Pour ce qui est des initiatives j’ai reçu tous ces liens :

    Pour aider les associations : http://commentaider.fr
    Pour aider les soignants : http://enpremiereligne.fr/process/je-peux-aider
    Pour aider les personnes vulnérables avec la Croix Rouge : http://www.croix-rouge.fr
    Pour aider les personnes vulnérables en Île de France : http://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdIp6mdAC-C4Gi8D2izke9MSxVWQ405GdWI1pxpGS9qK7brZg/viewform
    Pour aider financièrement la recherche sur le Coronavirus : http://www.facebook.com/donate/2640469492857144/2777301715669739/

  13. Frédérique Martin

    Merci cher Vinçinou 🙂 A chacun d’imaginer la formule qui lui parle le plus, en effet. Moi c’est celle-là, car « y aller quand même » est mon équivalent de « faire face » ou « rester debout ». Et merci pour tes liens. J’espère que tu vas bien, ainsi que toute ta famille. Prends bien soin de toi, surtout et merci d’être passé.

  14. Thinard

    On peut aussi écouter l’ébouriffante Coline Serreau qui sait ce que parler vrai veut dire :
    https://www.franceinter.fr/societe/nous-sommes-une-humanite-tellement-malade-le-coup-de-gueule-de-coline-serreau

    ou lire les philosophes intelligentes :
    Claire Marin : « Face à la catastrophe, on se rassure en la considérant comme une parenthèse plutôt qu’un avertissement »
    Dans un entretien au « Monde », la philosophe Claire Marin explique que la crise que nous vivons n’est pas une « guerre » mais une rupture, qui nous met à l’épreuve dans l’intimité de nos vies.

    Vive la vie !

  15. Zoë Lucider

    Bonjour Frédérique. Ah, le joli temps des blogs où nous avions des échanges un peu plus profonds que sur FB. Je n’ai pas peur du covid19 même si je fais les « gestes barrières ». J’ai beaucoup plus peur de ce que nous préparent nos bons samaritains. Tout ça me semble un coup fourré de la grande ploutocratie internationale pour nous réduire au silence (alors que la bronca se généralisait dans tous les pays) installer une atmosphère de surveillance imparable (la 5G est en route) et tordre le cou définitivement aux prétentions du peuple humain à la liberté ( de mouvement, d’opinion) et aux droits sociaux. Evidemment ça ne peut pas tenir, mais tous les régimes autoritaires perdurent suffisamment pour faire des ravages dont nous ne pouvons pas mesurer les conséquences. Je n’ai pas peur pour moi,bien qu’étant une activiste repérée, je peux fort bien faire partie d’une charrette, mais j’ai peur pour mes enfants. je t’embrasse

  16. Frédérique Martin

    Je te comprends Zoé et je partage tes inquiétudes. Oui, le bon temps des blogs est révolu comme bien d’autres choses à commencer par notre insouciance. Je t’embrasse.

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